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Art et Culture

50 ans du cinéma ivoirien: les cinéastes exigent une restriction des films ‘’minables’’ à Cannes et au Fespaco
Publié le vendredi 27 mars 2015  |  Le Sursaut
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Réalisé en 1964 en noir et blanc par Timité Bassory, «Sur les dunes de la solitude» (32 mn) est le premier film ivoirien qui a inscrit la Côte d’Ivoire sur la liste des pays producteurs de films. Cinquante (50) ans après, le spectateur observe une «précocité» du réalisateur qui signait en 1967 le long métrage «La femme au couteau». La même année, Georges Kéita réalise «Korogo», une fresque à base de légende populaire qui est le premier téléfilm ivoirien.

1964 – 2015, «le cinéma ivoirien, c’est beaucoup plus de téléfilm que de long métrage», a constaté le réalisateur Adama Coulibaly (Arentess de Bonalii). Au nom des cinéastes de Côte d’ivoire, il a rendu hommage aux pionniers et artistes de l’image et du son qui, par leur œuvres, ont fait connaitre la culture ivoirienne et ont apporté au pays «une plus value inestimable pour la perpétuation de l’éveil des consciences». S’il constate une relative jeunesse des cinémas africains depuis 1950 voire 1960, le porte-parole des cinéastes s’est permit un diagnostic du cinéma ivoirien. Pour le réalisateur, le cinéma est confronté à un manque de moyens et de structures adaptées pour avoir une production cinématographique de qualité. Outre le parc insuffisant des salles, la distribution, selon lui, des films échappe à toute sélection. S’il est d’avis que le numérique viendra donner une «seconde jeunesse» au cinéma à travers les réalisations des «enfants de Léonard Groguhet» - Akissi Delta, Djuedjuessi, Lea Dubois, Marie Louise Asseu (…), il attire l’attention sur les «séries trop nombreuses et de piètre qualité». Président du jury Long métrage pour les Prix spéciaux au à la 24è édition du Fespaco à Ouagadougou, Adama Coulibaly ne cache pas que celles-ci «nuisent à l’expansion de ce cinéma et laissent la production ivoirienne sur la touche des grands festivals». Initiateur du Festival international Gpact, Adama Coulibaly requiert une valorisation des festivals dont le Festilag de Naky Sy Savané et les Leonards. Lauréat en 1995 de la première édition de Clap Ivoire, Arentess de Bonalii invite à une mutualisation des expertises, l’encadrement des jeunes et la favorisation de la coproduction. Portant une réflexion sur l’avenir du cinéma en Côte d’Ivoire, le réalisateur exige de l’Office nationale du cinéma dirigé par le cinéaste Fadika Kramo Lanciné une «bonne application de la nouvelle loi sur le cinéma et une restriction sur la participation de certains films minables à des grands rendez-vous tels que Cannes et le Fespaco». Au ministère de la Culture et de la Francophonie, les cinéastes veulent que soit extirpé dans leur domaine les «brebis égarées». Aussi ont-ils souhaité l’appui institutionnel et administratif et l’instauration de la carte professionnelle. Pour que leurs films soient vu et leur travail apprécié, les cinéastes ont milité pour l’ouverture des salles de cinéma et la production des films de qualité.
«50 ans du cinéma… ! Ça se fête», c’est le slogan de la célébration du 7è art ivoirien à l’Institut français d’Abidjan. Du 24 au 28 mars, outre des ateliers de formations une programmation de films retrace les grands moments de l’histoire cinématographique ivoirienne.

Koné Saydoo
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