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Inondation, éboulement, isolement des villages, …. / Au cœur de la détresse des populations de Grand-Lahou : Des morts, des populations coupées du monde, plusieurs maisons détruites
Publié le mardi 8 juillet 2014  |  L’Inter
Solidarité
© Abidjan.net par Marc Innocent
Solidarité : Anne Ouloto apporte son soutien aux sinistrés d`Attécoubé et Fresco
Samedi 28 juin 2014. Abidjan / Fresco. Après les dégâts causés par les pluies diluviennes de ces derniers jours, le ministre de la solidarité, de la famille, de la femme et de l`enfant Anne Désirée Ouloto a procédé à une remise de dons aux sinistrés des communes d`Attécoubé et Fresco.
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’’Du jamais, vu’’! C’est en ces trois mots qu’un homme d’une quarantaine d’années, suivant la délégation du député-maire sur le terrain, avant-hier dimanche, qualifie la catastrophe, qui s’abat sur le département de Grand-Lahou, ville côtière située à 130 km d’Abidjan. A l’image de la capitale économique ivoirienne, en effet, la cité des 3 eaux (lagune-bandama-mer) croule sous les eaux. Pis, avec de lourdes conséquences que subissent ses populations dans la détresse. Déjà, 5 morts ont été enregistrés, plusieurs blessés, de nombreux sans-abris, des villages inondés et des milliers de populations coupées du monde, les voies d’accès à leurs localités étant coupées par des courants de ruissellement sortis de leur lit. Triste est la situation dramatique qui se vit depuis une semaine dans la commune, voire le département de Grand-Lahou. Ville, qui a abrité, il y trois semaines, le vendredi 14 juin dernier, la célébration de la Journée mondiale de l’environnement et des océans organisée par le gouvernement. S’ils redoutaient l’érosion marine en passe de ronger la totalité de la vieille ville presque de moitié engloutie sous les eaux, les populations et cadres de Grand-Lahou, avec à leur tête le député-maire Djaya Jean, n’ont jamais prévu le scénario catastrophe, qui s’abat sur leur cité. Sur le terrain, l’émotion est à son comble, quand, dimanche, à la tête d’une forte délégation composée de cadres, des autorités militaires et des chefs traditionnels, l’élu local décide d’aller au contact de la réalité.

93 familles sinistrées dans la zone communale

Dans la zone communale, le drame se vit sur les flanc ravinés de la ville de Lahou, elle-même bâtie sur un terrain en hauteur. Au quartier ’’Ravin’’ -qui porte éloquemment son nom – les victimes se comptent en dizaines. CE sont pus de 93 familles qui se trouvent aujourd’hui privées d’abris. Vivant pour la plupart dans des habitats précaires, ces sinistrés ont vu leur maisons s’écrouler avec l’intensité des précipitations. Django, un habitant de ce quartier, n’a pas eu la chance de ses voisins. Lui qui a vu s’affaisser sur lui, sa pauvre bâtisse à Agoudam Extension (le vrai nom du quartier), construite sur un ravin bien prononcé. Sortis des graves avec de sérieuses blessures, l’infortuné a pu être évacué d’urgence sur Abidjan pour subir des soins que nécessite son état. Comme Django, Ouattara Lacina, résident du sous-quartier communément appelé ’’Quartier Lobi’’, a pu, de justesse, épargner sa progéniture du danger. Il a réussi, avec dextérité, à pousser ses quatre enfants hors de sa résidence au moment où celle-ci s’écroulait sous la pluie. Mais, ce digne père de famille a du faire le sacrifice de sa jambe droite, prise au piège des gravats, qui l’ont marqué d’une profonde déchirure, faisant de lui l’une des sérieuses victimes des dernières pluies diluviennes. Plus chanceuse que les deux premiers cités, Django et Ouattara Lacina, Awa Méliganda a manqué de peu de vivre le même drame. Elle, aussi, a vu s’écrouler une des maisons de sa résidence familiales, fort heureusement au moment où les occupants étaient encore au champ. Même fortune pour Toikeuse Gervais, dont l’épouse, sentant le danger, a eu le flair, in extremis, d’évacuer ses progénitures et quelques affaires chez le voisin, où le couple et ses sept enfants ont déménagé, depuis l’écroulement de leur habitat. «On a tout perdu», lâche, pitoyable, le père de famille, sur le passage du député-maire embarrassé par la situation de ces infortunés. C’est que pour la plupart, ces habitants sont des victimes de la crise post-électorale, qui se sont établies dans ces zones dangereuses, contre bonne fortune. Selon l’honorable Djaya Jean, depuis plusieurs mois, des messages ont été transmis pour sensibiliser ces populations à déguerpir de ces sites à risque. Mais, celles-ci persistent à habiter ces lieux dangereux. «Ils est difficile pour eux de quitter. Pour la plupart, ce sont des populations victimes de la crise. Ils nous posent un dilemme quand ils nous demandent: ’’on va aller où?’’», avoue, l’air embarrassé, le maire sur le théâtre du danger que défient ces populations de sa commune.

