Accueil    Shopping    Sports    Business    News    Annonces    Cuisine    Nécrologie    Publicité
class=logo NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article



 Titrologie



L’intelligent d’Abidjan N° 2903 du 31/8/2013

Abonnez vous aux journaux  -  Voir la Titrologie

  Sondage



 Autres articles

Comment


Politique

Gossé Fran Henri, vice-délégué général du PDCI en Italie : ‘‘Le président Bédié n’a pas trahi, mais ceux ont trahi sont autour de lui’’
Publié le samedi 31 aout 2013  |  L’intelligent d’Abidjan




 Vos outils




 Vidéos

 Dans le dossier

Le vice-délégué général du PDCI en Italie prendra part au XIIème congrès ordinaire de son parti en octobre prochain. Actuellement en Côte d’Ivoire dans le cadre de ses activités, Gossé Fran Henri se prononce, dans cette interview, sur l’actualité au sein de sa famille politique.
En marge de votre présence en Côte d’Ivoire, vous êtes témoin de ce qui se passe actuellement au sein de votre parti, le PDCI. Quelle est votre première réaction face à la bataille qui s’annonce pour l’élection du président du PDCI ?
Au niveau de la délégation d’Italie, nous suivons de très près l’actualité nationale, mais plus précisément la politique interne au sein du PDCI. La délégation de l’Italie est l’une des délégations qui a présenté des candidats lors des législatives de 2011 et des régionales en 2013 en Côte d’Ivoire. Nous avons remporté un siège de député et le Conseil régional de San Pedro. Cela démontre l’intérêt que nous accordons à tout ce qui se passe au sein du PDCI. En tant que conseiller régional, nous sommes venus avec des investisseurs Italiens qui manifestent un intérêt, non seulement pour notre région, mais aussi pour toute la Côte d’Ivoire où ils veulent établir des liens d’échanges économiques. Au niveau des candidatures, je pense que le PDCI est un parti démocratique et chacun est libre de se présenter au poste qui lui sied. Il est donc normal que le secrétaire général du parti fasse acte de candidature. Il a gravi tous les échelons au sein du PDCI, il est tout à fait logique qu’il veuille être le président du PDCI. Mais, ce que nous ne comprenons pas, c’est tout ce qui se passe autour de cette candidature. Pour la cohésion au sein du parti, il ne faut pas frustrer les uns et les autres, au risque de les faire partir. Alphonse Djédjé Mady est candidat, il a ses raisons, mais je suis pour cette candidature et je vais vous dire pourquoi. Les gens ont l’impression que tout va bien au PDCI, alors que ce n’est pas le cas. Il y a des gens qui pensent que le PDCI doit demeurer tel qu’il est actuellement, qu’il ne doit plus avoir d’ambition. Je ne suis pas sûr que ce soit l’objectif du PDCI. A côté de cela, les militants ne sont pas contents, d’abord parce que nous n’avons pas remporté la présidentielle en 2010, mais aussi parce que tout ce que nous avons convenu avec nos alliés du RHDP n’est pas respecté. Il ne s’agit pas de lâcher un allié, mais il faut qu’on discute franchement, pour que les militants sachent qu’il y a un intérêt pour le PDCI. Ce sont ces mécontentements qui expliquent le fait que les militants veulent le changement. Il y a des gens qui pensent que seul le président Bédié peut faire l’unité du parti, mais ils se trompent. Le président Bédié a été un grand serviteur de la Côte d’Ivoire, mais dans la vie d’un homme, il arrive un moment où on prend sa retraite. La conviction qui détermine un individu peut prendre un coup soit parce qu’on a pris de l’âge soit parce qu’on n’a plus de motivation. Le président Bédié peut ne plus avoir de motivation, parce que le moment est arrivé où il doit se reposer. Des militants comme Djédjé Mady ou KKB ont encore de la motivation, ils veulent redonner un nouveau souffle au PDCI, alors qu’on ne peut plus demander cela au président Bédié. Il faut donc que nous accompagnions tous le président Bédié pour une retraite méritée. Cela ne signifie pas qu’il n’a pas bien travaillé ou qu’il n’a pas été efficace. Au contraire, il a servi normalement la Côte d’Ivoire, mais il faut qu’on lui accorde un moment de repos au lieu de le pousser vers une situation qu’il ne peut plus maîtriser.

