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Art et Culture

Mory Magassouba journaliste-écrivain : Je lance un véritable journal satirique qui n’épargnera pas le Président Ouattara
Publié le mercredi 24 fevrier 2016  |  L’intelligent d’Abidjan
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Journaliste, Mory Magassouba a travaillé à Jeune-Afrique dont il a été le premier correspondant régional en Côte d’Ivoire en 1990. Il a été le Directeur du bureau régional de l’Agence Panafricaine de Presse jusqu’en 2010. Il est consultant en communication au Ministère de l’Intégration et des Ivoiriens de l’Extérieur. Depuis octobre 2015 , il est promoteur d’un hebdomadaire satirique ‘’L’Agouti râleur’’ qui, à l’origine, était ‘’L’Agouti enjaillé ’’. Nous l’avons rencontré ...

Pourquoi l’Agouti râleur ?
Nous avons dû changer de titre parce que le Procureur de la République a trouvé ce titre pas à son goût. Je dis toujours que c’était à force de râler que l’idée ‘’d’Agouti râleur’’ nous est venue. Dans la mesure où nous allons toucher du doigt ce qui ne va pas dans la société pas seulement en Côte d’Ivoire, mais aussi dans tous les pays de la sous-région. L’objectif de cette publication, sera d’être le premier véritable journal satirique en Côte d’Ivoire. Car à ma connaissance, il n’en existe pas en Côte d’Ivoire. Je vois sur le marché, les journaux qu’on appelle satiriques mais qui ne le sont pas. Le journal satirique répond à une certaine forme d’écriture. Et cette écriture n’est pas sur le marché ivoirien. Nous avons donc la prétention d’être le premier journal satirique. Et nous laissons le soin aux lecteurs d’en juger.

Quelle sera la ligne éditoriale de ce journal ?
Nous ferons un journal d’informations générales et bien entendu d’analyse. Nous aurons à cœur de mettre l’accent sur la bonne gouvernance. Cela veut dire que nous mettrons à nu toutes les failles, les dysfonctionnements du système. Nous traiterons aussi des problèmes relatifs aux droits de l’homme et du quotidien des Ivoiriens. Pour ce qui est de la ligne éditoriale, il s’agit d’une ligne éditoriale classique. Car nous n’appartenons à aucune chapelle politique dans ce pays. Nous allons travailler dans le sens de la promotion de la bonne gouvernance, du respect des droits de l’homme, du renforcement de l’État de droit.
Mais, aussi nous allons nous engager contre l’incivisme qui, à mon sens, gangrène la société ivoirienne comme tous les pays d’Afrique. Comme on l’a toujours dit dans les écoles de journalisme, la vocation de la presse n’est pas de parler des trains qui arrivent à l’heure, mais des trains qui sont en retard. Donc, il ne faut pas s’attendre que nous caressions dans le sens du poil les autorités. Nous ne nous positionnerons pas pour autant comme des opposants. Nous serons à égale distance de toutes les formations politiques de ce pays et nous ne comptons subir aucune pression d’aucune partie. Disons que nous allons travailler dans le sens de la vérité même si tout le monde se réclame de la vérité. Nous serons sans parti pris.

Quelle sera la périodicité de ce journal ?
Ce sera un hebdomadaire de 16 pages qui paraîtra tous les mercredis à Abidjan et dans les villes de l’intérieur. Le coût sera de 500 F CFA. Il sera assez facile à lire. Quand un journal coûte 500 F, il doit avoir de la matière et de la qualité( .....)Nous allons traiter de tous les sujets à savoir la politique, l’économie, le sport, la culture, les problèmes de société etc. sur un ton humoristique. Vous savez la satire est un genre particulier, un peu comme une bombe à manipuler avec beaucoup de soin. La preuve, vous n’êtes pas sans savoir que ‘’Charlie Hebdo’’ a eu des problèmes. Cela a été un drame épouvantable avec morts d’homme. Récemment au Sénégal, il y a eu ce problème Foba avec Jeune Afrique. C’est pour dire qu’il n’est pas donné à n’importe qui de pratiquer la satire et dans nos pays africains où culturellement, c’est une pratique qui véritablement, n’est pas encore entrée dans les mœurs, il faudra faire beaucoup attention.

