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Discours de Ouattara, à Paris : Un tissu de contrevérités étalé à la face du monde
Publié le jeudi 6 decembre 2012  |  LG Infos




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Lors des assises du Groupe consultatif sur la Côte d’Ivoire, ouvertes le mardi 4 décembre dernier, en France, le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, a fait un discours d’ouverture. Un discours dans lequel, il a parlé de ce qu’il a fait, de ce qu’il est en train de faire et des acquis et des potentialités de la Côte d’Ivoire. Sur la forme, c’est une intervention bien séduisante qui ne peut laisser aucun investisseur indifférent. Mais à la réalité, c’est un tissu de contrevérités que Ouattara a étalé à la face du monde. «Au moment où j’accédais à la magistrature suprême de mon pays, il y a 18 mois, l’Etat ivoirien s’était effondré en raison de la crise postélectorale et après une dizaine d’années de mauvaise gouvernance. Le respect des droits de l’homme avait été mis à mal, du fait de l’impunité généralisée qui a prévalu pendant plus de dix ans.» A-t-il affirmé. La vérité est que, du fait des ex-rebelles dont il était le parrain déclaré, les Droits de l’Homme n’ont jamais existé dans les zones centre-nord-ouest (Cno) du pays. Non pas «du fait de l’impunité généralisée», mais du fait de cette crise que Ouattara et ses hommes ont imposé aux autorités d’alors. De plus, il soutient que «l’Etat ivoirien s’était effondré en raison de la crise postélectorale et après une dizaine d’années de mauvaise gouvernance». Pourtant, en termes de gouvernance, le précédent régime a nettement mieux fait que le régime Ouattara. En effet, pendant que les rebelles occupaient une partie du pays, la seule partie sud parvenait à faire face aux problèmes économiques et financiers du pays. Y compris les zones Cno ! Pendant ce temps, les ex-rebelles s’adonnaient, avec l’aval de Ouattara et de ses soutiens internationaux, à un enrichissement illicite, scandaleux et honteux le casse des agences de la Bceao, la spoliation de l’économie cotonnière, minière, minéralière, des bois de thèque et bien d’autres ressources de l’Etat ivoirien. Alors que Laurent Gbagbo se battait pour mettre fin à la crise, en acceptant toutes les caprices des ex-rebelles et leurs associés du Rhdp (participation au gouvernement, insertion des rebelles dans l’armée, alors même qu’ils n’avaient pas du tout les qualités requises…), Ouattara et ses soutiens nationaux travaillaient à le ramener en arrière. Occulter cette réalité-là, c’est faire preuve de mauvaise foi.
La mauvaise lecture de la situation politique
Ensuite, en notant que «notre tâche a consisté à doter la Côte d’Ivoire d’Institutions républicaines et à remettre en ordre notre outil de défense et de sécurité», là encore Ouattara ne fait pas la saine lecture de la situation qui prévaut en Côte d’Ivoire. Car, depuis son arrivée aux affaires, on peut le constater, la sécurité n’est toujours pas au rendez-vous. Les Frci continuent de commettre des exactions sur les populations ivoiriennes. Ils continuent de rançonner les parents de leurs victimes ; les camps de concentrations et de torture existent toujours, ils continuent de racketter les chauffeurs, les usagers et les passagers des véhicules de transport en commun. Même le mardi 4 décembre dernier, des policiers ont tabassé, aux environs de 20 heures, un jeune homme qui a tenté de les filmer alors qu’ils rackettaient des conducteurs de Gbaka, au niveau des feux tricolores de la caserne des sapeurs pompiers militaires à Yopougon. Plus grave, c’est que ce sont maintenant les Frci qui font le travail des policiers au niveau des corridors. «Aussi, chaque jour, notre démocratie devient plus enracinée, plus sereine, plus solidaire avec la mise en place progressive d’un Etat de Droit et d’Institutions fortes et impartiales.»Pour les observateurs de la scène politique nationale, entendre Ouattara faire de telles affirmations, c’est prendre ses interlocuteurs pour des idiots. Car, il sait lui-même très bien que les personnalités auxquelles il a parlé sont au fait de ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Amnesty international, Human Rights Watch, Fidh, l’Onu… ayant accablé son régime, à plusieurs reprises, pour non respect des Droits de l’Homme.