Braffèdon, le village des ’’Youlé’’, sous les eaux

Autre endroit, autre’ réalité. Cette fois, à l’embouchure, précisément à Braffèdon, village des ’’Youlé’’ - les star bien de la musique ’’Youssoumba’’ -, carrément sous les eaux. A l’image de cette localité, l’autre face du drame de Grand-Lahou, ce sont les villages en phase de disparition sous les eaux. En plus de l’érosion marine, qui a quasiment englouti la vieille ville, capitale de l’ancien Cercle de Lahou, la montée des eaux du continent est en train de causer de sérieux désastres sur la côtière. Même la voie menant à Dabou, le chef-lieu de région actuel, n’est pas épargnée, inondée par les eaux de la lagune trop pleine, débordant de son lit. CE phénomène est vécu avec beaucoup plus d’acuité par les populations de Grand-Lahou, dont la plupart des villages sont en bordures soit de la lagune, soit du fleuve Bandama ou de la mer. Ces trois eaux, en crue, ont dépassé le niveau de la terre, et inondent systématiquement les contrées voisines, dont les populations ne savent plus à quel saint se vouer. «Le phénomène se passe à deux niveaux. Il y a l’érosion marine, qui fait qu’il n’y a plus de réelle communication entre le fleuve Bandama et la mer pour évacuer les flux d’eau. Ensuite, aujourd’hui, toutes les eaux continentales créent un phénomène de retour. Ce qui occasionne un débordement et envahit la terre

pleine. Tous les ruisseaux et les rivières sont en crue et retrournent sur la terre ferme, parce que le Bandama est trop plein. Le niveau de la lagune est monté et se trouve aujourd’hui au niveau de la terre ferme. Tous les villages du littoral sont menacés. Il n’y a pas un seul village épargné par les éboulements. Il faut trouver un système de relocalisation”, explique le maire Djaya Jean, visiblement dépité par l’ampleur du phénomène que décrit, avec amertume, le chef du village de Braffèdon, enfermé à son domicile. “La lagune est montée plus haut que la terre. A chaque saison des pluies, ce sont des inondations. Mais, celle de cette année est particulière. Nous l’avons signalé au Conseil regional et à nos autorités municipales. Voyez, le village est totalement sous les eaux. Je ne sais même pas par quelle voie vous êtes passés pour vous vendre ici, chez moi. Jusqu’à présent, nous avons des inquiétudes chaque nuit, craignant que la pluie ne fasse des dégâts”, témoigne Nanan Jean Bogui qui redoute “la famine” à l’horizon, avec ces précipitations intenses et leurs conséquences sur les récoltes. “La famine frappe à nos portes, car après les pluies, toutes nos récoltes de manioc sont pourries. Au plan sanitaire, la resurgence du paludisme et des maladies liées au sang, telles que les anémies aiguës, est notre quotidien. C’est dur, aidez-nous” plaide le chef auprès de son élu. Même dans la partie forestière de Grand-Lahou, les populations ne sont pas épargnées.

