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CONARIV: les grands chantiers qui attendent Mgr Ahouana
Publié le jeudi 2 avril 2015  |  Le Sursaut
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© Autre presse par DR
Mgr Paul Siméon Ahouanan Djro, l’Archevêque métropolitain de Bouaké
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La création de la Commission nationale pour la réconciliation et l’indemnisation des victimes (Conariv), par le président Alassane Ouattara, est une lueur d’espoir pour les victimes de la crise postélectorale 2010. Mgr Ahouana, nommé à la tête de cette institution a du pain sur la planche, au regard des nombreux défis.

Réparation et indemnisation des victimes constituent l’un des piliers essentiels au cœur de la réconciliation et de l’instauration d’une paix durable. Vérité sur laquelle s’accordent tous les experts. Il est donc important que des mécanismes de prise en charge soient mis en place pour que les droits des victimes soient respectés et leur dignité restaurée. C’est dans ce souci que le gouvernement a institué plusieurs structures étatiques. La dernière en date, est la Commission nationale pour la réconciliation et l’indemnisation des victimes (Conariv), structure faîtière dirigée par l'archevêque métropolitain de Bouaké, Mgr Paul Siméon Ahouanan. «Cette commission a pour objet de parachever ce que la Commission dialogue, vérité et réconciliation n’a pas pu faire. Pour l’accomplissement de sa mission, elle dispose aussi de cellule administrative et technique. Les victimes n’ont pas été indemnisées. Donc, il faut continuer de recenser toutes les victimes. Après cette phase, on passe à la phase d’indemnisation. En réalité, il y a deux phases. Il y a d’abord la phase de consolidation du fichier des victimes des crises survenues en Côte d’Ivoire et il y a la phase d‘indemnisation des victimes et de restitution de biens », indiquait la porte-parole adjointe du gouvernement, ministre de la Communication, Affoussiata Bamba-Lamine, le jeudi 26 mars. Pour rappel, l’Etat a posé les bases de l’indemnisation des victimes à travers la création d’une direction en charge des victimes de guerre et d’un Programme national de cohésion sociale. A cela s’ajoute la prise en charge médicale des victimes, la réhabilitation et la reconstruction des infrastructures publiques et privées endommagées. La cerise sur le gâteau est la somme de 10 milliards de Fcfa de prévue dans le budget 2015, par le président Alassane Ouattara, en vue de l’indemnisation des victimes de la crise postélectorale de 2010. Il appartient donc à Mgr Ahouanan et à la Conariv de mettre en application la volonté de l’Etat. Cependant, cette tache est loin d’être aisée. Pour plusieurs raisons.


Le calvaire des victimes
Car en dépit des prémices du dédommagement, c’est la croix et la bannière pour les victimes. Qui vivent dans la précarité selon Simplice Anon, 1er vice-président de la Covoci (Confédération des organisations des victimes de la crise ivoirienne). « La pitance alimentaire fait défaut pour de nombreux foyers. Des blessés ont encore des balles dans leur corps, des handicapés physiques sont devenus des mendiants, les veuves et les orphelins sont désormais des laissés pour compte » avait-il révélé le jeudi 29 janvier à la faveur de la cinquième édition des rencontres baptisées « Les jeudis des libéraux » à la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté. Une édition qui avait pour thème « la prise en charge des victimes des différentes crises ivoiriennes, le regard des associations de victimes de guerre ». La multitude de structures de tutelle constitue l’un des obstacles à l’indemnisation des victimes. Obstacle que Mgr Ahouanan devra surmonter pour éviter tout conflit de compétence.

Harmoniser le fichier

C’est pourquoi, l’harmonisation des fichiers s’avère incontournable. Vu les attentes et le nombre important de victimes. Qui est réellement victime de guerre ? Qui doit être indemnisé en priorité ? Des questions auxquelles Mgr Ahouanan devra trouver des réponses. Car la Cdvr avait annoncé 72 000 victimes tandis que les associations indiquent 130 000 matyrs. « Il existe un problème de listes des victimes à approuver. Il faut donc harmoniser tout cela. Puis, une définition de la qualité de victime s’impose avant d’établir véritablement le mécanisme de prise en charge des victimes » indiquait Mme Koné Marétou, directrice, coordonnatrice du Pncs.

Les 10 milliards divisent

En toute logique, la somme de 10 milliards Fcfa prévue par l’Etat de Côte d’Ivoire dans le budget 2015 en vue de faire face aux préjudices causés par la crise postélectorale de 2010, devrait revenir à la Conariv.

Cela dit, la gestion de cette importante somme a longtemps divisé les autres structures de tutelle. Comme le révélait Simplice Anon . « Nous avons assisté, à certains séminaires, à des discussions houleuses entre les représentants de ces structures de tutelle qui tournaient autour de la question : qui doit gérer le fonds des victimes ? Qui doit avoir la paternité de la réparation des victimes ? » Avait-t-il regretté. Encore une fois, Mgr Ahouanan doit contenter ces entités qui, du reste, ont plus d’expertise dans ce dossier.

Soutien aux victimes et non une indemnisation
Pour finir, l’archevêque métropolitain de Bouaké et les présidents des associations de victimes devraient s’accorder sur le vocable approprié. Ces derniers réfutent le terme indemnisation. Estimant que le fonds de 10 milliards doit être considéré bien plus comme « un fonds de soutien aux victimes et non un fonds d’indemnisation ». En effet, une vie perdue, un fils mutilé, un mari tué ne pourront être rendus même par l’indemnisation financière la plus importante. Pour dire que cette indemnisation ne doit pas être perçue comme une aumône mais plutôt un droit. Cet avis est partagé par Issiaka Diaby, président du Collectif des victimes de Côte d’Ivoire (Cvci). En somme, la Conariv doit continuer de recenser toutes les victimes comme le stipule la mission qui lui est assignée. L’indemnisation proprement dite des victimes viendra donc en dernier recours. C’est dire que les victimes devront faire preuve de patience. La réparation des préjudices qui leur ont été causés n’est pas à l’ordre du jour.

Cyrille Nahin
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