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Le Patriote N° 4097 du 19/7/2013

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Enquête express : Les établissements bancaires indexés
Publié le vendredi 19 juillet 2013  |  Le Patriote




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Vendeuse de poisson au grand marché de Koumassi, Tra Lou est une grosse victime de cette pratique. Elle a déjà reçu, à son corps défendant, plus de 4 faux billets dont 3 coupures de 2.000 et une de 10.000. Par manque de vigilance, la commerçante se fait toujours avoir. « Quand on vend, on ne prend pas le temps de vérifier les billets qu'on nous donne. Comme les gens le savent, ils passent souvent par nous pour écouler les faux billets », dénonce dame Catherine Kassi.
En effet, aucun secteur n'est épargné par le phénomène des faux billets de banque. Ce que confirme Ouédraogo Salif, boucher à l'abattoir de Port-Bouët. « J'ai plus de 25.000 FCFA de faux billets chez moi à la maison. Je ne sais quoi en faire puisque je ne peux pas les dépenser», déplore t-il. Conséquence, à l'abattoir, les bouchers redoublent désormais de vigilance. « Nous faisons désormais attention aux billets que nous donnent les clients. Il y a beaucoup de faux billets en circulation », confirme Kaboré Jean-Michel le voisin de Salif.
Ce dernier avoue même que l'abattoir est devenu un endroit de prédilection d'écoulement des faux billets en leur possession.
« Vous savez, l'abattoir est un lieu où se passent beaucoup de transactions. Les personnes mal intentionnées profitent de cette situation pour mettre en circulation les faux billets de banque», révèle t-il. Le secteur du transport n'est pas épargné par le phénomène. «La nuit, les gens profitent pour faire passer les faux billets», fait remarquer Zadi Romaric, chauffeur de taxi communal à Marcory.
La Sotra, par mesure de prudence refuse de prendre les billets de 2.000 francs CFA. « On ne sait pas pourquoi, mais si vous donnez un billet de 2.000 francs pour prendre un ticket dans le bus, on vous le refuse automatiquement», fait savoir Nadine Kouakou, une abonnée de la Sotra. Le phénomène est si récurrent que des usagers n'hésitent pas à accuser.
Akissi Nadège fait partie de ceux qui dénoncent le silence coupable des décideurs. «Les faux billets ont inondé la ville et personne, même pas les autorités, ne communiquent la-dessus.
C'est vraiment scandaleux», grogne cette vendeuse de poissons, à Treichville. « Je pense que les banques sont complices de ce qui se passe », accuse dame Koné Mariam, la voisine de Nadège. Koné Aziz est enseignant dans un lycée de la place. Il pense que ceux qui mettent les faux billets en circulation ont des complices dans certaines banques.
« Vous voyez, on a souvent des billets tellement bien faits qu'on ne peut pas se douter qu'ils ne soient pas vrais. C'est un travail de professionnel », fait-il observer. « Tout ceci, poursuit-il, suffit pour vous dire qu'ils bénéficient de certaines complicités à l'intérieur des banques. Il parait même qu'il existe des réseaux de fossoyeurs dans les banques ». Mais cet avis n'est pas partagé par Vincent Gondo, un agent des impôts. Pour lui, aucun établissement bancaire ne peut cautionner de telles pratiques au risque de voir sa crédibilité prendre un coup. « Ce sont des gens qui disposent d'appareils sophistiqués pour imiter les vrais billets de banque.

Un phénomène qui date
du moyen âge

Les banques à mon avis n'ont rien à voir avec la pratique», tranche-il. Il dénonce, pour sa part, l'absence de la répression contre les malfrats. « Je pense qu'il faut plutôt accentuer la répression contre le phénomène des faux billets de banque. On doit traquer les individus qui s'adonnent à cette pratique», préconise t-il. Accusés, les banquiers se défendent. « Ce sont des accusations sans fondement. Aucun faux billet ne passe par les banques. Les usagers des banques le savent très bien», explique un banquier sous le sceau de l'anonymat.
« Toutes les banques, poursuit-il, sont dotées de détecteurs de faux billets. Tous les billets passent au détecteur avant d'être déposés dans les banques. Il faut que les gens arrêtent de parler de ce qu'ils ne savent pas.»
Les imitations de billets de banque remontent à une époque très lointaine. Le phénomène existe depuis le moyen âge, c'est-à-dire en même temps que l'apparition des billets de banque. Déjà, à cette époque, des mesures drastiques étaient engagées contre les fossoyeurs de l'économie. Les faux monnayeurs subissaient des châtiments. « Au moyen âge, les fossoyeurs étaient punis de la façon la plus atroce. Quand on attrapait un faux monnayeur, la punition était sévère. Il était condamné à mort, on le plongeait dans de l'huile bouillante.
C'était une façon de décourager tous ceux qui seraient tenté de s'adonner à cette pratique », révèle le Pr Lambert Ngaladjo Bamba, économiste et maître de conférences que nous avons interrogé. Selon lui, aucun pays au monde n'échappe au phénomène des faux billets. Mais, explique t-il, il est beaucoup récurrent dans les pays comme l'Italie, et la Yougoslavie.
L économiste précise que la fausse monnaie était utilisée pour des Etats en conflit comme moyen de guerre. Chaque belligérant essayait d'inonder le territoire de l'ennemi de faux billets.
« Staline disait que la meilleure façon de détruire l'économie d'un pays, c'est de vicier sa monnaie. Ce qui fait que très souvent, en période de conflit, certains pays utilisaient les fausses monnaies pour inonder le territoire du pays ennemi. Et ce phénomène a été constaté pendant la guerre mondiale pour vicier le fonctionnement de l'économie », explique le Pr Bamba.

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