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Côte d’Ivoire: le parti pro-Gbagbo plus que jamais divisé après le procès de la crise post-électorale
Publié le lundi 16 mars 2015  |  AFP
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© Abidjan.net par Didier assoumou
Comité central ordinaire du FPI: le président du parti anime une conférence de presse
Samedi 7 Mars 2015. Abidjan. le président du Front Populaire Ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan a animé une conférence de presse à la suite du Comité central ordinaire du fpi qui s’est deroulé au siège provisoire du parti à Attoban au Deux Plateaux.
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Abidjan - L’issue du procès de protagonistes de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire a avivé les querelles au sein du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ex-président Laurent Gbagbo, dont les dirigeants ont écopé de peines diamétralement opposées.

Parmi les 79 personnes jugées pour leur rôle dans la crise meurtrière de
2010-2011, l’ex-Première dame Simone Gbagbo a été condamnée mardi dernier à 20 ans de prison.

Deux dirigeants du parti comparaissaient à ses côtés : Pascal Affi
N’Guessan, son président depuis treize ans - très contesté en interne et dont l’éviction a été annoncée durant le procès - et Abou Drahamane Sangaré, un proche de Laurent Gbagbo, désigné comme son remplaçant.

Le premier, contre qui deux ans ferme avaient été requis, a été condamné à 18 mois de prison avec sursis. A l’inverse, M. Sangaré s’est vu infliger un peine beaucoup plus sévère : cinq ans fermes contre seulement 14 mois requis.

Tous deux ont jusqu’à lundi pour se pouvoir en cassation, la procédure
d’appel n’existant pas en droit ivoirien pour des décisions prises en cour
d’assises.

En attendant, la grande disparité des peines fait grincer des dents au sein du FPI.

"Je suis en droit de m’interroger alors que quelqu’un qui était à la tête
du parti bénéficie d’une telle clémence", tandis que M. Sangaré, qui n’avait "aucune fonction officielle", a été condamné "bien plus lourdement", peste Alphonse Douati, cadre du FPI, qui dénonce les "accointances" d’Affi N’Guessan avec le pouvoir.

Deux camps s’opposent au sein de la principale formation d’opposition,
plongée dans une crise profonde à sept mois de la présidentielle, à laquelle le chef de l’Etat sortant Alassane Ouattara est candidat.

D’un côté, les "gbagbistes", fidèles de Laurent Gbagbo - écroué à la Cour
pénale internationale (CPI) à La Haye -, qui font de sa libération "le coeur
de la stratégie de lutte du parti". De l’autre, les "affistes", qui aspirent à
s’investir dans le jeu politique et à participer au scrutin derrière Pascal
Affi N’Guessan.

La condamnation de ce dernier à une peine avec sursis lui permettra de
satisfaire cette ambition.

"Affi" a multiplié les rencontres avec les autorités ivoiriennes au nom de
la réconciliation après la crise post-électorale de 2010-2011, causée par le
refus de l’ex-président de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara à la
présidentielle de novembre 2010. Les violences firent plus de 3.000 morts.

Mais ses adversaires critiquent un "ralliement" au régime actuel. Selon
eux, le verdict clément rendu à son encontre en est la preuve éclatante.
"S’il y a une chose qu’on ne peut ignorer, c’est que la clémence s’applique à quelqu’un ayant des comportements collusoires avec le pouvoir", ironise ainsi Alphonse Douati.

- ’Connivence’ -

Le quotidien Le Temps, pro-FPI, qui soutient les "gbagbistes", titrait
d’ailleurs mercredi : "La connivence entre Affi N’Guessan et le régime se
confirme". Un site internet de la même tendance dénonçait cette semaine "le verdict de la trahison".

"C’est faire preuve de cynisme que de penser que quelqu’un qu’on considère comme innocent doive être lourdement sanctionné pour prouver qu’il n’est pas de connivence avec le pouvoir", se défend Pascal Affi N’Guessan auprès de l’AFP.

"Le fait que je sois dans le dialogue avec le pouvoir ne signifie nullement
que je suis de connivence avec lui", insiste-t-il.

Le président contesté du FPI a assigné devant la justice des pro-Gbagbo
pour faire "frapper de nullité" son éviction de la tête du parti. En décembre, Affi avait déjà obtenu par ce biais l’annulation d’un congrès où devait être élu un nouveau président.

"Le FPI n’échappera pas à son éclatement", pronostique le politologue Jean Alabro, pour qui le verdict va "accélérer la décomposition" du parti.

La décision de la cour d’assises d’Abidjan, derrière laquelle se trouve "la
main du politique", "s’explique à l’aune d’une volonté assez incroyable du
pouvoir de se créer un opposant avant l’élection", observe-t-il. Or Pascal
Affi N’Guessan aspire, selon lui, à "tourner la page Laurent Gbagbo".
Les "gbagbistes" restent très mystérieux quant à leur volonté de participer à la présidentielle d’octobre, quand "Affi" est un candidat assuré.

Les partenaires de la Côte d’Ivoire font de la présence du FPI une
nécessité pour que toutes les tendances politiques soient représentées au scrutin, qualifié de fondamental pour la stabilisation du pays.

jf/dom/de/jlb
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