Pourquoi avez-vous décidé de faire un journal satirique au lieu d’un journal classique ?
Le journal classique rencontre des problèmes. La preuve, la plupart des journaux, ici, tirent le diable par la queue. Donc, nous estimons que l’information peut passer mieux si elle est enrobée et assaisonnée d’un peu d’humour. En notre sens, il n’y a pas de journaux satiriques dignes de ce nom, ici en Côte d’Ivoire. Il y a une place à prendre et voilà, nous sommes-là.

Pensez-vous que vous pouvez surmonter l’obstacle de la mévente des journaux en Côte d’Ivoire ?
Nous sommes convaincus que ce genre devrait accrocher. Là, je m’en tiens à notre expérience qui est ancienne de ‘’l’Agouti penseur’’. Nous faisons partie des premiers fondateurs de ‘’l’Agouti penseur’’ déjà dans les années 90 à Abidjan. Et le journal avait marché très fort. Mais, il a fermé pour un problème de mauvaise gestion. Le lectorat de l’époque s’est considérablement amplifié. Les Ivoiriens, comme tout le monde le sait, sont très friands d’humour. Je pense que le sens de l’humour des Ivoiriens est proverbial et connu. C’est un produit qui correspond à la culture des Ivoiriens.

Que pensez-vous de la liberté de la presse en Côte d’Ivoire et en Afrique?
Je peux dire que la liberté de la presse en Côte d’Ivoire est une réalité. Les statistiques sont là. Selon les chiffres de Reporters sans frontières, la Côte d’Ivoire a progressé depuis quatre ans, avec l’arrivée du président Alassane Ouattara au pouvoir. On peut dire qu’il y a une liberté entière et totale. Mais, il faudrait peut-être ouvrir l’espace audiovisuel et cela ne saurait tarder, à mon avis. Il y a quand même pas mal d’abus parce que la liberté de la presse ne veut pas dire libertinage. Et dans le cas d’espèce, il faut déplorer un certain nombre de dérives, notamment au niveau de la presse en ligne où il n’y a aucun contrôle, avec énormément d’abus. Le fait qu’il y ait une dépénalisation en Côte d’Ivoire, a fait croire à certains journalistes que tout leur est permis. Heureusement, le Conseil national de la presse arrive tant bien que mal à sanctionner quelques abus, D’une façon générale en Afrique, la liberté de la presse a formidablement avancé. N’en demeure pas moins que dans certains pays dirigés par des autocrates, les journalistes continuent à payer au prix de leur vie, leur courage, leur sens de devoir, leur volonté de travailler dans le sens de la manifestation de la vérité. Hélas !

Bientôt le secteur audiovisuel ivoirien sera libéralisé. Pensez-vous qu’il y a de l’espace pour les télévisions privées ?
Ecoutez-moi, je parle en tant que citoyen sénégalais pour vous dire que chez moi au Sénégal au jour d’aujourd’hui, il y a pratiquement une demi-douzaine de chaînes privées qui existent et qui arrivent à vivre très bien. Elles ont une liberté de temps sans égal. Or, le marché publicitaire ivoirien est certainement deux fois plus important que celui du Sénégal. Ce qui veut dire que l’audience, la gamme sera beaucoup plus vaste. Ce qui voudrait dire au bas mot, qu’il faut s’attendre à une dizaine, voire une vingtaine de télévisions. Parce que le marché publicitaire ivoirien est assez large pour accueillir au moins une vingtaine de télévisions privées.

