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Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (Maca)/ Qui protège Yacou le Chinois ?
Publié le mercredi 15 octobre 2014  |  Soir Info
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Rarement un détenu aura, à ce point, défrayé la chronique. A la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan, Yacou le Chinois est ce qu’on pourrait appeler un prisonnier…de classe exceptionnelle. Ses frasques à répétition, ses extravagances l’ont élevé au rang de célébrité et il fait régulièrement les gros titres de la presse. Sur l’une de ses multiples photos disponibles sur internet, on l’aperçoit, dans la cour du pénitencier, visage d’ange, les cheveux nattés, téléphone de haute technologie en main. Yacou le Chinois, de son véritable nom Yacouba Coulibaly, est plus qu’une main de fer dans un gant de velours. Dans la prison, il fait office de chef de sécurité. Mais, ses agissements inclinent à penser qu’il est le vrai patron de la Maca. Il peut ainsi mener une expédition punitive contre tout détenu qui ne marcherait pas suivant les règles qu’il a édictées, s’opposer à l’exécution de n’importe quelle décision prise par l’administration pénitentiaire, ou encore mettre toute la prison en branle pour empêcher son propre transfèrement. Son dernier exploit date du jeudi 9 octobre 2014. Il se serait montré intraitable et particulièrement menaçant à l’encontre des responsables de la prison qui ont entrepris de muter une garde pénitentiaire avec qui il serait…en étroite amitié. Une source au sein de la Maison d’arrêt et de correction rapporte qu’il s’est répandu en invectives contre le régisseur, et a même porté main à un garde pénitentiaire. Récidiviste notoire, le comportement de Yacou le Chinois soulève des questions légitimes dans un pays structuré. Comment un détenu peut se révéler aussi puissant, aussi fort dans une prison, au point d’en entraver la bonne marche et narguer toute une administration ? Peut-on raisonnablement penser que les agissements de Yacouba Coulibaly échappent à la connaissance de la tutelle ? Peut-on, par ailleurs, exclure définitivement l’existence de quelque complicité ou connexion entre le trublion de la Maca et des maillons de la chaîne de responsabilité ? Qui donc a intérêt à ce que Yacou le Chinois, détenu du bâtiment C, celui des grands criminels, agisse en maître absolu et incontesté au sein de la Maison d’arrêt et de correction ? Ces questions et quelques autres sont probablement celles que se posent nombre d’observateurs. Eugène Nindorera, chef de la division des droits de l’Homme au sein de l’Opération des nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), tirait la sonnette d’alarme, fin mai 2014, sur les ondes de Radio France internationale. M. Nindorera évoquait une « situation inquiétante », celle d’un « détenu qui fait tout ce qu’il veut à l’intérieur de la prison ». « Yacou le Chinois, comme on le surnomme, c’est quelqu’un qui a le sentiment d’être au-dessus des lois et qui bénéficie de certaines protections. Il faudrait peut-être mettre fin à cette situation le plus rapidement. Et quels que soient les appuis qu’il a, il faut que les gens acceptent que tout se fasse conformément à la loi », martelait Eugène Nindorera sur la radio internationale. Le constat fait par le fonctionnaire onusien n’est pas parfaitement isolé. Des ONGs ont déjà alerté les autorités sur la menace que représente Yacou le Chinois, et conseillé que le détenu soit transféré vers une autre prison. Mais ces exhortations semblent se heurter, jusqu’ici, à cette terrible réalité : le Chinois est tout-puissant à la Maca et il faut plus que de la volonté pour l’en soustraire.

Kisselminan COULIBALY
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