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Le Patriote N° 4310 du 7/4/2014

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Affaire «Awa Fadiga» : La parole libérée
Publié le lundi 7 avril 2014  |  Le Patriote


Le
© Autre presse par DR
Le manequin Awa Fadiga


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C’était en 2010. Le 17 octobre de cette année, Mohammed Bouazizi, vendeur ambulant dans la modeste ville de Sidi Bouzid se faisait confisquer son étal par un agent des forces de l’ordre. Face à cette injustice, le jeune homme a décidé de s’immoler. Un geste primitif de dépit, qui venait de raviver les souffrances endurées par une bonne partie de la population tunisienne depuis des années. Sans le savoir, Bouazizi venait, par son acte de bravoure, de lancer le début d’une révolte sans précédent, qui aboutira à la chute du Président tunisien, un mois plus tard. Puis indirectement, ce mouvement de contestation de l’autorité s’étendra à d’autres soulèvements en Egypte, en Libye et en Syrie. Depuis, l’immolation de ce jeune tunisien a changé le visage de son pays. Héro à titre posthume, il a mis à nue l’une des tares de nos sociétés africaines, principalement sur le comportement des agents des services publics.

Autres temps, autres mœurs, même réalité. La Côte d’Ivoire a connu, il y a deux semaines, l’affaire «Awa Fadiga ». Du nom de cette jeune mannequin, toute resplendissante de vie, victime d’un braquage présumé et évacuée au CHU de Cocody, puis décédée des heures plus tard, selon toute vraisemblance, sans avoir reçu toute l’attention que nécessitait son état. Cette tragédie qui, en d’autres circonstances, serait passée pour un fait divers dans les tabloïds, a plutôt fait les gros titres de la presse nationale.

L’affaire « Awa Fadiga » est donc devenue une affaire d’Etat, débattue même en conseil des ministres. L’émoi fut à la hauteur du martyre de cette jeune fille, abandonnée, selon ses proches et des témoignages d’agents du CHU, sans les premiers soins de l’urgence. Inutile de revenir sur les circonstances de ce drame qui fera date dans l’histoire de notre pays. Toutefois, il a suscité des réactions et une vive préoccupation des Ivoiriens à travers les réseaux sociaux, si bien que l’on pense avoir assisté à une mini-révolution sans que cela n’en donne l’air. C’est désormais clair : on ne peut plus rien faire dans ce monde, sans que cela ne soit su, sans être vu. En Tunisie, l’affaire Bouazizi a été découverte par l’activisme des réseaux sociaux. C’est ce qui est arrivé en Côte d’Ivoire. Sinon, combien de « Awa Fadiga » souffrent chaque jour que Dieu fait dans nos hôpitaux publics ? Combien de citoyens anonymes endurent-ils, au quotidien, l’arrogance et le mépris de fonctionnaires et agents de l’Etat dans les bureaux, les commissariats, à la justice, à la Fonction publique ? C’est indéniable ! Le gouvernement actuel a fait beaucoup d’efforts pour l’amélioration des services publics dans notre pays. Les ministres eux-mêmes sont désormais soumis à une déontologie qui définit, dans une charte, leur attitude vis-à-vis de la chose publique. Mais, que valent tous ces progrès si, à la base, des agents foulent aux pieds la déontologie, faisant tomber la pluie et le beau temps, face au « dieu argent ».

Le débat démocratique est donc ouvert. Désormais en Côte d’Ivoire, un pouvoir est né. Celui de l’Internet et des réseaux sociaux. Le sociologue Dominique Cardon disait à propos d’Internet qu’ «il a désenclavé l’espace fermement contrôlé et contenu de l’expression publique en l’ouvrant à de nouveaux énonciateurs. Le web, explique-t-il, a libéré la parole en donnant l’expression de contester l’autorité de ceux qui bénéficiaient jusqu’alors du monopole d’accès à l’espace public–journalistes, hommes politiques et experts ». Comme en Tunisie, les réseaux sociaux ont joué leur rôle d’alerte afin que les décideurs ne se contentent pas seulement de la voix officielle des rapports de circonstance. Souvent, il est vrai avec des excès et des accusations sans preuve, les internautes ont poussé les pouvoirs publics à réagir. Sans cette activité débordante sur la toile, en aurait-il été autrement ? Certainement, car les autorités du centre hospitalier aurait tiré la couverture sur eux. Sans état d’âme.

Une enquête promise par le ministre de la Santé est en cours. En attendant les résultats de cette action judiciaire, gageons que désormais, la société civile a sa voix. Plus rien ne sera caché. C’est aussi et surtout la preuve que notre pays, sur le chemin de l’émergence, ouvre de nouveaux chantiers pour la liberté d’expression. Sinon, dans une « dictature » comme certains s’amusent à le faire croire, l’on ne permettrait pas cela. L’affaire « Awa Fadiga » serait passée sous silence. Mais, sous le régime actuel, les Ivoiriens retrouvent de la voix, ils peuvent, sans crainte de représailles, dénoncer publiquement, l’action de l’Etat et demander des sanctions même à l’encontre d’un ministre du gouvernement sans risque de voir des escadrons de la mort encagoulés à leur domicile

PAR Charles Sanga

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