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Nord-Sud N° 2491 du 22/10/2013

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Économie

Mamadou Sylla, chef de division Securel : «Pourquoi les marchés brûlent»
Publié le mardi 22 octobre 2013  |  Nord-Sud


Abidjan
© AIP par Mohamed Daniel Camara
Abidjan : Incendie dans une cour commune à Koumassi, un mort
Samedi 20 juillet 2013, Abidjan. Un incendie s`est déclaré en fin d`après-midi, dans une cour commune de Koumassi, faisant au moins un mort et d`importants dégâts matériel.


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Le Laboratoire du bâtiment et des travaux publics (Lbtp) vise à répondre aux problèmes techniques posés par la construction des ouvrages et infrastructures de génie civil et de bâtiments. Face aux nombreux courts-circuits à l’origine des incendies des marchés, Mamadou Sylla, de la division Securel, donne ici les raisons.



Pourquoi les marchés brûlent-ils en Côte d’Ivoire ?
Il faut indiquer que les incendies des marchés peuvent avoir plusieurs origines. Les feux peuvent être provoqués par des problèmes d’électricité. Ils peuvent émaner également d’un fait criminel. On ne peut donc pas de façon péremptoire affirmer que c’est pour telle ou telle raison que les marchés brûlent. Il faut donc faire un audit pour que de façon technique ou scientifique, on puisse situer les responsabilités.

Quelle est la procédure que suivent les opérateurs pour construire un marché ?
De façon générale, lorsqu’une mairie veut construire un marché, elle fait un appel d’offres pour d’abord trouver les sociétés capables de réaliser les grosses œuvres et ensuite tous les autres corps d’état qui interviennent dans la construction, notamment en matière d’électricité et de plomberie.

A ce premier niveau, un bureau d’études est sollicité. Il s’agit, entre autres, du Lbtp ou d’autres entreprises. Lorsque le Lbtp est choisi, nous faisons déjà des analyses sur les différents plans et schémas proposés pour la réalisation du projet. A partir de ce moment, nous décelons les éventuelles défaillances.

Nous pouvons voir s’il y a eu une cohérence concernant les schémas. Si nous jugeons que les études ont été bien faites, on passe à la phase pratique en ordonnant le démarrage des travaux. Si à ce niveau également, c’est notre laboratoire qui a été coopté, nous faisons du suivi. C’est dire qu’au moment où les travaux de construction ont lieu, nous vérifions si les câbles sont bien placés et s’ils ne vont pas occasionner des problèmes. Enfin, après les travaux, nous passons à la phase Securel, qui est celle du contrôle. Car avant de mettre sous tension toute installation, il faut un contrôle qui consiste à certifier que les installations sont aux normes.

A Abengourou, récemment, et dans la plupart des cas, ce sont les courts-circuits qui sont évoqués comme raison des incendies. Qu’est-ce qui explique la récurrence de ces défaillances électriques dans les marchés ?

Il faut remarquer qu’après les premiers contrôles, surviennent les installations anarchiques des commerçants. Ce qui fait que dans la plupart des cas, ces installations deviennent inadaptées à cause du surpeuplement des marchés. Comme le surplus de personnes qui s’installe a un besoin d’électricité, alors, il y a de nouvelles installations parallèles. Ainsi les différentes niches bien sécurisées au départ sont-elles utilisées abusivement. Conséquence, il y a des courts-circuits qui interviennent et entraînent des incendies.

Vous avez dit qu’il y a un suivi ou des contrôles lorsque le laboratoire est sollicité. Mais qu’en est-il lorsque le Lbtp n’est pas associé au projet ?
Si nous ne sommes pas sollicités au début, nous intervenons en tant que Securel à la fin. Dans ce cas, nous faisons une inspection qui amène à faire un rapport de conformité ou non. Tant que les installations ne sont pas conformes, nous ne délivrons pas les attestations Securel. Dans ce cas, le promoteur du marché ne peut pas mettre son bâtiment sous-tension comme l’impose la réglementation en vigueur.

Qu’est-ce qui explique qu’après toute cette procédure, il y a des incendies ?
Après avoir délivré l’attestation Securel, il faut voir tout ce qui se passe. Une installation, c’est comme une personne. Elle a une durée de vie déterminée. Mais, dans notre pays, une fois qu’on construit un bâtiment, on pense que cet édifice est bon pour tout le temps. Or, il devient vétuste. Du coup, il faut le plus souvent faire des audits récurrents des installations des marchés afin de les remettre à niveau.

Quelle solution préconisez-vous ?
Il faut que le gouvernement impose, à travers des textes, des audits des installations et autres bâtiments publics. Cela existe dans d’autres pays. C’est la solution idoine. Ce qui est obligatoire chez nous, c’est l’autorisation avant la mise sous tension. Il faut dépasser cette étape. Cela contribuera à prévenir tous les incendies des bâtiments et marchés.

Réalisé par Ahua K.

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