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Nord-Sud N° 2485 du 14/10/2013

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Vavoua - Nianboua et Burkinabè s’affrontent à Bohinou
Publié le mercredi 16 octobre 2013  |  Nord-Sud




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Les populations autochtones et allogènes de Bohinou, dans le département de Vavoua, se sont mesurées pendant deux jours. Un face-à-face tendu qui a fait plusieurs blessés.


Le village de Bohinou était à feu et à sang, de dimanche à lundi. Un affrontement sanglant y a opposé les autochtones Niandéboua de ce village situé à quelques kilomètres de Dania, chef-lieu de sous-préfecture, aux allogènes Burkinabè. On dénombre plusieurs blessés et déplacés. Le village a, quant à lui, été incendié. Comment en est-on arrivé là ? « Chaque cinq ans, il est organisé une cérémonie d’initiation à l’intention des jeunes âgés de 18 à 30 ans de la communauté autochtone Niandéboua. Durant cette période, la génération à initier se retire dans la forêt sacrée et ne rentre dans le village que nuitamment. Aussi se signale-t-elle par des chants qui sont une invitation à tout non initié, n’étant pas autorisé à les voir, à rentrer chez lui. Cette nuit-là, aux environs de 21 heures, au moment où les initiés, encadrés par les anciens, faisaient leur rentrée dans le village, ils sont surpris de voir dehors un motocycliste auquel ils intiment l’ordre de s’arrêter. Pris de peur, le motocycliste, un jeune Burkinabé, mécanicien de son état, du nom de Ouédraogo Ousseyni, prend la fuite. Roulant à vive allure, il finit par perdre le contrôle de son engin, tombe et se blesse grièvement à la tête », rapporte un témoin sur place à Bohinou. La réaction de sa communauté, informée, ne se fait pas attendre. Les Niandéboua, accusés d’avoir lancé des pierres contre lui, sont pris pour cibles. Des hommes en tenue dozo tirent des coups de fusil. C’est le sauve-qui-peut. Trois jeunes Niandéboua, dont le chef des initiés, Zondé Douho Dieudonné, sont capturés et malmenés. La population autochtone déserte le village. La députée Elizabeth Védéa, en place à Dania, appelée d’urgence, se rend sur les lieux malgré les coups de feu. Elle se déporte au quartier dioula, auprès des sages, pour une médiation qui a duré toute la nuit. La parlementaire prend soin de faire évacuer les blessés au centre de santé de Dania avant de transférer Ouédraogo, dont le cas était grave au Centre hospitalier régional de Daloa. Mais, alors que l’élue s’attelait à travers sa médiation à faire rentrer les choses dans l’ordre, une fausse rumeur annonçant la mort du Burkinabé s’empare du village et met encore le feu aux poudres, au cours de la journée. Les allogènes, qui reçoivent le renfort de leurs compatriotes des autres villages, organisent une chasse à l’homme. Selon notre source, une soixantaine de maisons ont été incendiées et pillées. Notre interlocuteur ajoute même que les allogènes ont fait une descente musclée dans la forêt sacrée pour détruire les cases sacrées qui s’y trouvent. Les populations autochtones ont trouvé refuge pour la plupart à Dania. Dans l’après-midi, la calme semblait revenu avec le déploiement de gendarmes et un détachement des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) venues de Vavoua et de Daloa. Outre Ouédraogo, côté Burkinabé, on note trois blessés du côté des autochtones : Zondé Dieudonné Douho, Mathias Sonoco Pléhi et Valentin Zéhi qui, à cause de son état jugé grave, devait être évacué au Chr Daloa dans la journée d’hier.



Bayo Fatim à Daloa

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