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Contribution / Mécanisme d’Évaluation par les Pairs (MAEP) : Regards complémentaires et mariage de raison
Publié le lundi 18 avril 2016  |  L’intelligent d’Abidjan
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Créé en 2000 et mis en œuvre le 9 Mars 2003, le Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs (MAEP) a pour objectif global le renforcement de la bonne gouvernance, dans tous les pays-membres de l’Union Africaine (UA) et de son Agence d’Exécution, le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD). Ses objectifs spécifiques sont la programmation et l’organisation de séminaires, ateliers, conférences et débats constructifs, ouverts, inclusifs, participatifs, francs et sincères pour évaluer la performance de la mise en œuvre de la gouvernance pays, proposer les solutions et trajectoires, aux fins de corrections des lacunes, dérapages, insuffisances et écarts de résultats.

Depuis le 29 Janvier 2009, la Côte d’Ivoire a adhéré volontairement et est membre du MAEP, comme 35ème Etat-Partie. Par décret N°2015-426 du 20 Juin 2015, a été créée la Commission Nationale du MAEP (Cn-Maep) dont les quatre (4) axes d’intervention sont les suivants :
1.La démocratie et la gouvernance politique ;
2.La gestion et la gouvernance économique;
3.La gouvernance d’entreprise ;
4.Le développement socio-économique.

A l’initiative de la Commission Nationale (CN-Maep), a eu lieu du 14 au 16 Janvier 2016, le lancement officiel des activités de ladite Commission, par le bais d’un séminaire de sensibilisation et de formation de 150 représentants des administrations publique et parapublique, du secteur privé et de la société civile, dans le but de s’approprier le concept et le processus. L’enjeu pour la Côte d’Ivoire est de consolider les efforts fournis sur le chemin de la bonne gouvernance. Celui du MAEP est de soigner l’efficacité de la mise en œuvre des pratiques de la bonne gouvernance, non le spectacle des grands discours qui ne constituent plus la vraie respiration de délivrance de la mauvaise gouvernance du pays qui n’est plus ni l’ambition ni l’avenir du continent africain.

Le Gouvernement ivoirien adhère et souscrit aux systèmes d’évaluation de l’action publique, faisant de Monsieur Ally Coulibaly, Ministre de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur, le Point Focal Pays. La Côte d’Ivoire espère que le MAEP permettra d’entendre les préoccupations de toutes les composantes de la population ivoirienne et leurs propositions en matière de gouvernance pour aller vite à l’émergence en 2020, dans la perspective de l’atteinte des objectifs des cinq (5) chantiers déclinés par le Président de la République, lors de la campagne présidentielle d’Octobre 2015, à savoir :
1.Le renforcement des institutions pour la paix et la gouvernance ;
2.L’accélération de la transformation structurelle de l’économie nationale ;
3.L’amélioration des conditions de vie;
4.La promotion de la jeunesse et des femmes ;
5.L’émergence d’un Ivoirien nouveau.

Comme en démocratie, en matière d’évaluation de la bonne gouvernance, il est indiqué que chacun ait la liberté d’expression, la liberté de conscience et le droit d’exprimer sa réflexion utile au débat pour consolider les acquis, sans faire taire les critiques. L’Etat de Côte d’Ivoire s’est voulu rassurant, catalyseur et visionnaire, en étant favorable à l’autonomisation financière de la CN-Maep, à son indépendance à l’égard du politique et au soutien du Gouvernement à l’implémentation de ses activités, en ordre de marche efficiente, sans être à bout de souffle. Une soixantaine de membres du patronat ivoirien et de la société civile, ont été formés à la surveillance efficace du processus du MAEP pour influer et impacter positivement les pratiques de la bonne gouvernance et garantir le succès ainsi que la durabilité des activités et résultats du processus en Côte d’Ivoire.