Les morts de Kokrom et la détresse de Kpakpazè

Dans la forêt du Gôh, faisant frontière avec le pays Dida, il y a eu mort d’homme. Cinq au total, à Kokrom, localité de la sous-préfecture d’Ebounou, où l’on dénombre 43 famille sinistrées, victimes de l’écroulement de leurs maisons. A l’heure actuelle, il demeure encore impossible de se render dans ladite zone, enclavée et coupée du reste du monde, du fait de la piste devenue totalement impraticable. Situé à 5 km de la route principale et de la ville de Grand-Lahou, Kpakpazè vit le même isolement. Mais, cette fois, du fait du fort torrent de ruissellement de l’eau sortie de son lit, qui a détruit champs et plantations sur son chemin. Sur deux kilomètres, c’est une marre d’eau haute de plus d’un mètre par endroits, qui sépare les 7000 habitants de la forêt de Kpakpazè du reste du monde, depuis une semaine. Ces populations, enfermées chez elles, livrées à elle-mêmes, appellent au secours les élus et les bonnes volontés pour qu’ils leur viennent en aide. À l’aide d’une pirogue, et à la nage, Kouassi Kouadkou Simplice, président des jeunes du village, a réussi à venir à la rencontre de son maire pour lui exposer les difficultés et la tristesse qui se vit de l’autre côté de ce qui est devenu une rive pour la circonstance. “28 maisons sont tombées, dont la mienne. Je suis venu lancer un a ppel aux élus et cadres de la region, notamment le président du Conseil régional et le maire. Le courant de l’eau, trop fort, ne permet pas de rallier notre village coupé subitement du reste du monde. On est perdus, on n’a plus de maison. Au secours, les personnes de bonne volonté et le gouvernement. Venez-nous en aide. On ne sait à quel saint se vouer” lance le jeune planteaur en détresse, don’t l’appel est soutenu par le trésorier de la coopérative des producteurs de café-cacao, Soré Sayouba. “Nous avons plus de 10 à 15 hectares de cacao détruits par les eaux, qui ont eu un débit un peu plus fort cette année. Avec la route coupée, il est impossible actuellement de nous approvisionner en ville, d’évacuer les malades, les femmes enceintes ou nos produits agricoles, qui pourrissent dans les champs” relève M. Sayouba, qui réitère le message du jeune Simplice Kouassi. Au total, c’est un département dans la détresse, qui crie au secours, à côté des Abidjanais, qui vivent depuis quelques deux mois, les affres des pluies diluviennes. Les victimes se comptent en centaines de familles, et en plusieurs milliers d’individus à recaser pour prévenir d’autres morts en plus des 5 cas déjà enregistrés. “A l’heure actuelle, on ne peut pas évaluer les dégâts et le nombre exact des victimes, parce qu’on n’a pas d’accès à tous les villages”, a tenu à préciser aux journalistes qui ont effectué le déplacement pour être des témoins du drame de Lahou, le conseiller municipal en charge de la zone rural, M. Jules Aloka Ledjou.

