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Le Patriote N° 4140 du 11/9/2013

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Discours d’orientation belliqueux du président du FPI - Affi N’Guessan, le faux brave !
Publié le mercredi 11 septembre 2013  |  Le Patriote


FPI:
© Abidjan.net par Atteby
FPI: Cérémonie de passation des charges entre Miaka Ouretto et Affi N`Guessan
Samedi 7 septembre 2013. Abidjan. Le président statutaire du Front populaire ivoirien, Pascal Affi N’guessan a repris les rênes du parti au cours d’une cérémonie de passation des charges avec son intérimaire, Sylvain Miaka Ourétto.


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Sans surprise – même si certains observateurs avaient caressé quelques secrets espoirs (quoique très minces) de le voir plus ou moins adapter son discours au contexte actuel –, Pascal Affi N’Guessan, 60 ans révolus depuis le 1er janvier de cette année, est resté l’homme qu’il a toujours été aux yeux de la majorité des Ivoiriens. C’est-à-dire, le responsable politique qui a rarement fait preuve … de responsabilité. Son discours prononcé samedi dernier, à l’occasion de la passation des charges le consacrant à nouveau président du Front populaire ivoirien, après plus de deux ans passés en prison, est le témoignage on ne peut plus probant de l’inertie intellectuelle d’un politicien qui a fait le choix, envers et contre tout, de se murer dans une rigidité morale qu’il croit bénéfique pour son action politique. Mais qui reste la preuve que le natif de Bouadikro, dans la sous-préfecture de Bongouanou, n’est guère qu’un fervent adepte de la politique de l’autruche, celle pratiquée par l’insouciant qui refuse de regarder les choses en face. Mieux, qui croit que le danger est supprimé dès lors qu’on s’abstient volontairement de le regarder.
L’ancien pensionnaire de la prison de Bouna donne pour ainsi dire le net sentiment de n’avoir tiré aucune leçon de la terrible crise militaro-politique qui a endeuillé la Côte d’Ivoire et qui lui a valu, à lui Affi, à son patron Laurent Gbagbo et aux nombreux caudataires de l’ex-régime de la refondation, le revers politique qu’ils ont essuyé pendant et après l’élection présidentielle d’octobre 2010. On est d’avantage triste devant le constat que l’homme n’a pas mis à profit son séjour carcéral pour plonger en lui-même ce regard introspectif voire ascétique, qui lui aurait permis, après une mûre et rigoureuse réflexion, d’être capable du discernement, de la sagesse, de la maturité à même de lui faire appréhender les choses sous un angle autre que celui auquel ses compatriotes et l’ensemble de l’opinion assistent en ce moment. C’est-à-dire, celui du boutefeu, de l’insulteur public, du négateur aveugle des évidences, de l’incitateur à la violence, mais surtout de l’homme qui charrie depuis le 22 juin 2001, date à laquelle il prit les rênes du FPI, un parti qui adore l’affrontement permanent, qui refuse obstinément la cohésion sociale entre les Ivoiriens.
Car, en lieu et place de ce qu’Affi N’Guessan a présenté, le week-end dernier, comme « discours d’orientation » en tant que premier responsable du FPI, les nombreux militants de ce parti qui se sont rendus au QG de Laurent Gbagbo n’ont eu droit en réalité qu’à un véritable brulot-anti-Ouattara destiné à les « orienter » vers des horizons pour le moins obscurs. L’orateur leur a demandé de ne regarder la Côte d’Ivoire, 28 mois après l’accession d’Alassane Ouattara au pouvoir, que sous le prisme vaporeux et ténébreux de ses propres lubies, de ses propres étourderies. On peut le comprendre. Il sort tout fraichement des geôles sombres de la prison, et il est certainement si ébloui par la splendeur de ce qui lui est brusquement apparu dehors, qu’il en a perdu son latin, au point de sombrer dans ce qui n’était pas loin d’un délire. Mais comment vouloir imposer ses hallucinations personnelles à des individus qui sont bien lucides, même si quelques uns d’entre eux trainent encore quelques séquelles de fanatisme en eux ? Or, c’est à cet exercice de «magie noire» qu’Affi N’Guessan s’est essayé l’autre jour au QG de Laurent Gbagbo.
