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Après l’obtention du report du congrès: Que peut vraiment Affi face aux « Gbagbo ou rien » ?
Publié le jeudi 11 decembre 2014  |  Le Sursaut
Conférence
© Abidjan.net par Atapointe
Conférence de presse de Pascal Affi N’Guessan, président du FPI
Mardi 09 décembre 2014. Abidjan. Le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi anime une conférence de presse relative à la crise qui secoue son parti.
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Le congrès du Fpi est reporté à la saint glin glin comme le réclamait ouvertement Pascal Affi N’guessan lors de sa conférence de presse du mardi. Place au bras de fer face à une décision de justice que ses opposants contestent

C’est un homme sûr de son fait qui affirmait sans sourciller que le congrès de son parti serait reporté, le temps que la tension baisse. Il avait attaqué en justice la décision du comité de contrôle qui validait en sa séance publique du 26 novembre dernier la candidature de Laurent Gbagbo. Dans le même temps, il décidait de poursuivre devant les tribunaux les auteurs du courrier attribué à Laurent Gbagbo. Enfin, il introduisait une saisine du tribunal aux fins d’un report du congrès. Vu sous cet angle-là, il n’est pas exagéré d’affirmer qu’Affi remporte une bataille face à ses adversaires, le juge l’ayant suivi. Il remporte une bataille mais éloigne en même temps l’échéance de sa probable perte du contrôle du Fpi. Ce parti qu’il veut encore avoir avec lui pour s’affirmer et faire admettre sa vision du monde. En se mettant sous le manteau de la justice ivoirienne, l’encore président du Fpi croit trouver là le moyen de se prémunir contre toutes les armes de ses adversaires qui ne lui pardonnent plus ses « errements » et veulent clore la phase de la crise commencée en juillet dernier par le congrès tel que recommandé par un groupe de médiation qui s’était invité dans les affaires du Fpi. Affi avait prévenu de ne pas se laisser faire quand il a flairé les premières velléités de sa déstabilisation envisagée par ses camarades alors qu’il venait de sortir de prison. L’ancien premier ministre est à la manœuvre et dit clairement à qui veut l’entendre qu’il assume sa part de « travail de modernisation » du Fpi qui, de son avis, doit sortir de « l’adolescence » pour épouser l’air des temps nouveaux. L’abandon des ressentiments, la réconciliation, la conciliation avec les grands du monde sans complexe ni honte. A-t-il tort ? Pas vraiment mais il est à se demander si Pascal Affi N’guessan ne se trompe pas de parti et s’il ne va pas vite en besogne. La question de la « modernisation » du Fpi sera certainement traitée au futur congrès. Mais en attendant, ce que ses camarades demandent à Affi N’guessan, c’est le respect scrupuleux des principes de base du parti. L’un des principes sacro-saints étant que les décisions se prennent de façon démocratique et elles doivent s’appliquer sans légèreté. Affi a-t-il été toujours fidèle à ce principe de base ? L’histoire récente est là pour le dédouaner ou le condamner.

« Il peut reporter le congrès mais ce n’est pas nous qu’il va diriger »

En externe, Affi remporte, certes, une bataille parce que l’Etat se donnera toujours les moyens pour faire respecter sa décision de report du congrès. Mais en interne, il lui sera difficile de s’imposer. La fronde contre Affi pourrait encore s’intensifier avec ce dernier épisode du feuilleton de la crise interne. « Il peut reporter le congrès mais ce n’est pas nous qu’il va diriger », s’énervait une militante dès l’annonce de la décision de justice. Il n’est pas exclu que ce sentiment se propage pour renforcer le camp des « Gbagbo ou rien ». Et pour ne rien arranger à sa situation, le comité de contrôle, organe de veille dirigé par le professeur Hubert Oulaye a déjà donné le ton en déclarant qu’Affi aura à répondre de ses actes au congrès. Mais avant, il est sommé de convoquer un comité central pour s’expliquer sur l’assignation en justice. Sur recommandation du comité de contrôle, il avait jusqu’à hier mercredi pour le faire. Cela ne fut pas le cas. Justement c’est à ce niveau que se situe l’une des difficultés du président du Fpi. Au comité central, ses adversaires sont majoritaires. En démontre le résultat du vote de septembre dernier sur le cas du représentant du Fpi à la Commission électorale indépendante (Cei). Comment pourrait-il désormais regarder ses camarades en face ne serait-ce même pour parler d’apaisement ? L’exercice ne sera pas aisé tant les divergences se sont accentuées avec « les Gbagbo ou rien ». Ceux-là qu’il traite désormais de « patrimonialistes » qui veulent le parti pour eux seuls.

L’épouvantail de la justice comme preuve de trahison ?

Face à l’épouvantail de la Justice, une seule parole est aux lèvres de ses camarades d’en face : « Affi est allé trop loin ». Pourtant, il s’en défend, arguant que c’est parce que les institutions de son parti sont en crise qu’il n’a pas d’autre choix que d’ester en justice. Mamadou Koulibaly n’est pas arrivé à cette solution extrême. Tout se passe désormais comme un bras de fer entre Affi et ses camarades. Toute chose qui renforce le sentiment de ces derniers que leur président est en mission de destruction du Fpi dans sa volonté de « tourner la page Gbagbo », en s’appuyant sur ses alliés du pouvoir Ouattara. Ses marges de manœuvres deviennent du coup très minces et l’on s’imagine si certains de ses camarades sont aussi déterminés à aller jusqu’au bout et s’il n’y aura pas d’autres défections après celle de son directeur de la communication Franc Anderson Kouassi, début décembre. Pour sûr, comme le clame un membre de la direction du Fpi, les textes du parti vont régler le « problème ». En attendant le congrès, instance suprême, le comité central pourrait prendre des mesures conservatoires contre le président. Les jours à venir seront déterminants.

S. Debailly
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