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Les samedis de Biton : Quand plus devient moins
Publié le samedi 10 octobre 2015  |  L’intelligent d’Abidjan
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Le mercredi soir, je me suis rendu, comme tous les quinze jours dans mon salon de coiffure habituel pour réduire mes cheveux. Dans les années 70, la mode était à beaucoup de cheveux sur la tête. Je payais même des produits pour avoir de nombreux cheveux. Ma mère trouvait qu’on ne voyait même plus mes yeux fermés par ma chevelure. C’était la mode. Aujourd’hui, je dirai même que c’était l’aliénation. Notre génération copiait tout ce qui venait de Paris ou New-York. Nous étions sous l’influence des chanteurs occidentaux et il faisait bon de copier leurs tenues vestimentaires et leur « vilaine » coiffure. La jeunesse africaine, actuelle, est encore plus aliénée qu’à notre époque. Elle copie sans discernement tout ce qui vient de la poubelle de l’Occident. A leur niveau, la tenue ne joue pas beaucoup mais c’est la mentalité qui a pris un coup. Elle, encore plus l’enfant adultérin que l’Occident, a fait à notre mère l’Afrique comme pour prendre une expression du romancier Gilbert Cesbron qui fut l’un de mes écrivains préférés à cause de ses thèmes conçus pour évangéliser ses lecteurs. Comme dans la plupart des salons de coiffure le client doit subir des bruits assez forts de musique ou d’émission de radio. Le mercredi, la radio était captée sur une radio qui faisait intervenir ses auditeurs sur la réussite de l’individu malgré le handicap la pauvreté des parents. L’un des auditeurs m’a fait sursauter par ses propos. Pour lui, avant était mieux qu’aujourd’hui. Toutes les générations ont trouvé qu’avant a été toujours mieux. Mais, elles ignorent superbement les causes ou la cause principale. Et le drame de l’Afrique et des Africains se situe dans leur manque de curiosité livresque. Les problèmes de l’emploi que nous assistons à travers le continent ont été déjà signalés par René Dumont, dans son livre : « L’Afrique noire est mal partie. » Un ouvrage qui a été longtemps un ouvrage de chevet pour moi avant qu’il ne disparaisse de ma bibliothèque. Tout ce que l’Afrique rencontre, aujourd’hui, comme difficultés, a été déjà vu d’avance dans les années 60 par ce visionnaire. A chaque fois que j’en parlais à des amis, disons à deux amis, l’un Camerounais, l’autre Malien, de très grands économistes, mondialement connus, ils raillaient René Dumont qu’ils traitaient « d’agronome. » C’est une tendance des économistes africains de se croire supérieurs à tous ceux qui ne sont pas de leur matière. Certes à un moment donné, après l’administratif pour gérer, la place est venue aux économistes, mais aujourd’hui, pour toute performance, la priorité est accordée à la communication, aux communicants. Tout ne se trouve pas dans les chiffres. Félix Houphouët-Boigny ne cessait de le chanter . L’homme est si divers, différent et multiple qu’il faut plusieurs paramètres, dont l’économie et encore plus, la communication pour le diriger vers le développement. René Dumont avait eu raison de dire que la démographie galopante des pays africains sera un frein puissant à leur développement. On disait tous qu’il ne voulait pas que les Africains fassent des enfants. Mais l’agronome, sans être économiste, savait compter. Si vous aviez beaucoup d’argent et que vous le partagiez entre dix personnes vous donnerez moins à chaque personne par rapport au partage entre trois personnes. Le manque de travail est dû essentiellement à la démographie galopante et hors de tout contrôle. Dire qu’avant tout était facile et qu’on donnait beaucoup gratuitement aux élèves, aux étudiants est un manque de connaissance ou de mauvaise foi. Dans une famille le père qui gâtait son premier enfant se trouve dans l’incapacité d’en faire pour les trois autres qui vont naître à moins que ses revenus aient quintuplé. Aucun Etat du monde ne peut distribuer gratuitement à tous, sauf à instaurer ce qui paraît impossible, c’est-à-dire le communisme. On doit finir définitivement, si on cherche à comprendre ou bannir la mauvaise foi, avec cette comparaison ridicule d’avant était mieux pour les élèves, les étudiants et les jeunes en matière d’emploi. Le nouveau monde exige que la jeunesse n’attende plus rien de sa famille et de l’Etat. Le monde d’aujourd’hui met tout à leur disposition pour se soustraire de la main tendue. Notre monde s’ ''américanise''. Se prendre soi-même en charge. Créer sa propre structure, sa propre entreprise, en s’associant à d’autres ayant la même aspiration. Avec l’informatique et l’Internet aujourd’hui est nettement mieux qu’avant. Ainsi va l’Afrique. A la semaine prochaine.

Par Isaïe Biton Koulibaly
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L’intelligent d’Abidjan N° 3493 du 10/10/2015

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