Étant écrivain, quels sont les livres que vous avez déjà mis sur le marché ?
Le premier ouvrage que j’ai écrit est mon mémoire de DEA d’histoire, que j’ai soutenu à la Sorbonne qui traitait de l’Islam au Sénégal. Il est paru en 1987. C’est un livre qui a eu beaucoup de succès. Il est enseigné dans beaucoup d’universités d’Afrique et d’Europe. Après, j’ai écrit un livre sur le Président Hissène Habré parce que j’ai eu la chance de connaître ce monsieur, ce grand monsieur, ce grand patriote africain alors que j’étais correspondant à Paris. J’ai donc rencontré ce monsieur au plus fort de la bataille de N’djamena en mars 1979 et je l’ai suivi par la suite dans le maquis jusqu’à son arrivée au pouvoir. J’ai consacré un premier ouvrage à Hissène Habré qui est sorti aux éditions Kandahar en 1994. Je viens d’écrire tout récemment un second ouvrage toujours sur le même personnage. Mais, de façon générale l’ouvrage parle de l’histoire politique du Tchad depuis la période coloniale, mettant en exergue le rôle fondamental qu’a joué le Président Hissène Habré pour refonder un État tchadien qui n’existait pas et pour favoriser l’unité nationale. Malheureusement, je crois qu’il a été victime de son patriotisme. Il a été victime de son nationalisme et aujourd’hui, il paie le prix que la France-Afrique a voulu lui faire payer à son corps défendant. Je suis un farouche défenseur du Président Hissène Habré que je considère comme un grand patriote, comme le dernier résistant africain.

Que pensez-vous du procès qu’on lui fait actuellement ?
C’est un procès abusif dans la mesure où les Chambres africaines extraordinaires n’ont aucune existence légale. C’est une institution judiciaire qui a été bâtie sur du faux et dont le seul objectif avoué était de traduire en justice , d’emprisonner, de condamner le Président Hisssène Habré. Ce procès a été programmé de A à Z dans la mesure où avant même que Hissène Habré ne soit arrêté, ils ont commencé par construire sa prison et ensuite, une fois que l’on l’a arrêté, le premier bailleur de fonds de ces Chambres extraordinaires se trouve être Idriss Deby. Et tout le monde sait qu’Idriss Déby a été le principal bras droit du Président Hissène Habré. D’abord en tant que son chef d’Etat-major, puis, conseiller principal qui s’occupait et des renseignements militaires et de la sécurité. ( ..... ) Aujourd’hui, la conscience humaine peut accepter difficilement le fait que le bourreau, devrait être à la barre, tout le moins à côté. Je ne dis pas que Hissène Habré est forcément innocent, mais l’équité aurait voulu qu’il soit jugé en même temps qu’Idriss Déby qui était l’exécutant principal des ordres qu’il aurait donnés. On ne peut pas comprendre que ce même Idriss Deby qui non seulement échappe à un procès , soit le bailleur de fonds de l’institution que sont les Chambres africaines extraordinaires.

