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Le 19 septembre 2002, début de la crise armée en Côte d’Ivoire, diversement célébré
Publié le vendredi 19 septembre 2014  |  AIP
Crise
© AP par DR
Crise post-électorale : opération d’exhumation de corps ensevelis dans des fosses communes dans le sous-quartier Doukouré de Yopougon.
Mercredi 25 janvier 2012. Abidjan, Yopougon quartier Doukouré, opération d’exhumation de corps ensevelis dans des fosses communes
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Abidjan – Des bonnes feuilles du livre à paraître d’André Silver Konan, "Les mystères du 19 septembre", aux "souvenirs" de Guillaume Soro en passant par l’hommage de Valen Guédé à Marcellin Yacé, les Ivoiriens commémorent différemment le 12ème anniversaire du début de la crise armée déclenchée dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002.

Cette nuit-là, des soldats avaient tenté de prendre le contrôle d’Abidjan, de Bouaké et de Korhogo. S’il y a eu échec à Abidjan, ce groupe armé est parvenu à occuper les deux autres villes pour prendre progressivement le contrôle de toute la moitié Nord du pays. Dix ans plus tard, la crise prenait fin par une élection présidentielle qui a débouché sur une grave crise soldée par plus de 3.000 morts.

Pour ce 12ème anniversaire, le journaliste-écrivain André Silver Konan publie sur sa page Facebook quelques passages de son prochain livre, "Les mystères du 19 septembre".

"Cher aîné, des individus viennent d’arriver au domicile du ministre Boga Doudou sis aux Deux-plateaux. Ils sont à bord d’un taxi compteur et d’une Peugeot 505. Des véhicules braqués. La veille, le ministre était rentré précipitamment de Paris où il effectuait une visite. Les dirigeants ont eu, en effet, vent d’un coup tordu qui se préparait. Hier, à 18h 30, Boga Doudou, après sa descente d’avion, a tenu une réunion d’urgence, d’une part, pour régler le problème de la détention de Sia Popo et, d’autre part, pour prendre des mesures conservatoires, en vue de parer à toute éventualité. Les individus qui sont arrivés chez le ministre commencent à tirer. L’attaque est violente. Les assaillants attaquent avec des kalachnikovs AK 47. Ils lancent des obus. Les guérites, les fenêtres, les portes de la résidence, les murs sont visés. Une roquette est tirée sur le bureau du ministre qui vise la chaise. La garde robe dans sa chambre est aussi visée. Les rebelles connaissent parfaitement la maison", écrit-il.

Sur le site www.guillaumesoro.ci, l’ancien patron des Forces nouvelles se réjoui du fait qu’à Bouaké, le souvenir des angoisses de la guerre s’estompe au fil du temps.

"Le programme présidentiel d’urgence (PPU) est passé par là et continue son œuvre dans la capitale de Gbèkè. L’éclairage public est désormais présent à grande échelle. Les voies entièrement bitumées, les édifices publics rénovés et les nouveaux locaux de la BCEAO sont en train de sortir de terre. Sur le nouveau site de cette banque sous-régionale qui sera désormais voisine au camp de gendarmerie, les ouvriers sont à pied d’œuvre", souligne l’actuel président du Parlement ivoirien.

"Au total, tous les secteurs d’activité tournent à plein régime pour soutenir le rythme du quotidien des populations de Bouaké. Ainsi, douze ans après le 19 septembre 2002, la capitale de Gbèkè affiche un nouveau visage, mais les populations retiennent deux faits majeurs. Elles se souviennent encore des premiers crépitements d’armes, des moments difficiles certes, mais retiennent l’action salvatrice et laborieuse de Guillaume Kigbafori Soro et de ses compagnons", se félicite-t-il.

Lyrique, Valen Guédé, lui, entonne un chant dans lequel il pleure le décès de Marcellin Yacé.

"En cette nuit du 18 au 19 septembre 2002, la ville d’Abidjan est prise en tenaille. Des chants, aux sonorités de ténèbres, envahissent la cité. Partout, l’on entend des mélodies inhabituelles. Des odeurs de poudre à canon entonnent l’hymne de la séparation. Et en cette nuit où les larmes de sang, provoquées par les armes de guerre, inondaient toutes les ruelles, résonnent de toutes parts dans le ventre de la nuit et du ciel, les trémolos incandescents de la mélodie du départ. En cette nuit, les cœurs battaient au rythme des chœurs de fusils d’assaut, de sifflements de plomb à détruire, tuer, assassiner des êtres innocents. En cette nuit, l’artiste-musicien, le plus doué de sa génération, avait pris rendez-vous avec le souterrain pays. En cette nuit, au croisement des chemins, à la hauteur de l’école de la gendarmerie, tomba, les mains nues, dans une embuscade, l’étoile illuminée de la musique ivoirienne. Comme une étoile filante, Marcellin Yacé dit "Synthé" déposa saxo, claviers, flûte et partitions devant l’école de la gendarmerie. La gendarmerie que son père Yacé servit avec dévouement et passion. "Il était saxophoniste émérite, le père de Marcellin et gendarme de profession. Pourquoi, après avoir bénéficié de ses loyaux services, la gendarmerie l’engloutit et ensuite son fils Marcellin? Ô ! Cruel destin que celui-là ! Au petit matin du 19 septembre 2002, toute la Côte d’Ivoire apprenait dans la douleur, la tristesse et l’affliction, la mort soudaine de Marcellin Yacé, l’artiste qui a écrit les plus belles partitions de la musique ivoirienne et de la musique tout court. En cette journée du même 19 septembre, déclamons une pensée pour Synthé", conclut-il.

Aaa/kkp/kp
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