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Économie

Côte d`Ivoire : fuite des produits agricoles vers les pays voisins,un "coup de poignard" à l`économie ?
Publié le mardi 18 juin 2013   |  Xinhua




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ABIDJAN -- Les autorités et planteurs ivoiriens se préoccupent de plus en plus de la fuite des produits agricoles vers les pays voisins.

A plusieurs occasions, des acteurs se sont inquiétés et ont dénoncé la persistance du trafic illégal des produits agricoles vers les territoires voisins.

Pour ceux-ci, il urge de mener des actions synergiques pour juguler le fléau qui porte un coup à l'économie.

"La fuite vers les pays limitrophes concerne notamment le binôme café - cacao qui constituent un des poumons de notre économie", a noté Sévérin Lago, ingénieur agronome.

Lors d'une rencontre des producteurs en 2011, le Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d'Ivoire (SYNAP-CI) avait tiré la sonnette d'alarme.

"Même si les exportations de café et de cacao ont repris, après la crise postélectorale, la filière ne s'en porte pas pour autant bien", avait fait remarquer le président du SYNAP-CI, Koné Moussa.

"Depuis la présidentielle de 2010, une partie de la production cacaoyère de Côte d'Ivoire continue de prendre la direction des pays tels que le Ghana, la Guinée, le Mali et le Burkina Faso. Cela cause des dommages sans précédent à l'économie ivoirienne et pénalise du coup la bonne mise en place du programme de société du président de la République", avait déploré M. Moussa.

UNE FUITE INEXPLICABLE ?

Pour celui-ci, cette fuite du cacao est aujourd'hui " inexplicable et inacceptable" d'autant que l'embargo sur les exportations du café et du cacao a été levé. Les méfaits de la fuite du cacao ont été également décriés par le Comité de gestion de la filière café - cacao.

"La fuite de nos produits vers les pays limitrophes nous fait subir un grand tort et des dommages en matière de revenu de l'Etat ", avait relevé la présidente de la structure Massandjé Touré, lors d'une opération de recensement des producteurs.

"Nous souhaitons que toutes les productions de cacao et de café soient commercialisées en Côte d'Ivoire en non dans les pays voisins. Nous vous demandons de tout mettre en oeuvre pour empêcher la fuite de nos produits vers ces pays. Il vous faut dénoncer auprès des autorités compétentes tous ceux qui détournent le café et le cacao vers d'autres cieux", avait-elle recommandé.

Mme Touré a par ailleurs exhorté les paysans ivoiriens à oeuvrer pour une production de qualité.

De l'avis du Cercle national des producteurs de café-cacao ( CNAPROCCI), l'appui des autorités ivoiriennes est de mise pour une lutte efficiente contre le trafic des produits. "Ceux qui organisent sont des personnes puissantes, parfois armées. Une intervention de l`Etat permettra une action efficace contre ces trafiquants", a énoncé le président du CNAPROCCI, Mamadou Koné. Koné Mamadou a par ailleurs demandé au gouvernement d'allouer ces subventions aux paysans pour l`achat d`engrais, de produits phytosanitaires, la formation de qualité et le reprofilage des pistes afin de booster la production cacaoyère ivoirienne.

LES BRIGADES DE SURVEILLANCE EN ACTION

L'on assiste ainsi à une implication des autorités administratives, des forces de sécurité et des planteurs eux-mêmes dans le combat contre le trafic illicite de produits agricoles.

La zone d'Abengourou (est) située près de la frontière ghanéenne semble se positionner en avant-garde de cette lutte, à travers la mise en place de brigades de surveillance qui ont déjà obtenu des résultats tangibles.

Un camion de cacao en partance pour le Ghana pour la vente de son contenu a été saisi dimanche nuit par la douane de cette localité, à proximité de la ville de Niablé. Suite à une information anonyme, les douaniers a mis en place un dispositif pour repérer et intercepter le convoi frauduleux.

Plusieurs mois auparavant, les comités de lutte contre la fuite du cacao installés dans la zone par le Collectif des coopératives et traitants de café et de cacao d'Abengourou (2CTADA) avaient réussi un autre coup de filet. Ils avaient permis la saisie de plus de 25 tonnes de cacao qui s'apprêtaient à franchir la frontière à bord de camions.

Pour certains experts, le phénomène pourra connaître un ralentissement voir un arrêt à travers des actions fortes qui commandent qu'en plus de la répression d'autres formes de lutte soient engagées, à savoir la lutte contre les acheteurs véreux et contre les tracasseries routières afin que le planteur puisse vendre son produit à un prix plus satisfaisant.

Les autorités ivoiriennes, elles, réitèrent leur engagement à tout mettre en oeuvre pour stimuler la production et conforter le pays dans la position qu'il occupe au niveau mondial.

L`économie ivoirienne repose en grande partie sur l` agriculture, notamment le binôme café-cacao.

Depuis plusieurs décennies, la Côte d`Ivoire occupe le rang de premier producteur mondial de cacao et de troisième producteur de café.

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