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TANG Weibin, Ambassadeur de Chine en Côte d’Ivoire: Saisissons l’opportunité pour porter la coopération sino-ivoirienne à un niveau plus élevé
Publié le samedi 14 novembre 2015  |  Ambassade
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© Ambassade par DR
Ambassadeur de la chine en Côte d`ivoire , S.E.M Tang Weibin
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En juin dernier, de Dubaï, je suis arrivé en Côte d’Ivoire pour ma prise de fonction en tant qu’Ambassadeur de Chine. Je me suis réjoui de constater la verdure de la nature et le dynamisme du peuple ivoirien. J’ai appris qu’en Côte d’Ivoire, le vert signifie non seulement l’espérance, mais aussi la certitude d’un devenir meilleur.

La Côte d’Ivoire a connu la gloire et le malheur. L’histoire est un miroir. Depuis son entrée en fonction en 2011, le gouvernement du Président Ouattara n’a ménagé aucun effort en matière de restauration de la paix, de promotion de la réconciliation nationale, de développement économique et d’amélioration des conditions de vie du peuple. Je note pour preuves des réalisations notables et un écho favorable de la communauté internationale.

Au mois d’octobre dernier, l’élection présidentielle s’est déroulée de manière apaisée et S.E.M. Ouattara a été réélu Président de la République en obtenant la majorité absolue des suffrages exprimés, ce qui permet de renouveler la confiance du peuple ivoirien et celle de la communauté internationale. En choisissant la paix et le développement, la Côte d’Ivoire est en train de tourner la page de la crise post-électorale et marche à pas de géant sur la voie de la construction d’un pays émergent. Je tiens à exprimer encore une fois de plus mes sincères et chaleureuses félicitations à S.E.M. Ouattara et au peuple ivoirien. A travers des efforts persévérants, cette terre de paix qu’est la Côte d’Ivoire verra, j’en suis convaincu, le redressement d’une grande nation et un avenir plus radieux.

En tant qu’amie et partenaire de la Côte d’Ivoire, la Chine se tient toujours fermement à ses côtés. Depuis l’établissement des relations diplomatiques entre nos deux pays en 1983, nos relations bilatérales ont connu un développement remarquable. Elles sont entrées dans une phase d’intensification rapide depuis 2011. Je vous donne quelques exemples. Premièrement, les visites de haut niveau se sont multipliées. Le Président de la République, S.E.M. Alassane Ouattara et le Président de l’Assemblée Nationale, S.E.M. Guillaume Soro ont effectué, respectivement en 2012 et en 2013, une visite en Chine. De plus, nos Ministres des Affaires Etrangères ont réalisé un échange de visite. Deuxièmement, notre coopération économique et commerciale a enregistré des avancées considérables. La partie chinoise a donné son appui à plusieurs grands projets dans les domaines tels que la construction des infrastructures et l’amélioration du bien-être du peuple. Il s’agit, entre autres, de la construction en cours du barrage hydroélectrique de Soubré, de la réalisation de l’autoroute Abidjan-Grand Bassam, de l’alimentation en eau potable de la ville d’Abidjan, de l’extension du Port autonome d’Abidjan et de la réhabilitation du réseau électrique national, dont le montant du financement varie de 100 millions à 1 milliard de dollars US. Tous ces projets ont généré ou généreront d’énormes profits socio-économiques. En même temps, l’assistance chinoise, la coopération en matière d’investissement et les échanges commerciaux entre nos deux parties se sont amplifiés de manière considérable. La Chine constitue le premier investisseur de new money et le troisième partenaire commercial de la Côte d’Ivoire. Troisièmement, les échanges humains, culturels et éducatifs se sont intensifiés. Le nombre d’étudiants et de bénéficiaires de formations en Chine ne cesse d’augmenter. Comme l’Institut Confucius en Côte d’Ivoire a été inauguré, de plus en plus d’amis ivoiriens auront l’occasion d’apprendre le chinois sans aller en Chine.

Certains amis étrangers ont voulu savoir pourquoi la Chine a accordé tant de grands projets à la Côte d’Ivoire, et quels sont les bénéfices qu’a apportés la Côte d’Ivoire pour contrepartie à la Chine? Pour la dernière question, je propose aux lecteurs de la poser directement aux amis ivoiriens. Ici, j’aimerais répondre à la première question qui est très simple :

Premièrement, nous considérons toujours le renforcement de la solidarité et de la coopération avec les pays en développement, surtout les pays africains, comme la base importante de la diplomatie chinoise. La Chine est le plus grand pays en développement dans le monde et l’Afrique, le continent qui regroupe le plus grand nombre de pays en développement. Une Chine développée représente une opportunité pour l’Afrique, et une Afrique développée, en revanche, bénéficiera à la Chine. Et si toutes les deux sont développées, alors le monde ne sera que bien meilleur.

Deuxièmement, la Chine œuvrera toujours à contribuer au développement planétaire et poursuivra fermement la voie du développement partagé. Elle entend partager ses expériences et opportunités avec tous les pays du monde et se réjouit de les voir prendre le train express du développement chinois. La coopération sino-africaine sur les capacités de production contribue non seulement à accélérer l’industrialisation de l’Afrique et à renforcer ses capacités d’auto-développement, mais aussi à promouvoir la restructuration et la montée en gamme de l’économie chinoise, ce qui nous permettra de partager des bénéfices mutuels et de bâtir une communauté d’intérêts. La Chine se félicite de travailler ensemble avec les Etats-Unis, la France et d’autres pays industrialisés à la promotion et à l’accélération de l’industrialisation africaine.

