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Nord-Sud N° 2485 du 14/10/2013

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Ahmed Souané, ex-Pca par intérim du Burida - “Nous voulons révéler au Président Ouattara ce qu’on lui cache”
Publié le mercredi 16 octobre 2013  |  Nord-Sud


Presse
© Autre presse par DR
Presse - Le nouveau bureau de l`Ujocci rencontre le ministre du tourisme et le Burida.
Afin de renouer le contact avec les structures étatiques, le nouveau bureau de l`Union des journalistes culturels de Côte d`Ivoire conduit par M. Léandre Koffi a effectué des visites de travail au Burida et au ministère du tourisme.


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En marge des activités culturelles depuis quelques mois, Ahmed Souané dit Dr Boris sort de sa réserve. Il dénonce la situation précaire des artistes et souhaite une rencontre avec le président de la République pour lui expliquer de vive voix la réalité des créateurs.



Vous êtes en marge des activités culturelles du pays depuis un moment. Où êtes-vous?
Depuis ma démission du Conseil d’administration du Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida, ndlr), je suis très occupé à mes activités artistiques (tournage, écriture de scénario, voyages de renforcement des capacités, invitations à des festivals). Pendant 29 mois (entre août 2009 et janvier 2012), j’avais mis ma propre carrière en veilleuse pour me consacrer corps et âme au Burida. Il fallait me remettre en selle.

N’est-ce pas parce que vous n’avez pas été capable de mettre en place un nouveau conseil que le ministre a décidé de vous congédier ?
Ce n’est pas au ministre de fixer un délai. Déjà sur la forme, il y a problème. C‘est au Conseil d’administration de convoquer une Assemblée générale en toute souveraineté.

Estimez-vous alors que le comité de gestion et de restructuration actuel est illégal ?
Le Burida fonctionne dans l’illégitimité parfaite depuis 2012. Il n’existe pas de Conseil d’administration élu par les actionnaires que sont les artistes. Pas de directeur général nommé par appel à candidatures, pas d’Assemblée générale ordinaire selon les dispositions du décret 2008-357 du 20 novembre 2008 portant réforme du Burida.

Malgré cela, le comité de gestion et la directrice arrivent à donner des résultats positifs…
Moi je parle d’illégitimité. C’est à l’Assemblée générale de juger si oui ou non les résultats sont positifs au vu du bilan des activités.

Les droits des artistes sont repartis régulièrement, il y a moins de plaintes. Est-ce qu’au finish, ce n’est pas la bonne méthode?
Pensez-vous qu’il y a moins de plaintes? Attendez qu’on nous convoque pour une Ag en bonne et due forme et vous verrez.

Pour matérialiser la bonne santé du Burida, une assurance vient d’être lancée pour la prise en charge sociale des créateurs. Qu’en pensez-vous ?
L’idée en elle -même n’est pas une nouveauté puisque depuis plusieurs années les différents conseils d’administration ont tenté d’obtenir une assurance santé pour les artistes. J’ai moi-même été membre d’une commission qui a travaillé dans ce sens. Mais les maisons d’assurance étaient réticentes, arguant que les artistes n’ont pas de revenus réguliers. Si aujourd’hui, un contrat d’assurance est possible pour les artistes, nous saluons cela. Mais, espérons que cela ne fasse pas long feu.

Pourquoi cette réserve ?
Les prix sont exorbitants. Honnêtement, combien d’artistes, pensez-vous, pourront s’acquitter de ces frais ? Quand on connaît les réalités de notre métier, où il n’existe aucun barème officiel de rémunération, comment allons-nous rassembler les sommes exigées ? La question reste posée.

Pour parler de cinéma, l’année 2013 a été désignée année du 7ème art. Mais, vous ne participez pas aux différentes activités. Qu’y a-t-il ?
Je vous ai dit que je suis très occupé par mes activités artistiques. Et puis, il ne s’agit pas de décréter une année du cinéma s’il n’y a aucun soutien financier sérieux aux cinéastes pour leurs productions. On se demande à quoi sert le Fonds de soutien à la culture et à la création artistique (Fscca).

Il y a environ 11 productions qui seront financées cette année par ce fonds…
Nous sommes en octobre, plus que deux mois pour finir 2013 et vous me parlez de 11 productions qui seront financées cette année. Lesquelles et à hauteur de combien? En vérité, nous n’avons aucun soutien du ministère de la Culture de Côte d’Ivoire. C’est triste et révoltant de voir comment les créateurs sont méprisés par le ministère. C’est comme si c’était une fatalité d’être artiste en Côte d’Ivoire. Hors de nos frontières, nous sommes adulés. Ici on ne nous respecte pas. Alors que sans nous, le ministère de la Culture n’aurait aucune raison d’exister.