Pour ne pas fausser la lecture, la compréhension des facteurs réducteurs et la recherche des solutions à la mal gouvernance, il convient de noter utilement les seize (16) observations suivantes :
1. L’option économique de la Côte d’Ivoire est le libéralisme. La politique économique est axée sur la bonne gouvernance, la transparence, la cohérence et la traçabilité pour rassurer les investisseurs, les partenaires techniques et financiers au développement, les acteurs, les conditions et les tendances du marché;
2.La bonne gouvernance constitue un défi majeur pour l’Afrique, en terme de redistribution judicieuse, harmonieuse et pérenne des richesses ;
3.Le MAEP est un outil mis en place par l’Union Africaine pour développer une influence favorable sur les 35 pays adhérents, à l’effet de renforcer la bonne gouvernance dans la gestion publique dans les pays respectifs ;
4.Le MAEP est un levier / un instrument d’appui au NEPAD pour atteindre ses objectifs de développement en Afrique ;
5.Le second principe du MAEP est le processus inclusif et participatif. Aucune frange de la population ivoirienne n’est exclue du processus d’évaluation de la bonne gouvernance y compris les couches socioprofessionnelles des secteurs public, parapublic et privé et de la société civile. Ceci est un signal fort en Côte d’Ivoire, un pays qui entend se donner tous les moyens légaux, financiers et humains pour objectiver et accomplir la cohésion sociale, le dialogue, le pardon, la réconciliation et le vivre ensemble ;
6.L’obligation de rendre compte, le respect du principe des droits de l’homme et du droit à la propriété, la tolérance zéro en matière de mal gouvernance, le personnel qualifié à la hauteur des enjeux de la bonne gouvernance, le secteur privé, la société civile, les médias, les radios de proximité, le corps préfectoral, les collectivités décentralisées, les centres de recherches et les instituts, les ong, l’implication des jeunes et des femmes à la lutte contre la mauvaise gouvernance sont des atouts de transparence, de traçabilité, d’équité et d’audit qui peuvent contribuer au développement d’un Etat africain ;
7.La gouvernance pays doit aller au-delà de l’évaluation de la gestion de la chose publique. Elle doit être non seulement économique publique, administrative, privée et d’entreprise mais aussi politique, juridique, judiciaire; sécuritaire et climatique, depuis le succès de l’accord de la COP21 à Paris en Décembre 2015 ;
8.Le processus du MAEP est en marche en Côte d’Ivoire, suite à la signature d’un mémorandum entre Monsieur Ally Coulibaly, Ministre de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur et le professeur Khayal Mahmoud, Membre du Groupe des Personnalités Éminentes du MAEP à Abidjan, le 16 Janvier 2016. Il aura la charge d’évaluer la Côte d’Ivoire durant 18 mois, en terme de démocratie et de gouvernance, de gestion et gouvernance économique, de gouvernance d’entreprise et de développement socio-économique ;
9.Créée en Juin 2015 par décret, la Commission Nationale du MAEP est présidée par Monsieur Bernard Konan. Elle est une structure légère, loin du nombre pléthorique de membres, dont la stratégie de propagation, de vulgarisation et de sensibilisation dans les régions, implique les préfets de régions, dans une approche inclusive, participative et constructive ;
10.Par rapport à l’ampleur des enjeux de la bonne gouvernance, les moyens ne doivent pas être modestes. Le Point Focal Pays s’est engagé fortement à doter la Commission Nationale d’un budget conséquent et continu afin qu’elle puisse accomplir sa mission ;
11.La bonne gouvernance est à l’image du pays qui veut se l’approprier dans l’effort et les moyens, dit-on. La Côte d’Ivoire ne peut pas attendre que les autres fassent son auto-évaluation à sa place. Avant de signer le protocole d’accord sur le MAEP, le 29 Janvier 2015, le pays a entrepris d’abord des réformes structurelles, sectorielles et institutionnelles soutenues, qui lui ont permis d’atteindre le taux de croissance moyen annuel de 9% sur la période 2011-2015. Les réformes et les institutions fortes couplées à l’adhésion au MAEP, ont constitué des atouts indéniables en faveur de son éligibilité aux ressources financières du Millénium Challenge Corporation de l’Administration des Etats-Unis d’Amérique sous Barak Obama ;
12.Il existe un lien étroit entre la bonne gouvernance et le développement, la mauvaise gouvernance et la pauvreté, terreau fertile du terrorisme et du fanatisme religieux ;
13.À côté de la gouvernance économique, politique, juridique, judiciaire, d’entreprise et climatique, la bonne gouvernance sécuritaire permet d’assainir l’environnement dans lequel se créent la croissance économique, la richesse, la valeur ajoutée et les emplois. L’indice de criminalité a chuté de 4 à 1,17 de 2011 à 2015 grâce aux dispositions de sécurité ferme, à la lutte contre le racket et le grand banditisme, à la levée des barrages sauvages qui rassurent les opérateurs économiques, le secteur financier, les investisseurs, les partenaires techniques et financiers au développement;
14.« La bonne gouvernance est l’affaire de tous. C’est une exigence qui s’impose à toutes les structures de contrôle et d’inspection, ainsi qu’à celles chargées du renforcement des capacités dans leur mission de veille, pour s’assurer de la bonne application des règles, de l’adéquation des politiques publiques et de la recherche de l’équité, a souligné Monsieur Niamien N’Goran, Inspecteur Général d’Etat, lors de la réception des vœux de ses collaborateurs, le 12 Janvier 2016 ;
15. L’ouverture prochaine à Yamoussoukro de l’Institut de Formation des Inspecteurs Généraux d’Afrique (IFIGE), école de formation aux métiers d’Audit et d’Inspection, contribuera au renforcement des capacités des inspecteurs d’Etat, des contrôleurs d’Etat, des inspecteurs généraux des ministères ;
16. La Côte d’Ivoire et le MAEP doivent avoir des regards complémentaires pour s’accorder sur la nécessité de consolider les acquis de la bonne gouvernance depuis 2011, d’éradiquer les mauvaises pratiques, au profit de
1.la lutte contre la corruption ;
2.la réduction de la pauvreté ;
3.la cohésion sociale ;
4.la réconciliation ;
5.la transformation structurelle de l’économie vers l’émergence à l’horizon 2020;
6.l’Ivoirien nouveau, architecte et bénéficiaire direct de la gouvernance vertueuse.

Laurent Maurice Kouakou Chroniqueur expert-consultant
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L’intelligent d’Abidjan N° 3629 du 15/4/2016

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