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Politique: Alassane Ouattara sera-t–il le père du développement démocratique en Côte d’Ivoire ? Décryptage !
Publié le lundi 9 novembre 2015  |  Partis Politiques
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© Présidence par DR
Le Chef de l’Etat a présidé le premier Conseil National de Sécurité de son second mandat
Le Président de la République, S.EM. Alassane OUATTARA (photo), a présidé, ce jeudi 05 Novembre 2015, au Palais de la Présidence de la République, le premier Conseil National de Sécurité de son second mandat.
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Le mardi 3 Novembre dernier, SEM Alassane Ouattara a été investi Président de la République de Côte d’Ivoire, pour la deuxième fois, en présence de MM. Affi N’guessan , Kouadio Konan Bertin et d’autres candidats malheureux à la dernière élection présidentielle. La Côte d’Ivoire revient de loin, de très loin même! Il a fallu 25 ans au pays de feu Félix Houphouët Boigny pour parvenir à organiser une élection présidentielle sans heurts et dont les résultats sont acceptés de tous. Félicitations au gouvernement, à la Commission électorale, aux partis politiques, aux candidats, bref, à toute la population ivoirienne. La dernière élection présidentielle pacifique – sans coups de fusils, sans morts - avec la participation de l’opposition remonte à l’année 1990, sous Félix Houphouët Boigny. En 1995, les partis d’opposition d’alors, le FPI et le RDR réunis au sein du front républicain, avaient « boycotté » l’élection présidentielle.

En 2000, le général Robert Guei, après le putsch militaire de 1999, avait réussi à écarter de la course présidentielle les poids lourds de la scène politique qu’étaient SEM Henri Konan Bédié et SEM Alassane Ouattara dans une optique de se maintenir au pouvoir. Les institutions en place avaient accepté la candidature de M. Laurent Gbabgo. À l’issue du scrutin, les deux hommes se disputèrent le pouvoir.

L’ancien syndicaliste et professeur, M. Laurent Gbabgo, réussit à mettre ses partisans dans la rue,
appuyés par des chars de combat. Après plusieurs jours d’affrontement, les médias avaient annoncé plusieurs morts, dont une partie fut découverte dans un charnier d’une cinquantaine de corps à Yopougon. Selon les investigations, la plupart des victimes étaient des ressortissants du nord de la Côte d’Ivoire. « L’ère Gbabgo » venait de commencer avec le massacre de musulmans et de nordistes. Le Président Gbagbo gouverna dix durant sans organiser d’élections présidentielles. Durant son règne, le pays s’éloigna d’année en année de la démocratie tant souhaitée par la majeure partie de la population.

En 2010, sous la pression de la communauté internationale et après plusieurs tergiversations, le
Président Gbagbo accepta d’aller aux élections avec ses opposants. Le premier tour s'est déroulé le 31 Octobre 2010. Le scrutin fut considéré comme la première élection libre depuis l'indépendance du pays en 1960. À ce premier tour, quatorze candidats ont participé. S’y retrouvaient en tête de cette première partie électorale : Laurent Gbagbo (38,04 %),  Alassane Ouattara (32,07 %) et  Henri Konan

Bédié (25,24 %). Le 28 Novembre de la même année, le second tour opposait les deux premiers
candidats. À l'issue de ce tour crucial, SEM Alassane Ouattara fut proclamé le 2 décembre 2010
4e Président de la République de Côte d'Ivoire avec 54,10 %, par la Commission Électorale
Indépendante. Toutefois, M. Yao Paul N’Dré, alors Président du  Conseil constitutionnel, invalida les résultats dans plusieurs régions du nord du pays et proclama la réélection de Laurent Gbagbo avec 51,45 %. Tous deux prêtèrent serment le 4 décembre 2010 plongeant le pays dans une guerre politico-militaire. Résultats dramatiques : 3 000 morts suivis du transfert de M. Laurent Gbabgo au Tribunal pénal international où il attend un probable jugement. Cinq ans plus tard, la Côte d’Ivoire se relève lentement. Mais les attentes sont élevées et les besoins énormes. Le peuple ivoirien attend beaucoup d’ADO. Les activités économiques reprennent graduellement et la performance économique est encourageante dans plusieurs secteurs d’activités. Les institutions du Breton Woods multiplient les éloges à l’égard du Président Alassane Ouattara et de son gouvernement. Avec un taux de croissance de 9,8% en 2012, la Côte d’Ivoire fait rêver l’Afrique. Le mérite des dirigeants ivoiriens et particulièrement du Président Alassane Ouattara, c’est d’avoir réussi à relancer l’économie ivoirienne cinq ans seulement après une décennie de crise. Sous le leadership du Président Ouattara, la Côte d'Ivoire est en voie de redevenir la locomotive économique de la sous-région. Toutefois, la pauvreté reste élevée et, surtout, la croissance n’a pas été assez créatrice d’emplois. Il reste encore beaucoup de travail à réaliser dans ce domaine. Le taux de chômage reste élevé chez les jeunes. Réalisme oblige, en dix ans, le bâtisseur

Ouattara ne peut couvrir les besoins de tous. Dix ans de gouvernance et de bonnes intentions s’avèrent peu pour l’industrialisation d’un pays, même si plusieurs parlent de deuxième miracle ivoirien! Cependant, durant ce second mandat, le Président Ouattara peut créer des institutions démocratiques (fortes) capables d’assurer une industrialisation du pays. En effet, l’économiste indien Amartya Sen, prix Nobel d’économie en 1998, disait que l’agent économique est aussi une personne morale que sont les institutions. Amartya Sen estime que l’absence de démocratie, de libertés publiques peut empêcher une partie de la population à se procurer des biens de consommation primaires; évoquant ainsi l’importance de la démocratie dans le développement des nations. Certes, il est difficile de corréler « démocratie et développement ». Toutefois, le constat semble aujourd’hui qu’un processus de démocratisation entraine ou accompagne un processus de développement. Tel que disait Dr. Ladji Tikana il y a quelques années, la Côte d’Ivoire a eu son père de développement économique, feu Félix Houphouët-Boigny. La Côte d’Ivoire est à la recherche de son père de développement démocratique. Parlant de « démocratie », nous pensons à la démocratie au sens large du concept : démocratie politique – liberté d’expression; démocratie judiciaire; démocratie économique – redistribution équitable de la richesse. Tout cela passe par la mise en place d’institutions fortes. ADO sera-t-il le père du développement démocratique? Le Président a la capacité d’être le messie tant souhaité de la
démocratie en Côte d'Ivoire au regard de son expérience de la gouvernance, du parcours politique, son ouverture d’esprit et de sa lucidité. Il vient de prouver une fois encore en invitant les candidats malheureux à l’investiture du 3 novembre. En outre, l’environnement politique général de la Côte d’Ivoire se prête favorablement à la mise en marche d’institutions fortes. Le climat politique s’est apaisé grâce au gouvernement et à Alassane, principalement. Le climat politique général semble ‘’dépassionner’’. La population semble reléguer désormais la politique au second plan.

La Côte d’ivoire s’éloigne des années de passion politique qui ont conduit à la guerre civile. Au regard des potentialités économiques et du dynamisme de sa population, la Côte d’Ivoire aspire à la démocratie- au sens large du thème – et le développement industriel suivra. Voilà comment ADO saura laisser une autre emprunte, un autre héritage à l’Ivoirien nouveau.

Par Dr. Moustapha Bamba

Canada
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