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L’intelligent d’Abidjan N° 3084 du 12/4/2014

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Les Samedis de Biton : La fin des Discours
Publié le samedi 12 avril 2014  |  L’intelligent d’Abidjan




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Quand un chef d’Etat, africain ou européen, part en visite dans un autre pays, il prévoit dans son programme une rencontre avec ses compatriotes. Le pays qui reçoit cite, rarement, dans ses actualités, ce programme comme s’il était privé. C’est en lisant la presse ou en regardant les chaines de télévision, du pays du chef d’Etat en visite, qu’on se rend compte de ce qui s’est passé. Un Chef d’Etat qui parle à ses compatriotes de l’étranger, égrène des paroles fortes et même prophétiques. De vraies courbes pour le développement dans lesquelles doivent s’inscrire les actions à entreprendre. Lors de la dernière réunion des chefs d’Etat de la CEDEAO, à Yamoussoukro, le Président Macky Sall a rencontré une forte délégation des Sénégalais de la Côte d’Ivoire. C’est à travers la télévision nationale du Sénégal que j’ai suivi, au cours d’un journal télévisé, les images et les discours. Celui du Président Macky Sall a retenu mon attention. Il a dit une phrase qui doit retentir dans toutes les couches des pays africains. Certes, il est rare qu’un chef d’Etat africain ne le dise pas, à ses compatriotes, au cours de son mandat, mais le fait de ne pas le répéter est préjudiciable au développement. A force de répéter les mêmes mots et les mêmes phrases, on finit par en faire un slogan galvaniseur. Tout comme le mot travail, devenu un mantra dans le conscient et le subconscient des ivoiriens. Et c’est justement sur la notion de travail que le Président Sall interpelle ses compatriotes. Voici ce qu’il dit depuis la terre de Félix Houphouët-Boigny : « Il faut que le pays travaille et que l’on arrête les discours ! et les grèves violentes. » Tout est dit en quelques mots. Que de progrès on pourrait faire sur l’arrêt ou la réduction des discours. On le sait et on le dit même avec une certaine fierté que les Africains sont issus de la tradition orale pour excuser les discours kilométriques qui n’ont aucune portée. Trop de discours, c’est une perte de temps et qui paralysent les énergies. Pas seulement les discours sur un podium mais les bavardages intempestifs dans tous les secteurs de la société africaine. On parle sans arrêt au détriment du travail. Nous sommes toujours dans l’Afrique de l’arbre à palabres. On meuble les heures de travail par des discussions et des bavardages pour masquer sa paresse et son manque de motivation. Je me souviens encore, comme hier, des propos d’un Président de la transition dans un pays africain. Assis dans son bureau, je l’ai écouté parler à son interlocuteur en disant pour conclure : « Quand est-ce que les gens travailleront-ils dans ce pays ? » Revenu vers moi, il fit une digression sur la mentalité de ses concitoyens qui préféraient le bavardage au travail. Et là encore c’était avant le printemps de la presse en Afrique et aujourd’hui, plus qu’hier, l’acte est à la parole. Les différentes Une contradictoires des journaux, sont une occasion de « discours » en longueur de journée. Surtout que très peu en liront le contenu. Comment mettre fin aux discours quand chacun pense détenir la potion magique de ce qu’il faut faire pour que son pays, son entreprise, donne des résultats satisfaisants surtout s’il n’est responsable de rien ? C’est avec une certaine candeur qu’on pose le regard sur ceux qui disent ou qui écrivent : « On doit faire ceci, on doit faire cela.» Sans détenir tous les paramètres de la chose sauf le privilège de s’asseoir dans un salon ou dans un bureau et ‘pontifier’. Ne parlons pas des réunions. Une vraie foire ou un marché. Il faudra faire, comme dans certaines entreprises américaines, enlever tout gout de bavardage aux uns et aux autres, en se tenant debout aux réunions. Souvent, quand on part pour une conférence, le temps que les organisateurs mettent pour les discours, dépassent celui de la conférence elle même. Vraiment on ne sort pas de la société de l’oralité. Si on a raté les siècles de l’écrit, pourrait-on rentrer dans celui des nouvelles technologies ? Avec les grèves violentes ou pas c’est le ralentissement dans le développement ou du cheminement vers l’émergence. C’est l’imitation des travailleurs occidentaux, notamment français. Dans le pays de Balzac, le privilège du travailleur est la grève même si son entreprise ou son pays doit reculer ou en pâtir. C’est porter des œillères que d’imiter les travailleurs occidentaux. Ils sont dans des pays déjà construits depuis des siècles. Ce n’est pas en Angleterre ou en Espagne qu’on fêtera, par des danses, l’inauguration d’un château d’eau ou pour la venue de l’électricité dans des contrées. En Afrique, malgré le progrès, nous sommes à des années lumière de l’Occident. On ne peut pas se permettre des grèves et surtout détruire des biens publics ou privés. Cela frise la jalousie. L’Etat ou l’entreprise saura s’en sortir en augmentant les prix ou les taxes. Eux ne perdront jamais mais plutôt ceux qui cassent. Dans notre trajectoire vers le développement il serait d’une grande intelligence d’imiter le travailleur japonais, en portant des brassards quand on est mécontent et qu’on veut faire la grève sans violence, sans casse. Ainsi va l’Afrique. A la semaine prochaine.

Par Isaïe Biton Koulibaly

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