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Le Democrate N° 908 du 8/3/2014

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Agboville Le PDCI-RDA cherche sa voie
Publié le lundi 10 mars 2014  |  Le Democrate




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Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI-RDA) veut reconquérir Agboville, depuis qu’il a perdu la réalité du terrain au profit du Front Populaire Ivoirien (FPI, parti fondé par l’ex-président Laurent Gbagbo). Les dernières décisions issues du dernier congrès du parti d’Houphouët-Boigny et les clameurs que l’on entend du côté des militants, en disent long sur la farouche volonté du PDCI-RDA de reconquérir ce qui était sa chasse gardée sous Houphouët-Boigny et même Henri Konan Bédié.

Les décisions post-congrès

Au sortir du 12ème congrès d'octobre 2013, il avait été décidé qu'Agboville soit représentée par un seul délégué départemental au lieu de trois. Le choix de la direction s'était d'abord porté sur l'ex-maire d'Agboville, Aké Mbo, avant de se rétracter deux semaines plus tard, au bénéfice du bientôt octogénaire Ahouzi Achi Jules. A ses côtés, un délégué communal, le doyen Sotchy Aké Mbo Frédéric, à charge pour ce dernier, de s'occuper de la cité d'Agboville et des villages communaux.

« Ce n'est pas par hasard que Bédié a porté son choix sur moi », avait fait observer le dimanche 29 décembre 2013, M. Ahouzi, lors de la passation de charge avec le doyen Aké Mbo. M. Ahouzi était délégué départemental Agboville II, couvrant la seule localité d'Oress Krobou et Aké Mbo, délégué départemental Agboville I, coiffait Agboville commune et sous-préfecture, Guessiguié, Loviguié, Grand Morié, Cechi et Rubino. « Nous étions informés de cette décision avant d'aller au congrès », faisait remarquer le "vieux", Ahouzi.
Mais Aké Mbo estimera que la direction s'est trompée en rétrécissant son aire de travail, alors que quelques semaines plus tôt, il avait été confirmé par le même congrès délégué départemental de tout Agboville.

Sotchy Aké Mbo Frédéric a confessé qu'il peut se tromper quant à l'interprétation qu'il fait de la décision du président Bédié, seulement, dit-il, « la famille se nourrit de vérité et de réalité ».

Ce même dimanche-là, il a dit n'avoir pas saisi les raisons fondamentales qui ont prévalu entre deux décisions, deux moments, alors qu'il n'y a eu aucune plainte, ni expression de ressentiment qui aurait pu permettre aux cadres de se retrouver et suggérer à la direction du parti, des pistes et solutions.

« Si les réajustements du 29 novembre qui ont été opérés ont été qualifiés de juste et faits avec justesse, selon la direction du parti, la problématique est donc de savoir l'argumentaire qui a pu fonder la justice et la justesse de la décision du 18 octobre me concernant, dès lors qu'il n'y a eu aucune récrimination de qui que ce soi », a déploré Aké Mbo, plus de 60 ans, dont plus de 40 'offerts' au PDCI.

L’homme affirme avoir été parcouru par un sentiment de frustration et même de mépris, après 16 ans de coordination des activités des secrétaires de section du PDCI à Agboville. « S'il est avéré que je ne suis plus en mesure d'assurer cette responsabilité, on aurait pu me le signifier tout simplement », a fait remarquer l'ex-maire d'Agboville, qui pense que les gens se sont trompés.

Néanmoins, il dit accepter la décision du président Bédié, tout en ironisant qu'il « est heureux de constater que c'est à Agboville que la politique de la relève, se fait à contre sens ».

Le découpage qui avait été opéré donnait à Ahoussi Achi Jules d'avoir à gérer Agboville sous-préfecture, Azaguié, Rubino, Cechi, Grand Morié, Loviguié, Guessiguié et Oress-Krobou.

« Merci au doyen Aké Mbo de s'être vidé, car ce genre de contribution, le PDCI en a besoin, pour dépoussiérer le parti », avait réagit l'inspecteur Akué Georges Aimé, superviseur du parti pour la passation de charge. « Si nous nous taisons, notre PDCI, à l'image d'un immeuble trop lourd, finira par s'enfoncer », avait-il ajouté.

La recomposition des cartes

Ce cri du cœur semble avoir été entendu par le tandem Bédié-Guikahué qui a rétabli les choses avec justesse, en scindant finalement Agboville en quatre délégations départementales, suivant les localités sous-préfectorales et départementales.