Quels sont les livres que vous avez dans le tiroir actuellement ?
J’ai déjà un manuscrit qui remonte à 2009 sur la carrière du Président Alassane Ouattara avec qui j’ai travaillé. J’ai eu à voyager énormément, aussi bien en Afrique qu’au Burkina, où il a passé une partie de sa jeunesse, à Bobo-Dioulasso notamment, ici en Côte d’Ivoire à Dimbokro pour connaître son histoire et son parcours. J’ai rencontré des membres de la famille, des collègues, des gens qui l’ont connu au FMI, en Guinée, j’ai rencontré son ancien Directeur de cabinet, Sidya Touré qui a été ensuite Premier ministre de Guinée. J’ai été à Cotonou rencontrer Iréné Koupaki Pascal, qui a été pratiquement Premier ministre, qui a travaillé avec le Président Ouattara lorsqu’il était Premier ministre Etc… J’ai rencontré le Président Ouattara à cette époque, alors que j’étais correspondant de Jeune-Afrique, ici en 1990. C’était à la suite d’un ‘’grand papier’’ où je critiquais assez sérieusement sa politique économique , qu’il m’avait reçu. L’entretien devait jurer 30 minutes , mais il a duré finalement 2 h et j’en suis sorti frappé par la maîtrise des dossiers économiques manifestée par l’homme. Et d’ailleurs, dans le corps du livre que j’ai écris, j’ai dit si vous n’aimez pas Alassane Ouattara, ne le fréquentez pas. Parce que vous rentrez avec vos idées pour le voir et vous en ressortez avec ses idées propres. C’est pour dire que je suis tombé sous le charme de la personne et le hasard a voulu que je sois sollicité pour faire la biographie et à laquelle je me suis attelé pendant deux ans. Pour des raisons sur lesquelles, je ne voulais pas revenir ici , l’ouvrage n’a pas pu paraître en 2009. Et je pense que vous conviendrez avec moi que c’est pour des raisons d’ordre politique, parce que cet ouvrage traite du conflit avec le Président Bédié, du problème de l’ivoirité, du problème que nos frères du Nord ont connu parce que moi, je suis un témoin oculaire, auditif. Je suis installé en Côte d’Ivoire depuis 1990. J’ai vu tous les régimes se succéder. Ce livre retrace non seulement la carrière du Président Ouattara, d’où il vient, sa famille, ses origines depuis l’empire de Kong de son aïeul, et l’histoire de la famille Ouattara, les relations de l’empire de Kong, de son propre père, qui, beaucoup, ne le savent pas est mort pratiquement à 109 ans. Aujourd’hui, je détiens encore une photocopie de la carte nationale d’identité ivoirienne du père de Ouattara. Et cela nous a fait rire à l’époque quand on disait que le père de Ouattara n’était pas Ivoirien. Il fut l’un des premiers cadres de ce pays, qui a beaucoup fait pour le PDCI depuis sa création par le président Houphouët-Boigny. J’explique d’ailleurs dans le livre comment le Président Ouattara a pu s’installer à Sindou au Burkina Faso dans la mesure où la chefferie des Ouattara rayonnait sur 4 États. La résidence se trouvant à Sindou, il avait été amené à quitter Kong pour aller s’installer à Sindou. Le Président Ouattara qui est né à Dimbokro a suivi son père. Voilà, ce qui explique son séjour à Bobo-Dioulasso, ensuite à Ouagadougou et puis son départ pour les États-Unis à 19 ou 20 ans pour poursuivre ses études. Et je mets beaucoup l’accent sur la méthode Ouattara. Comment le Président Ouattara a redressé l’économie de ce pays et a pratiquement sauvé la Cote d’Ivoire de la banqueroute et sauvé le régime du Président Houphouët-Boigny d’un éventuel coup d’État. J’ai vécu cette période difficile ici à tel point que je vais faire allusion à un sigle que Pascal Irené Koupaky, Premier ministre du Bénin m’a dévoilé lorsque je suis allé le voir. Il m’a dit que s’il veut qualifier l’action du Président Ouattara alors Premier ministre, il peut l’appeler MORSE (Méthode Organisation-Rigueur-Suivi-Evaluation). C’est au nom de cette méthode rigoureuse, que le Premier ministre Ouattara a pu sauver le pays d’une banqueroute qui s’annonçait.

En tant qu’historien que pensez-vous de l’exercice du pouvoir depuis Houphouët-Boigny jusqu’à Ouattara ?
Cet exercice n’est pas linéaire. Tout le monde a vu que le Président Houphouët-Boigny a marqué durablement le pouvoir dans ce pays du fait de sa longévité. Tantôt, je parlais des prémices du conflit qui s’annonçaient entre Ouattara et Bédié pour la succession. On a vu ce que cela a donné. C’est une période où la crise s’est installée. Bédié que je rappelle dans le manuscrit, s’est installé à la télévision pratiquement comme un commando et a demandé au peuple ivoirien de se mettre à sa disposition. Depuis cette période, la crise était ouverte. Je n’ai pas été surpris par le coup d’Etat de 1999. Ce coup n’a fait qu’aggraver une crise latente. Et les militaires au pouvoir, qui se sont tiraillés entre deux chapelles politiques, à savoir, le Fpi de Laurent Gbagbo et le Rdr d’Alassane Ouattara jusqu’à l’élection de 2000 qui a abouti à la victoire contestée de Laurent Gbagbo. Jusqu’aujourd’hui, beaucoup de personnes estiment que Gbagbo n’avait pas gagné. Parce que le Président Guéi, semble-t-il, aurait gagné. Bref, l’un dans l’autre, il se trouve qu’on retiendra que Guéi a perdu le pouvoir au profit de Laurent Gbagbo qui s’est installé avec une équipe de cadres qui n’avait aucune expérience de la gestion administrative. C’était un gouvernement de professeurs et on a vu ce que cela a donné. En 10 ans, on a assisté à une déliquescence continue et permanente de l’État en Côte d’Ivoire , une déliquescence aggravée par une tension socio-ethnique qui a abouti à la rébellion de 2002. En dépit des arrangements, notamment Linas-Marcoussis, Accra 1, 2, 3 et 4 après Lomé , cette crise a débouché sur l’élection présidentielle de 2010 que Laurent Gbagbo a perdue. Cela est confirmé par la communauté internationale. Contrairement à tous ce que ses avocats ont tenté de démontrer en faisant diversion à la Cour pénale internationale, Laurent Gbagbo avait été battu. C’est pour vous dire que la gestion du pouvoir politique en Côte d’Ivoire a été linéaire avec Houphouët-Boigny. Et après, elle a connu des accrocs jusqu’aujourd’hui avec Alassane Ouattara, élu démocratiquement dans les urnes.

