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Vafi Koné, président de la Confédération des syndicats des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest (Cscrao): « Nous souhaitons la suppression du délai de séjour de 90 jours entre les Etats de la Cedeao »
Publié le mercredi 26 aout 2015  |  Le Sursaut
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Le président de la Confédération des syndicats des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest (Cscrao), Vafi Koné, est à la fin de son deuxième mandat. Avant de remettre son fauteuil en jeu, il a accepté de nous éclairer sur son bilan et les difficultés que rencontre la confédération. Entretien.

A un an de l’expiration de votre mandat, quel bilan pouvez-vous faire ?
Mon bilan est positif dans la mesure où après ma première élection en 2008, la Confédération des syndicats des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest (Cscrao) a eu beaucoup d’activités. Notre organisation a au moins 15 ans d’existence. Et le premier congrès a eu lieu le 25 octobre 1998 à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso. A cause des crises dans certains pays de la sous-région, nous n’avons pas pu faire le congrès à temps. Pendant les 12 ans, nous n’avons pas pu faire de réunion en Côte d’Ivoire. Sous sa présidence, la Confédération comprenait seulement cinq pays (le Burkina, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Niger et le Ghana). Aujourd’hui, nous sommes à 15 pays. C’est avant tout une organisation sous-régionale. Nous n’avons pratiquement pas de ressources financières. Seuls deux pays ont payé leurs cotisations. Ces ressources ne peuvent même pas nous permettre de tenir une conférence de presse. Nous avons fait 4 réunions au Mali. En 2009, nous sommes allés au Sénégal. C’est dans ce pays que nous avons eu le financement de la Cedeao. A Cotonou, nous avons eu la confiance de la Cedeao, qui nous a permis d’avoir un accord pour la libre circulation des personnes et des biens. Nous avons parcouru les corridors Abidjan-Lagos, avec un meeting à chaque frontière. Nous avons pu même démanteler le corridor calvaire de Sinmin Kraké, le plus dangereux de l’espace Cedeao. Le commissaire de police des lieux nous a déconseillé d’y tenir un meeting. C’est un corridor où, malgré les formalités en bonne et due forme, un groupe nommé ‘’Les Krimés’’, des intraitables, l’équivalent des « coxers » en Côte d’Ivoire, détenait six barrages. Avec notre témérité, nous avons réussi à démanteler leur réseau. Nous avons ensuite fait des propositions à nos Etats. En 2012 à Cotonou, le Bénin nous a demandé de parler à tous les routiers. Les résultats nous ont permis de nous rendre compte de la cherté des cars voyageurs. Un car qui quitte Abidjan avait de fortes chances d’atteindre Lagos en 6 jours ou plus. Pour 1.300 kms à peu près. Les frais de route montaient à 1.500.000 Fcfa parfois. Mais aujourd’hui, notre combat a ramené la somme à 200.000 francs. Imaginez-vous que sur 1.300 kilomètres existaient près de 500 barrages. Soit un barrage tous les six kilomètres. Nous avons proposé des solutions visant un contrôle groupé des forces de l’ordre (douane, Eaux et Forêts, police et gendarmerie). Elles font leur contrôle au départ (à la gare). Et s’assurent que tout est en ordre. Alors la douane scelle le coffre jusqu’à ce que le car arrive à destination. Si à un corridor les forces de l’ordre se rendent compte que le cordon scellé est coupé, le chauffeur paye une amende. Cette mesure nous a apporté la sécurité. Le lancement a été fait en 2013 en Côte d’Ivoire. Nous sommes allés à Cotonou pour en faire autant. La Côte d’Ivoire a été choisie parce que 10 pays y font du transport. Et elle fait frontière avec 5 pays. Aussi 3 pays ont-ils une ligne directe quotidienne avec notre pays. C’est au moins 6 cars qui prennent le départ pour Lagos chaque jour. Quand nous avons mis en place ce système, le gouvernement ivoirien nous a accompagnés. Le projet a pris de l’envergure. Il est même allé au-delà de nos espérances. Aujourd’hui, les barrages ont disparu. Car aucun car ne passe par la main des indélicats. A présent, un car qui quitte le matin Abidjan arrive à Lagos le lendemain. Soit 4 jours de gagné. Nous en avons auparavant discuté avec les responsables d’une grande compagnie qui nous ont répondu que nous nous permettons le rêve, quant au projet. Nous avons réussi à leur grand étonnement. Une compagnie qui paye 200 mille francs en aller et retour au lieu de 3 millions de francs ne peut que se réjouir. Maintenant le contrôle est rapide et la circulation fluide.