Un comité de crise en action

Face à l’urgence de la situation qui prévaut dans sa localité, le député-maire de Grand-Lahou, en plus de la réactivation du plan Orsec (Organisation de secours: ndlr) par le gouvernement sous les auspices du préfet, a mis sur pied un comité de crise. Ce comité, géré par le chef traditionnel, Nanan N’Guessan Domique, a fait le bilan partiel du drame et ce qui se fait pour soulager les victimes. Outres les 5 cas de décès, le chef Dominique N’guessan annonce, dans l’urgence, 5000 à 7000 familles à recaser. Au plan sanitaire, le comité de crise relève les difficultés d’évacuation des malades et autres victimes des pluies diluviennes, en raison des voies coupées entre Grand-Lahou et San-Pedro et Grand-Lahou et Abidjan. Les cas urgents ne pouvant plus être évacués, cela crée des morts supplémentaires dans le silence. Au niveau des infrastructures, Nanan N’guessan et son équipe relèvent que tous les ouvrages de la commune, notamment les petits pont réalisés, ont été emportés par les eaux, les routes coupées, toutes les pistes rurales endommagées ou coupées, en plus des villages sans accès, isolés en raison de l’inondation. « Même les écoles primaires et secondaires ne sont pas épargnées ». A cela s’ajoute la centaine de maisons écroulées faisant des sans-abris à reloger, que le maire et son conseil ont confiés à des familles d’accueil, le temps de trouver une solution durable à leur problème. Pour ses sinistrés et ceux des villages coupés de la ville, la municipalité a procédé à des ravitaillements en vivres (riz, huile et diverses nécessités de base) pour leur permettre de tenir le coup. Une équipe du service socio-culturel de la mairie est à pied d’œuvre pour recenser toutes les victimes au cas par cas, en vue d’établir le plan d’intervention pour mieux les prendre en compte.



L’appel à la détresse du député-maire

« Tout ce qui est ouvrage est parti. C’est pratiquement l’ensemble du département qui est sinistré. Aujourd’hui, il n’y a pas une sous-préfecture où il y a des routes. Il y a des bébés qui naissent, même à des endroits à haut-risque. On a besoin de recaser entre 5000 et 7000 familles. Nous attendons d’obtenir la libération d’une partie de la palmeraie pour recaser les sinistrés ». La mort dans l’âme , mais debout pour faire face à la situation, toute activité cessante, le député-maire de Grand-Lahou est formel sur ce qui arrive à sa commune « Nous sommes dans une catastrophe naturelle », a déclaré devant sa population , l’honorable Djaya Jean, qui a choisi de bien désigner le mal pour lui appliquer la thérapie qu’il faut. Tout en saluant la réactivation du plan Orsec du gouvernement, l’élu de Grand-Lahou se réjoui des coups de fils reçus de membres du gouvernement pour le soulager, et appelle à la détresse pour obtenir de l’aide. Outre la prise en charge des sinistrés, qui nécessite des abris, des vivres, des couverts, des médicaments et autres dispositions en pareille situation, le député-maire s’inquiète notamment pour la santé de ses populations, avec la résurgence probable des maladies hydriques en raison de la montée des eaux. Aussi, en attendant le projet de construction d’une usine de traitement de 18, 9 milliards de Fcfa sur le Bandama pour ravitailler Grand-Lahou et ses environs en eau potable, il estime très urgent de renforcer le département en forage pour prévenir le choléra et les épidémies pouvant survenir . « Tous les marigots où les parents prennent de l’eau sont aujourd’hui affectés. De quoi faire craindre une épidémie de choléra et des maladies hydriques très dangereuses. Plus que jamais, c’est une urgence avec la situation dramatique, qui va entraîner des maladies hydriques. Tous les villageois du littoral sont menacés. Il n’ y a pas un seul village épargné de relocalisation. Nous avons aussi besoin de milliers de moustiquaires imprégnés pour prévenir le paludisme » a lancé le maire, qui espère en un ravitaillement de l’hôpital général en médicaments et moustiquaires imprégnés, non sans en appeler à la mise en place, avec célébrité d’un système, de secours et d’évacuation sur toute la voie d’Abidjan. Pour les familles à recaser, les regards de l’honorable Djaya Jean et de son conseil municipal sont tournés vers le programme des logements sociaux du gouvernement. Enfin, pour prévenir de façon durable le drame sur les flancs ravinés de la ville, le maire de Grand-Lahou suggère des mesures d’accompagnement pour aider les populations habitants ces sites dangereux à déguerpir. A propos, il demande une libération du site de la palmeraie à l’entrée de la commune, pour recaser tous les habitants mal logés, qui squattent la mort au quotidien.

F.D. BONY
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L’Inter N° 4827 du 8/7/2014

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