C’est pour vous que travaille ce ministère pourtant…
Nous ne demandons pas l’aumône ; nous demandons ce que l’Etat de Côte d’Ivoire a décidé par décret N 2008-168 du 15 mai 2000, de prélever sur le chif­fre d’affaires mensuel des opérateurs de téléphonie et jeux de casino et autres, afin de soutenir le développement culturel. Nous parlons du compte du fonds de soutien à la culture domicilié à la BNI et estimé à plus d’un milliard 500 millions F à ce jour. La gestion de ce Fonds est d’une opacité étouffante.

Avez-vous postulé pour que votre projet soit retenu ?
Les projets de création artistique sont financés par copinage au mépris des modalités fixées par le document qui définit les conditions d’attribution de subvention. Au total, le montant des subventions accordées aux artistes n’atteint pas annuellement le quinzième du budget du fonds. C’est aberrant. Le financement des projets d’ateliers de renforcement des capacités des comédiens est rejeté, de même le financement de création d’albums de musiciens, de festivals à caractère international tels que le Festival international du théâtre d’Abidjan (Fitha) dont je suis un des responsables. Pis, une promotrice de festival a eu comme réponse qu’il faut laisser le cinéma au Burkina Faso. C’est incroyable. Finalement, à quoi sert le milliard et demi du Fscca ? A s’offrir des voyages à Cannes et au Fespaco quand aucun film ivoirien n’est en compétition à ces rencontres cinématographiques majeures ?

Il y a le film Run du réalisateur franco-ivoirien dont une partie du tournage vient d’être terminée. On annonce le tournage d’Echiman le mois prochain, co-réalisé par Roger Gnoan Mballa. Vous ne pouvez-pas dire que rien n’est fait…
Parmi les réalisateurs et producteurs qui vivent ici et qui font vivre le cinéma ivoirien au quotidien depuis des décennies, combien figurent sur cette liste? C’est de cela qu’il s’agit.

Il y a neuf réalisations qui seront soutenues…
Si c’est pour remettre des chèques de 5, 10, 20 millions à des gens dont le besoin se chiffre en centaine de millions, soyons sérieux.

Que préconisez-vous alors?
Il faut arrêter de prendre les artistes ivoiriens pour des enfants et faire croire que nous ne sommes pas organisés. Chaque corps de métier est parfaitement structuré. Nous voulons rencontrer le Président Ouattara et lui dire ce qu’on lui cache sur la situation réelle des artistes. Lui dire que le peuple de Côte-d’Ivoire, par le biais d’une loi adoptée par ses représentants à l’Assemblée nationale, a décidé en 1996 d’octroyer aux artistes 10% du prix de tout support analogique ou numérique pour tout enregistrement sonore ou audiovisuel, connu ou à venir (ordinateurs, téléphones portables, tablettes, clé USB, CD, MP3…), vierge, fabriqué en Côte d’Ivoire ou entrant par les frontières ainsi que les papiers vierges destinés à la photocopie et photocopieurs qui favorisent la copie des œuvres littéraires.
A savoir la rémunération pour copie privée. L’ex-président Henri Konan Bédié avait promulgué cette loi N° 96-564 du 25 juillet 1996 qui est parue au Journal officiel. Nous attendons du Président Ouattara un seul geste : la signature du décret d’application de ladite loi qui est vieille de 17 ans. C’est au bas mot entre 5 et 8 milliards par an qui permettront inéluctablement de booster l’émergence culturelle et artistique à l’horizon 2020.

Avez-vous écrit au Président pour lui faire part de cela?
Pas directement. Mais par personnes interposées, nous avons souligné nos préoccupations. Ces personnes nous ont rassurés que le Président a reçu mon message. Je souhaite que ce soit une rencontre avec les artistes, car je ne veux pas le faire en solo. Ce n’est pas une affaire personnelle.

Quelle est votre actualité ?
Je suis en plein dans les préparatifs de deux festivals : la 4e édition du Fitha (Festival international de théâtre d’Abidjan) prévue en fin octobre et le Festilag (Festival des Lagunes) qui se tiendra début novembre. Les choses vont bon train, nous travaillons d’arrache-pied. Nous y croyons et les deux festivals se tiendront effectivement avec l’aide de Dieu et des hommes de bonne volonté.


Réalisée par Sanou A.

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