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Politique Publié le mercredi 17 décembre 2014 | AFP

La Côte d’Ivoire a besoin d’une justice "équitable", selon le chef de la Commission réconciliation

© AFP Par Atapointe
Politique/CDVR: Charles Konan Banny face à la presse
Après avoir remis le rapport de sa mission à la tête de la Commission Dialogue Vérité Réconciliation, Charles Konan Banny a animé ce mercredi 17 décembre 2014 une conférence de presse à sa résidence privée à la Riviéra.
Abidjan - La Côte d’Ivoire a besoin d’une justice "équitable" après une décennie de crise politico-militaire qui a fait des milliers de morts, a affirmé mercredi le président de la Commission vérité et réconciliation ivoirienne.

"Il faut qu’il y ait une justice, mais il faut qu’elle soit équitable. Les Ivoiriens ont le sentiment qu’elle ne l’est pas", a déclaré Charles Konan Banny, le président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR), lors d’une conférence de presse.

La justice ivoirienne est régulièrement accusée d’être une "justice des vainqueurs" par la société civile et l’opposition favorable à l’ex-président Laurent Gbagbo, détenu à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI) depuis plus de trois ans.

La Côte d’Ivoire a connu entre 2002 et 2011 une longue période de crise politico-militaire, qui a culminé avec les violences postélectorales de 2010-2011, nées du refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite face à l’actuel président Alassane Ouattara fin 2010.

Plus de 3.000 personnes ont péri en cinq mois, selon la justice ivoirienne, qui attribue plus de 700 morts aux éléments pro-Ouattara et le double aux pro-Gbagbo.

Mais seuls deux des 150 inculpés pour les plus graves violences survenues durant la crise postélectorale appartiennent au camp Ouattara, relevait la semaine dernière la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) dans un rapport.

Les procédures judiciaires doivent être "accélérées", dans une optique de "réconciliation", a en outre estimé M. Banny.

Des "décisions d’opportunité politique", permettant d’"alléger la rigueur de la loi", doivent à l’inverse être prises pour les auteurs de délits, a-t-il ajouté.

Des centaines de prisonniers de la crise sont détenus depuis plusieurs années sans que leur dossier n’ait avancé, dénonce régulièrement la société civile. Plusieurs dizaines d’entre eux observent une grève de la faim depuis le 1er décembre.

Charles Konan Banny, qui fut Premier ministre en 2006-2007, s’est récemment déclaré candidat à l’investiture de son parti (PDCI, membre de la majorité) pour la présidentielle de 2015, à laquelle est candidat M. Ouattara.

La CDVR a remis lundi son rapport final au chef de l’Etat.

La FIDH a critiqué une institution qui n’a "pas tenu ses promesses". Faute de retransmission télévisée, les audiences de victimes et de bourreaux de septembre dernier ont eu un impact "confidentiel", selon l’ONG.

"L’effet de catharsis" recherché n’a pas eu lieu, a reconnu mercredi M. Banny.

jf/eak/tmo
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