Après de nombreux échanges avec les amis ivoiriens au cours de ces derniers 4 mois, j’ai mesuré profondément les attentes de l’ensemble de la population ivoirienne pour renforcer notre coopération et nos échanges. Les relations sino-ivoiriennes recèlent d’énormes potentialités de développement et il nous reste beaucoup de travail à accomplir.

Premièrement, intensifier les échanges de haut niveau. Le Sommet du Forum sur la Coopération sino-africaine et la Conférence ministérielle auront lieu en décembre prochain à Johannesburg. Parmi ses invités distingués figure S.E.M. Ouattara. A la mi-décembre, Monsieur WANG Jiarui, Vice-Président de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC) et Ministre du département international du Comité central du Parti communiste chinois, effectuera une visite en Côte d’Ivoire. Cela va jouer un grand rôle d’orientation politique dans le renforcement de nos relations bilatérales et va insuffler une nouvelle dynamique à notre coopération. Parallèlement, nous continuons d’animer les visites croisées de haut niveau, notamment celles des ministres, dans le but de renforcer la confiance politique mutuelle et d’approfondir notre coopération dans de multiples domaines.

Deuxièmement, enrichir la coopération en matière de grands projets. Les grands projets entre nos deux parties se trouvent notamment dans le domaine des infrastructures qui constituent la base de l’essor économique des pays africains et la condition préalable de leur industrialisation. La Chine et l’Afrique doivent promouvoir ensemble la construction du réseau ferroviaire à grande vitesse, du réseau autoroutier et du réseau de l’aviation régionale ainsi que l’industrialisation, en vue de réaliser l’interconnexion africaine. Le gouvernement du Président Ouattara accorde les priorités de tous ses deux mandats à la construction des infrastructures et aux projets qui ont une incidence sur le bien-être social. Dans ce cadre, la Chine ne cessera pas d’accroître sa participation à la mise en œuvre des projets dans les domaines tels que le transport, l’énergie électrique, la télécommunication et le réseau de canalisations des villes. Cela dans le but de créer des conditions plus favorables à la promotion de l’interconnexion africaine et de l’intégration régionale, au développement économique de la Côte d’Ivoire ainsi qu’à l’amélioration des conditions de vie du peuple ivoirien.

Troisièmement, développer le commerce pour en accroître la quantité et la qualité. Au cours de ces dernières années, le volume du commerce entre la Chine et la Côte d’Ivoire a connu une croissance rapide, enregistrant une valeur de plus de 1.4 milliard de dollars en 2014. Cependant, cela ne représente que 0.6% de l’ensemble du commerce sino-africain. Nous pouvons améliorer notre commerce bilatéral en travaillant dans les deux sens suivants. D’une part, accroître sa quantité. La Côte d’Ivoire est parmi les plus grands producteurs du cacao, du café, de l’anacarde, de la mangue et de l’ananas à l’échelle mondiale ou africaine, néanmoins, les Chinois ne le connaissent pas assez bien. A titre d’illustration, le marché chocolatier de la Chine maintient toujours une croissance de 10% à 15% au cours des dernières années, avec une taille de 2.7 milliards de dollars réalisée en 2014, recelant ainsi de grandes potentialités au niveau du marché et de l’industrie chocolatiers. Il nous faut chercher à promouvoir l’exportation ivoirienne des produits agricoles de bonne qualité vers la Chine. D’autre part, améliorer sa qualité. L’année dernière, l’investissement chinois vers l’Afrique a franchi le cap de 30 milliards de dollars. Nous devons nous efforcer d’encourager les investisseurs chinois à renforcer leur présence en Côte d’Ivoire et à transformer les produits agricoles en vue d’en ajouter les valeurs et, par ailleurs, les encourager à s’installer dans la zone industrielle PK24. Nous espérons que la Côte d’Ivoire continuera à améliorer son climat des affaires, à mettre en œuvre plus de politiques favorables et à prendre des mesures concrètes pour assurer la sécurité ainsi que les droits et intérêts légitimes des entreprises et des personnels chinois.

Quatrièmement, promouvoir les échanges et la coopération en matière de culture et d’éducation. Il y a beaucoup d’espace de développement dans le domaine des échanges humains par rapport aux attentes des deux peuples et au potentiel de nos relations. Nous devons travailler pour faire en sorte que les échanges culturels se réalisent de manière régulière et dans une plus grande envergure, augmenter le nombre d’étudiants ivoiriens en Chine et former davantage de personnes qualifiées pour la Côte d’Ivoire, assurer le bon fonctionnement du premier Institut Confucius logé à l’Université Félix-Houphouët-Boigny et envisager en ouvrir un deuxième et un troisième, promouvoir les échanges et la coopération entre les organisations de jeunesse et de femmes ainsi qu’entre les ONG de nos deux pays.

Le deuxième quinquennat du Président Ouattara a été lancé, tandis que la mise en œuvre du treizième Plan quinquennal de la Chine verra le jour l’année prochaine. Ainsi, j’ai la certitude que la phase historique de l’accélération du développement de la Côte d’Ivoire et de notre coopération bilatérale se déroulera bientôt devant nos yeux. Nous devons saisir l’opportunité de l’élargissement et de l’approfondissement de notre coopération afin de porter, la main dans la main, la coopération d’amitié sino-ivoirienne à un nouveau palier.
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