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Nord-Sud N° 2626 du 5/4/2014

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Contribution : “Même dans les hôpitaux privés, il y a des problèmes”
Publié le samedi 5 avril 2014  |  Nord-Sud




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Je voudrais apporter mon témoignage car j’ai vécu le même cas que la famille d’Awa Fadiga. Mon fils de 19 ans a été victime d’un accident de moto à Grand-Bassam, le 30 décembre 2012. L’hôpital de Grand-Bassam m’a appelé. J’y suis arrivé rapidement, cinq minutes après. Il était 22 heures. J’ai trouvé mon fils inconscient. Il était dans le coma. L’infirmier de garde m’a dit qu’on lui avait déjà fait une injection pour arrêter le saignement. Il avait un traumatisme crânien. On m’a dit qu’il fallait l’évacuer. Vu que l’ambulance était là, on l’a démarrée rapidement. Je suis monté avec mon fils et j’ai demandé au conducteur de nous déposer à cette grande clinique à l’entrée du Plateau. Partis de Grand-Bassam aux environs de 22 heures quinze minutes, nous sommes arrivés à destination une heure plus tard. Ils ont pris mon fils et ils m’ont demandé de passer voir la secrétaire pour remplir des fiches. Au secrétariat, la dame de service m’a demandé de déposer une caution de 1,5 million de FCfa. Je lui ai dit qu’il n’y avait pas de soucis. Mais vu que mon fils était dans un état critique, je voulais qu’on s’occupe rapidement de lui, le temps que je contacte mes proches pour réunir la caution. Elle ne cessait de me dire de déposer cette somme, avant qu’on s’occupe de l’enfant. Je l’ai suppliée, vu l’urgence. Quand ils ont fait entrer l’enfant à l’intérieur, je ne savais pas ce qui se passait. La dame me disait que je devais déposer l’argent, avant qu’on appelle le médecin qui n’était pas sur place. Elle m’a dit que mon fils devrait subir une opération à la tête. Nous sommes restés à négocier pendant près d’une heure jusqu’à ce que, par hasard, le pédiatre qui s’occupait de mon fils quand il était enfant, nous trouve au secrétariat. Il travaille aussi dans cet hôpital. C’est lui qui s’est porté garant pour qu’on s’occupe de mon fils. La dame ne m’a plus embêté. Elle a appelé le médecin, qui était censé être de garde, mais qui n’était pas là. Il était 23 heures trente. Le médecin n’est venu qu’à 2 heures du matin, c'est-à-dire le 31 décembre 2012. Je l’ai vu arriver de mes propres yeux. Le chirurgien a fini l’opération à 5 heures trente minutes. Je suis allé vers lui pour lui demander des nouvelles de mon fils. Voici la réponse qu’il m’a lancée en se dirigeant vers sa voiture : «  J’ai fait tout mon possible. Le reste dépend de Dieu ». Comme je n’avais pas dormi toute la nuit, je suis retourné à Grand-Bassam pour changer de vêtement. Je suis arrivé à la maison à 7 heures. Trente minutes plus tard, on m’a appelé pour me dire que mon fils était décédé. J’étais abattu et en colère. Ma fille aînée est allée s’occuper des procédures administratives. Elle a payé une facture pour pouvoir retirer le corps et l’envoyer à Ivosep. Mais elle n’a pas voulu me dire le montant. Ça fait mal de voir qu’on arrive à l’hôpital avec un malade dans un état critique et on vous demande d’abord une caution de 1,5 million.  Pourquoi pas 500 mille F ? Comment aurais-je eu 1,5 million sur moi, vu la précipitation des événements depuis l’hôpital de Grand-Bassam ? Si j’ai choisi cette clinique, c’est parce que j’étais conscient que je pouvais payer. Dans le cas de mon fils, il a bénéficié des premiers soins puisqu’on lui a fait le scanner, avant de conclure qu’il fallait l’opérer de la tête. Je livre mon témoignage pour dire que même dans le privé, il y a des problèmes. Contrairement à Awa Fadiga, mon fils a reçu les premiers soins. Il a subi le scanner. Mais entre le scanner et l’arrivée du médecin, il s’est écoulé au moins trois heures de temps. Notre famille n’a pas porté plainte car nous sommes des croyants musulmans. Mais vu l’affaire Awa Fadiga, ma conscience me disait de témoigner pour que les choses changent en Côte d’Ivoire. Quand j’ai lu l’affaire Awa Fadiga dans Nord-Sud Quotidien, j’ai compris la souffrance des parents. Cette histoire ressemble à la mienne, même si mon fils a subi le scanner à temps. L’arrivée tardive du chirurgien, qui a mis trois heures de temps, avant de se présenter, me désole beaucoup. Si l’opération n’avait pas tardé, si tout s’était bien déroulé et que mon fils finissait par mourir malgré tout, je l’aurai accepté. En Europe, on transporte les cas d’urgence en hélicoptère, et le malade est directement conduit en salle d’opération. Ensuite les parents viennent payer. La santé n’a pas de prix. Que tout le monde soit sensibilisé. 

Jaber Mohamed Waffi à Grand-Bassam

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