Le président Bédié a pourtant accepté d’être candidat à sa propre succession…
C’est par obligation qu’il l’a fait. Quand dans une famille un père pense que ses enfants sont en danger, même si un mal ronge ce père, il tait ce mal pour affronter le danger, même si tu sais que tu ne peux pas le vaincre. Je pense que c’est ce qui arrive au président Bédié. Il y a un groupe de personnes autour du président Bédié qui, pour ses intérêts personnels, pour des questions de postes ministériels, lui ont complètement bloqué la vision réelle du parti. Ces personnes crient et façonnent des situations pour que le président Bédié sente qu’ils sont en danger s’il n’est plus là. En tant que bon père, il se sent donc obligé de rester à la tête du PDCI pour les rassurer, malgré les difficultés physiques qui peuvent le ronger. C’est une minorité qui agit ainsi, mais puisqu’elle est forte financièrement, elle influence la base qui est obligée de dire oui, alors qu’en réalité, elle n’est pas d’accord. Le clan qui s’est créé autour de Bédié n’a qu’une seule vision : protéger ses intérêts personnels et mentir au président Bédié en lui donnant une image erronée de la réalité du terrain. Si tous les militants du PDCI étaient gagnés par l’honnêteté, nous aurions dû, après le conclave de Yamoussoukro, former une délégation pour rencontrer le président Bédié et lui dire : «président nous reconnaissons que tu as beaucoup fait pour la Côte d’Ivoire, mais nous ne voulons plus te fatiguer avec les problèmes du PDCI, d’élections… Tu dois vivre une vie tranquille maintenant». Si on avait fait cela, le président Bédié que je connais allait accepter et apprécier la démarche des militants du PDCI. En 1999 quand il y a eu le coup d’Etat, le président Bédié a pensé à la Côte d’Ivoire. Il n’a pas fait de résistance, il est parti pour éviter un bain de sang inutile. Mais aujourd’hui, il est dans une situation qui le dépasse, parce que son entourage lui donne une image erronée de la réalité du PDCI.

Le président Bédié a accepté d’être candidat à sa propre succession, mais selon son conseiller en communication, il ne sera pas candidat en 2015 face à Alassane Ouattara. Pensez-vous que ce soit le souhait de la majorité des militants du PDCI?
Le président Bédié a bien précisé «qu’on ne change pas une équipe qui gagne» et que le congrès décidera si le PDCI doit présenter un candidat à l’élection présidentielle de 2015. L’orientation politique du président Bédié est donc très claire : le Président Alassane Ouattara est en train de travailler, pourquoi présenter un candidat contre lui, alors qu’il travaille bien ? Tous ceux qui soutiennent le président Bédié aujourd’hui sont dans cette même logique, parce qu’ils sont dans le Gouvernement du Président Ouattara ou ils ont quelque chose à protéger. Leur objectif est donc de faire en sorte que le Président Ouattara soit le candidat du PDCI et du RDR. Les secrétaires généraux, les délégués et les secrétaires de sections ont été convoqués à Yamoussoukro, pour qu’ils disent devant l’opinion nationale et internationale que leur choix, c’est le président Bédié. Mais, ils ont aussi dit qu’il faut que le PDCI présente un candidat en 2015. Or dans ce cas de figure, la première personne à être mal à l’aise c’est bien le président Bédié, parce qu’il est candidat à sa propre succession pour éviter que le Président Ouattara affronte un candidat du PDCI 2015. Dans ce cas, ne serait-il pas normal qu’il soit le président d’honneur du PDCI ? Si en 2015 le PDCI remporte les élections, il va toujours travailler avec le RDR et ce sera pareil si c’est le RDR qui remporte la présidentielle. Mais chacun des partis membres du RHDP présente un candidat au premier tour et tous les membres de cette alliance soutiennent le candidat le mieux placé au deuxième tour. C’est ce qui a été décidé lors de la création de notre plateforme, en mai 2005 à Paris. Donc, l’objectif du président Bédié qui a accepté d’être candidat à sa propre succession, mais qui refuse de présenter un candidat en 2015 face à Alassane Ouattara, n’est pas celui de la base.

Avez-vous le sentiment que la base a été trahie par l’annonce du président Bédié ?
Le président Bédié a ses convictions personnelles, mais il est aussi contraint d’écouter la base. Je pense que le président Bédié n’a pas trahi la base en disant qu’il n’est pas candidat face à Ouattara, parce qu’il avait déjà dit qu’on ne change pas une équipe qui gagne. En allant au conclave Bédié savait déjà ce qui allait se passer. Tous ceux qui étaient à côté de lui avaient préparé les choses. Les délégués et les secrétaires de sections devaient lui demander d’être candidat à sa propre succession et il devait accepter. Mais, à la surprise générale, ils lui ont demandé de présenter un candidat en 2015. Mais, puisque 2015 est encore loin, il a accepté d’être président du PDCI, en attendant d’analyser, plus tard, la question d’une éventuelle candidature du PDCI en 2015. Donc Bédié n’a pas trahi, mais ceux qui ont trahi sont autour de lui, parce qu’ils sont en train de créer un dialogue de sourds entre lui et la base du PDCI.

Par Olivier Dion

LIENS PROMOTIONNELS


 Commentaires