A vous entendre prendre position alors que vous êtes journaliste indépendant, on a l’impression que vous êtes pro-Ouattara ?
Je ne suis pas pro-Ouattara. L’homme a beaucoup de qualité. C’est un homme d’État et de politique. Mais il y a des éléments qu’on lui reproche. On pourra le constater lorsque ce journal sera mis en vente sur le marché. Je peux vous assurer, il y a certains aspects de la politique du Président Ouattara sur lesquels nous ne sommes pas d’accord, ; et nous n’hésiterons pas à y mettre le doigt. Le deuxième tome de l’ouvrage que nous voulons publier dans le dernier semestre de l’année parlera de la gestion au quotidien du Président Ouattara. L’une des principales failles du Président Ouattara consiste à ce que certains d’entre nous , ce que certains Ivoiriens appellent l’obligation morale du Président Ouattara de pouvoir payer des redevances politiques à certaines personnalités de son camp. Ce qui l’a certainement poussé , contrairement à l’époque où il maniait la chicotte en tant que Premier ministre, à être plus accommodant aujourd’hui. Je ne retrouve pas le Alassane Ouattara que j’ai connu en 1990. Il y a un certain relâchement et du laxisme. C’est dû au fait qu’il fait de la real politik. Je ne pense pas qu’on puisse juger positivement cet état de fait.

Pensez-vous qu’il peut atteindre l’émergence en 2020 dans ces conditions ?
Je ne pense pas vraiment. Et cela m’étonnerait beaucoup. Parce que la première transformation dans une nation, c’est la mentalité ; d’ailleurs on parle aujourd’hui du concept de l’Ivoirien nouveau sans savoir ce que l’on va mettre là-dedans. À juger déjà par l’ incivisme et le laxisme qui se manifestent un peu partout ( on vote par exemple des projets de loi et on prend des décrets pas appliqués , on voit des lois interdisant par exemple l’ usage du tabac dans les lieux publics que personne ne semble se préoccuper de l’ observer, on interdit l’ usage du téléphone au volant , les gens continuent à le faire). Récemment, il y a eu une descente musclée d’individus mal intentionnés au domicile du maire d’Adjamé . On peut multiplier à l’envi, ce genre de comportements qui dénotent d’une certaine démission de l’État. Ce n’est pas que ce soit pour l’avènement d’un régime autoritaire. J’ai l’impression qu’il y a un tout petit peu de relâchement et j’avoue que je suis un peu surpris de voir et je ne reconnais pas l’Alassane Ouattara que j’ai connu en 1990.

Quel regard portez-vous sur le journalisme en Afrique ?
Il est de bon ton lorsque quelqu’un de ma génération de plus de 40 ans de métier se met à critiquer les jeunes, de dire ah les vieux, ils sont révolus. Au fait, chaque génération pense qu’elle est mieux que celle qui l’a précédée. Au niveau de la formation, il y a eu beaucoup de lacunes. Les journalistes d’aujourd’hui sont moins bien formés que ceux de notre génération , et même des générations qui ont suivi la nôtre . Je pense qu’il est nécessaire et urgent d’envoyer certains journalistes même les professionnels dans les Universités pour se perfectionner. D’une façon générale, je pense que le niveau a terriblement baissé au cours de ces 20 dernières années dans la sous région . L’éruption de la presse en ligne ne va pas aller dans le sens de l’amélioration de la presse écrite. Quand vous lisez la presse en ligne vous êtes horrifié par les fautes qui excèdent les textes que vous avez. Ce langage ne va pas aller dans le sens de l’amélioration de la qualité rédactionnelle.

Réalisée par M.Ouattara
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