Est-ce cette mesure que vous avez baptisée la campagne ‘’Stop’’ ?
Oui. Trop de noms trottinaient quant à l’appellation. Mais au finish la Cedeao a changé le nom pour l’appeler ‘’Le mécanisme régional’’. Aujourd’hui nous sommes tous satisfaits. Lors d’une réunion avec cinq pays, la Côte d’Ivoire a été félicitée pour l’initiative prise.

Vous avez dit que vous n’avez pas d’argent. D’où avez-vous tiré ces fonds qui vous ont permis de réaliser toutes ces performances ?
Nous n’avons pas eu de financement. Ce sont nos propres fonds qui nous ont permis de faire toutes ces choses. Nous sommes endettés. On a actuellement besoin de financements. Il nous faut de l’aide des décideurs. Les problèmes de transport sont plus liés à la voie terrestre. Or c’est dans ce secteur qu’il y a plus d’entrée de personnes et de biens. Mais elle n’est pas sécurisée. La voie aérienne est par contre sécurisée. Quand il y a une guerre, ce sont les chauffeurs qui sont les plus exposés et les grands perdants. Souvent, ils se retrouvent hors de leur pays et en danger.

Vous avez en outre lancé un manifeste. Qu’en-est-il ?

Le manifeste fait partie du package dénommé ‘’Le mécanisme régional’’. Il s’occupe des personnes. Et le reste s’occupe du car qui, généralement, est saisi quand on découvre une grave anomalie telle la saisie de stupéfiants. Le package consiste à contrôler les bagages d’un côté et les personnes de l’autre.

Combien de pays ont adhéré au manifeste ?

Je dirai plutôt ‘’Le mécanisme régional’’ puisque c’est un package. Tout y est incorporé. Pour plus gagner de temps, tous ont adhéré. Puisque le projet arrange tout le monde. C’est le Niger qui est un peu réticent pour le moment. Il a lancé une circulaire qui dit qu’il faut un passeport pour y arriver maintenant à cause de la situation sécuritaire là-bas.

Cela ne fait pas partie des accords de la Cedeao ?
Non ! Il faut le signifier, jusqu’à aujourd’hui la carte d’identité au Mali se remplit à la main. Egalement au Niger. Au Ghana par exemple, la carte d’identité n’existe pas. Par contre la carte d’électeur est ce qui a cours là bas. Donc les jihadistes au Niger profitent pour venir faire les leurs dans les villages, pour s’infiltrer facilement et attaquer. La seule solution pour le gouvernement est de faire présenter la carte d’identité d’origine. Même pour plus de vigilance, on demande aux Nigériens des campagnes qui viennent en ville de brandir leur passeport. Ça perturbe encore le projet dans ce pays.

Quels projets comptez-vous mettre encore à exécution avant la fin de votre mandat ?

Ils sont nombreux. Il y a le combat pour les infrastructures routières que nous menons. Il faut l’ouverture de voies de communication entre Etats. Par exemple, il n’y a pas de voies entre la Côte d’Ivoire et le Liberia. La Cedeao n’est plus une communauté. C’est un peuple. Si les voies de communication n’existent pas, le racket va être de mise. Nous souhaitons la suppression du délai de séjour qui est de 90 jours. Sur la question je crois qu’elle est près d’être résolue. Quand un camion fait une panne, pour la réparer on peut mettre plus de 90 jours. Donc le chauffeur sera frappé par la sanction. Au niveau des pièces de véhicule, nous souhaiterions que ce soit uniforme. Certains pays comme le Niger, pour avoir beaucoup d’argent, préfèrent faire des pièces de six mois de validité. Si sa voiture a une panne longue ici en arrivant dans son pays, il est sous la sanction de péremption. Nous demandons aussi la suppression des cartes de vaccination.

Réalisée par Clément KOFFI

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