Ahouzi Achi est ramené à Oress-Krobou (région d'origine). Le seul député-maire PDCI élu dans la région de l'Agnéby-Tiassa, Dessi Hubert, se voit confier les destinées des militants de Cechi-Rubino. Les localités d'Azaguié et Guessiguié ont été placées sous la responsabilité du diplomate Kotchy Prosper, ancien député d'Azaguié. Quant au doyen Sotchy Aké Mbo, il anime la délégation départementale d'Agboville commune et sous-préfecture, de Loviguié et Grand Morié.

Ce dernier mouvement a créé le soulagement chez les secrétaires de section. Nombre d'entre eux étaient sceptiques quant à la ''capacité physique'' du "vieux", Ahouzi, de mener le ''combat'' politique dans les villages reculés du département, avec meetings, rencontres et campagnes de sensibilisation.

« C'est notre vieux, mais vraiment, nous nous interrogions », insiste Pascal Hinda de la section d'Obodjiho Agboville 1. « Prochain challenge, rendre le RHDP (coalition politique au pouvoir, ndlr), avec un PDCI-RDA à la commande », a-t-il lancé.

Cette recomposition semble avoir rencontré l'assentiment de bon nombre de responsables locaux du plus vieux parti politique ivoirien. Chacun dit reconnaître l'impact réel de l'ancien maire d'Agboville dans cette cité, à 70 km d'Abidjan.

Quelle sera la réaction des sections PDCi-RDA d'Oress-Krobou, frustré par la nomination puis le 'déclin' de leur leader Ahouzi, que l'on dit ami très proche d'Henri Konan Bédié. Si pour l'heure, l'on n'a pas encore noté de réaction de ce côté, la position des militants de ce parti semble unanime sur un point, celui de l'absence de nomination de cadres aux postes de DG, PCA, PDG, ministre, etc.

« Ce qui est frappant, c'est qu'aucun cadre d'Agboville n'est nommé dans l'appareil étatique alors que nous sommes dans un ensemble qu'on appelle RHDP et nous (PDCI) avons des ministères dans lesquels on peut confier des postes de responsabilités à des cadres d'Agboville », a fait remarquer Aké Mbo, récemment dans un entretien à la presse.

Après la victoire de Bédié, Agboville attend toujours la promotion de ces cadres

« Il faut d'abord que nous soyons au pouvoir et que nous ayons notre gouvernement », aurait répondu un jour, le président Bédié.

Il aurait été sollicité par une personnalité Abbey d'Agboville, qui s'interrogeait sur l'absence de promotion des cadres de cette région, depuis avril 2011, avait révélé le samedi 28 septembre, le délégué départemental Agboville 1, l'ex-maire Sotchy Aké Mbo, harcelé par ces secrétaires de sections, sur le sujet.

Ce jour-là, tous les responsables locaux du PDCI-RDA qui avait pris la parole à la faveur du passage de Denis Kah Zion à la salle des fêtes d'Agboville, alors en campagne pour le candidat Bédié à la présidence du parti cinquantenaire, sont revenus à la charge.

« Que Bédié pense un peu à nos départementaux qui demeurent présent sur le terrain et dans le combat », a plaidé Edi Ekissi Adolphe, secrétaire de section de Sokoura Agboville 3, qui s'est pourtant montré peu tendre envers ses responsables politiques locaux, leur reprochant de n'avoir pas fait ce qu'il fallait pour empêcher Djédjé Mady (ancien secrétaire général et candidat à la présidence du Pdci) d'être face à Bédié.

Même son de cloche chez Yavo François de Grand Yapo, qui s'est voulu plus incisif. « Qu'on donne les moyens à nos délégués pour travailler ou qu'on les nomme », a-t-il dit, affirmant qu'Agboville est l'un des rares départements, parmi les 'zones phares' du pays, à ne compter aucun ministre, aucun directeur général (DG) ni président de conseil d'administration (PCA).

« Si l'humilité et la bonne éducation de nos délégués les empêchent de plaider, nous le faisons, car nous voyons et vivons la souffrance de ces derniers sur le terrain », avait dépeint le responsable local PDCI.

Hinda Pascal, secrétaire section Obodjiho Agboville 1, a enfoncé le clou. « Nos secrétaires de section sont souvent abandonnés, parce que le délégué départemental n'est pas soutenu », a-t-il affirmé.

Ils ont exhorté le président Bédié à faire la géopolitique à l'image d'Houphouët-Boigny. « HKB regarde un peu nos cadres, afin que ces derniers puissent nous aider sur le terrain », ont-ils dit. La réponse de Kah Zion, ce jour-là, fut empreinte de sagesse. « La préoccupation d'Agboville, concernant la promotion de leur cadre, est légitime ». Henri Konan Bédié, maintenant réélu, Agboville dit vivre l'espoir.

Source AIP

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