La nouvelle page de l’histoire de la Côte d’Ivoire
En affirmant que «la Côte d’Ivoire est aujourd’hui en train d’écrire une nouvelle page de son histoire», il n’a pas tort. Puisqu’à la vérité, le pays d’Houphouët Boigny est aujourd’hui méconnaissable. Et en fait d’écriture d’une «nouvelle page d’histoire», Ouattara est en phase avec la grande majorité des Ivoiriens. En effet, sous lui, la Côte d’Ivoire avance à reculons. Sur tous les plans. Son armée est tout sauf une véritable armée ; mettre les travailleurs au chômage est devenu un programme de gouvernement ; le rattrapage ethnique, un projet de société ; l’école bat de l’aile ; la sécurité est de plus en plus inexistante et la démocratie qui s’enracinait sous Laurent Gbagbo est en train de faire place à la dictature sauvage. Pour Ouattara, la Côte d’Ivoire «retrouve ses traditions d’accueil et d’hospitalité.» Là encore, ce n’est pas juste ! Il aurait plutôt pu dire qu’à cause de ‘’sa politique d’ouverture’’, les populations de la sous-région ont été massivement installées dans la zone forestière, notamment à l’ouest et au sud-ouest, contre le gré des populations autochtones. Et que, armes au point, ils empêchent les populations autochtones à avoir accès à leurs plantations qu’ils ont d’ailleurs confisquées. Et quand il dit que «toutes les forces vives de la Nation se sont remises au travail avec ferveur et enthousiasme», il oublie aussi que depuis qu’il est là, ce sont des centaines de milliers de chefs de famille qui se sont retrouvés dans la rue. Cela, après les nombreux licenciements opérés à la Présidence de la République, à la Rti, à la Sotra, dans les Mairies à travers le pays, les institutions de la République et dans certaines sociétés de la place. A cela, il faut ajouter toutes les personnes admises à des concours qui ont été par la suite annulés par Ouattara. Sous prétexte que ses concours ont été organisés par un «régime illégitime».
Des villages et des quartiers attendent toujours du courant électrique
Les Ivoiriens sont encore étourdis quand ils ont entendu Ouattara dire que «chaque jour la construction d’un pont progresse, une desserte locale est remise en état, un grand axe routier voit le jour; l’assainissement des villes continue, une nouvelle maison est connectée au réseau électrique, une nouvelle pompe à eau fait la joie de tout un village, un étudiant dans une université rénovée se connecte au web, des milliers d’enfants avec des kits scolaires gratuits étudient sur des bancs neufs ; de plus en plus de malades reçoivent des soins dans des d’hôpitaux et des dispensaires rénovés.» Ils le sont davantage parce qu’ils savent que les habitants de Gobelet, Boribana, Gonzagueville, Jean Folly, Adjouffou, Yaossehi, et bien d’autres quartiers précaires d’Abidjan attendent toujours d’être connectés au réseau électrique. Parce qu’ils n’ont pas plus de 100.000 Fcfa qu’exige la Cie pour avoir un compteur d’électricité. De nombreux villages attendent encore de l’eau courante. Un étudiant n’a pas les moyens de s’offrir un ordinateur à plus forte raison se connecter au web, même si les universités sont dotées d’un système wifi. M. le chef de l’Etat, faites un tour dans les écoles primaires et les établissements secondaires d’Abidjan et vous découvrirez que tous les écoliers ne bénéficient pas de kits scolaires dont vous faites allusion. Vous verrez de visu que «des milliers d’enfants» n’étudient pas sur «des bancs neufs». Les nombreux malades refoulés dans les centres de santé, faute de médicaments sont tristes quand ils entendent leur président dire hors du pays que «de plus en plus de malades reçoivent des soins dans des d’hôpitaux et des dispensaires rénovés.»Les paysans bouillonnent de colère lorsque Ouattara soutient que «des champs sont de nouveau labourés et des paysans reçoivent enfin une part équitable du fruit de leur travail.» Cela, parce qu’à la réalité, ceux qui labourent les nouveaux champs sont ceux qui se sont accaparés de leurs terres avec la complicité de Ouattara. Les vrais paysans, les propriétaires terriens étant interdits d’accès à leurs plantations prises en otage par des populations venues de la sous-région pour prêter main forte à Ouattara afin qu’il prenne le pouvoir. Surtout que sous Ouattara, le kilogramme du cacao bord champ est vendu à 725 Fcfa. Là où sous Laurent Gbagbo, il était vendu à 1200 Fcfa. Selon Ouattara, «chaque jour, des frères et des sœurs se retrouvent dans le grand mouvement de réconciliation nationale...» Pourtant, les voix plus élevées ne cessent de dire à Ouattara que la réconciliation, la vraie, ne peut pas se faire sans les partisans de Gbagbo qui sont toujours traqués. Dans ces conditions, peut-on, en vérité, tenir de tel propos ? La Côte d’Ivoire de Ouattara surprend vraiment le monde.
Ferdinand Bailly ferdinand

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