D’abord, voici ce que l’ancien maire de Bongouanou pose comme regard général sur ce pays géré par Alassane Ouattara depuis seulement de deux ans et demi : « La Côte d’Ivoire va mal, elle va à vau l’eau, elle se désagrège et tombe en ruine sous nos yeux ». Si ce n’est pas sous les yeux d’Affi et de la horde de bagnards et d’aigris qui l’entouraient ce jour-là et dont l’acuité visuelle a certainement connu quelques désagréments du fait de la pénombre carcérale, comment un Ivoirien normal, qui a vécu dans ce pays durant la décennie écoulée, peut-il aujourd’hui dire que notre pays tombe en ruines ? Comment tombe-t-on en ruines quand, justement, on ne travaille sans relâche qu’à se débarrasser de ces ruines ? Les routes réhabilitées et ré-profilées, les universités refaites, les ponts, autoroutes et échangeurs construits, les centres de santé équipés, les écoles et château d’eau bâtis partout, tout un territoire national en chantier où les grues sont perceptibles à chaque carrefours, est-ce cela un pays en ruines ? Peut-être faut-il donner raison à l’ancien Premier ministre de Gbagbo quand il parle de « pays méconnaissable », car la Côte d’Ivoire est vraiment méconnaissable, parce qu’elle se transforme positivement chaque jour que Dieu fait et à une incroyable vitesse.
Une autre série de fadaises, elles sont innombrables, proférées par la toute nouvelle star du FPI, qui croit son heure arrivée en l’absence de Gbagbo, c’est quand il ose proclamer la « faillite » de la Côte d’Ivoire, dont la croissance économique aux indicateurs pourtant applaudis par tous les observateurs de la scène nationale, serait « appauvrissante» et, tenez-vous bien, « largement en-deçà des «performances observées sous la gouvernance de Laurent Gbagbo » ! Ah bon ! Gbagbo a réalisé des « performances » dans ce pays qui soient autres que celles qui ont consisté à le plonger dans le précipice d’une misère jamais atteinte en Côte d’Ivoire ? L’agitateur en chef du FPI est même allé jusqu’à dire que les bailleurs de fonds « ont tourné le dos à la Côte d’Ivoire », là où c’est carrément leur ruée vers ce pays que tout le monde voit.
Au plan sécuritaire, le chef du FPI n’a pas eu de mots assez forts pour dénoncer le « désordre sécuritaire généralisé», qui serait la « première source d’inquiétude», au moment où l’indice de sécurité, on le sait, est passé de 4 à 1, dans un pays qui a connu une guerre pendant laquelle des miliciens, jeunes patriotes et autres mercenaires libériens se sont associés aux Forces de défense pro-Gbagbo pour massacrer un peuple aux mains nues. Mais aussi où des orgues de Staline étaient disséminés aux quatre coins du pays ainsi qu’un véritable arsenal de guerre s’est retrouvé jusqu’au sous-sol du palais présidentiel, prêts à être déployés contre le peuple. Comment parler d’« insécurité généralisée », là où en lieu et place du CECOS, ces Tonton Macoutes à l’ivoirienne, a été mis en place un CCDO, aussi bien structuré, moderne que discret et notoirement respectueux des libertés publiques ?
Comment donc prendre au sérieux Affi N’Guessan, quand visiblement, son discours n’était cousu que du fil blanc mensonger du démagogue et va-t-en-guerre qu’il n’a jamais cessé d’être ? Comment ne pas mépriser cet éternel factieux, qui croit que la politique n’a d’efficace que son côté belliqueux, irrévérencieux, ordurier et incivil, lui qui qualifie d’« exploit luciférien » l’action du président de la République à la tête de l’Etat ? Lui qui, xénophobe et tribalisme dans l’âme, a pu déclarer lors d’une rencontre avec des cadres de son parti : « les étrangers ne peuvent pas prendre nos terres, Bouaké ne doit pas devenir la deuxième capitale du Mali ». Comment aspire-t-on à gouverner un Etat en étant aussi sectaire ?
Pourquoi être prompte à montrer à la moindre occasion un muscle qui, en réalité, s’agissant d’Affi N’Guessan est notoirement connu pour être atrophié ? De ce point de vue, il suffit de se souvenir de la mémorable baffe qu’il essuya, sans broncher, de dame Simone Gbagbo de retour d’un certain Linas-Marcoussis. Il suffit aussi de se remémorer le drame silencieux qu’il vécu plus de deux ans durant lorsque, sans aucune considération pour lui, Laurent Gbagbo fit jeter sa compagne en prison et qu’il suppliait chaque jour ce dernier de lui rendre l’âme sœur qu’il avait décidé de marier. Tout le monde a aussi en mémoire, pour l’homme qui, de sa prison dorée de la Pergola appelait à l’insurrection populaire, l’image des pompes qu’il exécutait docile et apeuré devant ses geôliers. Affi n’est pas l’homme intrépide, courageux qu’il veut paraitre aux yeux de l’opinion.

KORE EMMANUEL

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