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Notre Voie N° 4354 du 27/2/2013

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Côte d’Ivoire : L’histoire singulière des Agoras et Parlements
Publié le mercredi 27 fevrier 2013  |  Notre Voie




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L’audience de confirmation ou d’infirmation des charges contre le Président Gbagbo continue de révéler des surprises. Hier, la défense de l’ex-chef de l’Etat ivoirien a relevé les incongruités véhiculées par le RDR (parti d’Alassane Ouattara) et retenues sans vérification par le Procureur de la CPI concernant les espaces de libre expression, les Agoras et Parlements. Pour les partisans de Ouattara et leurs parrains qui ont fait la guerre à Gbagbo, les Agoras et Parlements étaient des lieux de dépôt d’armes de guerre. Quelle est donc l’histoire de ces espaces ? Enquête expresse.


Sous la farouche répression du régime Ouattara contre les activités de l’organisation qu’il dirige, M. Justin Koua, Secrétaire national par intérim de la Jeunesse du Front populaire ivoirien (JFPI), est en passe de réussir un pari difficile. Celui de redonner vie aux « Agoras et Parlements », ces espaces d’échanges publics qui ont fait fureur en Côte d’Ivoire pendant plus de quinze ans, de 1996 à 2011. Depuis la prise du pouvoir de M. Alassane Dramane Ouattara par les armes, le 11 avril 2011, ces espaces ont été détruits soit par les miliciens armés pro-Ouattara, soit par les militants du RDR, son parti. « Aujourd’hui, explique le leader de la jeunesse du parti créé par le Président Gbagbo, nous avons remis en place les deux composantes de la structure, à savoir les Agoras et Parlements d’une part et, de l’autre, les Orateurs des Agoras et Parlements. Mieux, nous avons réussi à les fusionner, ce qui n’était pas le cas par le passé ». Pourquoi tant d’énergie déployée à recréer ces structures dans un environnement politico-social si hostile à l’opposition ? « C’est pour contribuer au triomphe de la vérité sur la crise ivoirienne, mais surtout sur la crise postélectorale», tranche Justin Koua. Comme lui, de nombreux jeunes Patriotes qui n’acceptent pas la dictature instaurée en Côte d’Ivoire depuis avril 2011 piaffent d’impatience de retourner dans ces espaces de débats intellectuels. Avec eux, nous avons percé l’histoire cachée des Agoras et Parlements.

Ils étaient déjà là, avant l’ère Gbagbo


En Côte d’Ivoire, les Agoras et Parlements désignent des espaces de libres expressions démocratiques. Leurs concepteurs ont fini par les appeler « Les Universités publiques gratuites ». Ils servent à « conscientiser le peuple sur les valeurs de la République. Les animateurs y travaillent à inculquer la connaissance et le rôle des Institutions de la République». Sur leur création Justin Koua relève que les Agoras et Parlements sont apparus dans la période 1996-1997. C’était sous le régime d’Henri Konan Bédié, ancien président de l’Assemblée nationale, dauphin constitutionnel du premier président Ivoirien, Félix Houphouët-Boigny (1908-1993). C’était avant le coup d’Etat du général Robert Guéi qui a renversé Bédié (décembre 1999), et bien avant l’élection de Laurent Gbagbo à la présidence de la République (octobre 2000). L’ancêtre de ces espaces de libres échanges, selon nos interlocuteurs, était « La Sorbonne », du nom de la célèbre université française. A Abidjan, La Sorbonne était un espace situé au cœur du Plateau, centre des affaires de la capitale économique ivoirienne. Aux alentours, foisonnaient de petits commerces autant légaux que prohibés comme la vente des CD piratés. Mais jamais on y a découvert d’armes à feu ou d’objet de violence.

Le plus connu des concepteurs de La Sorbonne, selon tous nos interlocuteurs interrogés, s’appelle Ben Sahiri dit Professeur, contraint à la clandestinité depuis le 11 avril 2011. Ils sont très peu nombreux les Ivoiriens qui n’ont pas été auditeurs, d’au moins pour quelques heures, lors d’une course au Plateau, de cet espace dans lequel toutes les disciplines étaient exposées et disséquées, de la philosophie à la médecine en passant par l’histoire, la religion, la politique, les mathématiques, les vertus thérapeutiques des plantes, etc. Suite au succès des activités attesté par un auditoire de plus en plus grandissant, le « Patriote » Dacoury Richard, très proche compagnon de Charles Blé Goudé, leader de la Galaxie Patriotique, a transformé La Sorbonne d’Abidjan Plateau en une « institution universitaire publique », avec son administration et ses démembrements. Les orateurs y défilaient, chacun pour faire l’étalage de ses connaissances dans la discipline choisie. Chaque orateur était donc affublé du titre de « Professeur ».

De La Sorbonne aux Agoras et Parlements

Le succès populaire de La Sorbonne finit par faire des émules. D’abord à Abidjan, fut créé, en 1999-2000, le célèbre espace appelé « Le Parlement de SIDECI », sous quartier de Yopougon. Dans la foulée, furent également créés les Agoras et Parlements des neuf autres communes de la capitale économique ivoirienne (Cocody, Abobo, Attécoubé, Adjamé, etc.). Enfin, le phénomène des Agoras et Parlements fut multiplié partout, à Abidjan comme à l’intérieur du pays, surtout après le coup d’Etat qui a échoué en septembre 2002 et qui a été transformé en rébellion armée contre les institutions de la République.
Face à la multiplication de ces espaces d’échanges démocratiques et pluridisciplinaires, la nécessité d’une grande coordination de leurs activités vit le jour. Et c’est Idriss Ouattara, un autre leader de la Galaxie Patriotique, créateur du Parlement de Cocody-Allocodrome, aujourd’hui en exil, qui fut le président de cette coordination jusqu’au 11 avril 2011. Avant la bourrasque armée du 11 avril 2011, les Agoras et Parlements étaient animés par deux structures, les Parlements et Agoras en tant qu’organisations administratives de ces espaces d’échanges (donc en tant qu’établissements appelés «Universités publiques gratuites »), et les Orateurs des Parlements et Agoras, les «Professeurs», « détenteurs du savoir » dans ces « universités gratuites » et en plein air.
En cherchant à recréer les Agoras et Parlements, la jeunesse du FPI, sous l’impulsion de Justin Koua, tente de ressusciter des espaces volés à la jeunesse patriotique, rasés ou pris en otage et transformés en « Grins » par le RDR et sa branche armée depuis avril 2011. Sérieux challenge pour la jeunesse du parti fondé par le Président Gbagbo. Qui veut redonner vie à des structures de hauts échanges intellectuels qui n’ont jamais été des lieux de culture de « l’esprit rébellion armée » comme moyen de règlement d’une frustration sociale ou d’accession au pouvoir d’Etat.

César Etou

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