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Discours de Madame la Première Dame, Dominique Ouattara, lors de sa visite de travail à l’OIT
Publié le mardi 26 avril 2016  |  Présidence
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© Présidence par David Zamblé
Visite de travail de la première dame Dominique OUATTARA à l`Organisation Internationale du Travail (OIT)
Dans le cadre de sa visite officielle de travail à Genève, Madame Dominique OUATTARA, Première Dame de Côte d`Ivoire et Présidente du CNS, a rencontré ce lundi matin, Monsieur Guy RYDER - Directeur Général du Bureau International du Travail au siège de l`Organisation.
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Mesdames et Messieurs,

Je suis heureuse d’être avec vous aujourd’hui, au siège de l’Organisation Internationale du Travail à Genève, dans le cadre de cette rencontre d’échanges sur la question des pires formes de travail des enfants.

Je tiens tout d’abord à remercier Monsieur Guy RYDER, Directeur Général du Bureau International du Travail, qui nous reçoit aujourd’hui de façon aussi chaleureuse.

Je salue par la même occasion, la présence des membres du BIT, ainsi que celle de l’ensemble des spécialistes et des techniciens, venus pour échanger sur la question du travail des enfants en Côte d’Ivoire. Je tiens à féliciter tout particulièrement, les experts dont les conclusions des travaux, sur les critères de mesure du travail des enfants viennent de nous être présentées.

Je souhaiterais aussi saluer l’ensemble des personnalités qui ont fait le déplacement jusqu’à Genève, en particulier :
- Monsieur le Ministre Moussa DOSSO, Président du Comité Interministériel de Lutte contre la Traite, l’Exploitation et le Travail des Enfants ;

- Monsieur Dramane HAIDARA, Directeur du BIT pour la Côte d’Ivoire ;
- et Madame Massandjé TOURE-LITSE, Directrice Générale du Conseil du Café-Cacao.
Ils ont tous effectué le déplacement pour participer à cette rencontre dont les enjeux sont très importants pour la Côte d’Ivoire, l’Afrique et le monde ; et pour l’ensemble des acteurs engagés dans la lutte contre le travail des enfants.

Mesdames et Messieurs,

Comme vous le savez tous, la Côte d’Ivoire s’est fortement engagée dans la lutte contre les pires formes de travail des enfants depuis ces dernières années.

Grâce à la volonté de mon époux, le Président Alassane OUATTARA, la lutte contre ce phénomène a été élevée au rang de priorité nationale.

Dans ce contexte, le Comité National de Surveillance que j’ai l’honneur de présider, et le Comité Interministériel collaborent avec des partenaires nationaux et internationaux, afin d’éliminer ce fléau à l’intérieur de nos frontières.

Et c’est donc avec le soutien de nos différents partenaires publics et privés, que les efforts entrepris jusqu’ici, nous ont permis d’obtenir des avancées significatives.

A ce stade de mon propos, je tiens à remercier tout particulièrement le BIT pour les programmes majeurs qui ont été conduits en Côte d’Ivoire, tels que cités précédemment par le Ministre Moussa DOSSO dans son intervention.


En effet Monsieur le Directeur Général, depuis 2003, votre organisation met en œuvre de nombreux projets visant à éliminer les pires formes de travail des enfants dans notre pays. Aujourd’hui, nos efforts communs portent leurs fruits, et je me réjouis de cette collaboration, que nous continuerons à promouvoir.

Mesdames et Messieurs,

Je souhaiterais à présent, vous présenter quelques-unes des importantes mesures prises par la Côte d’Ivoire, en matière de lutte contre le travail des enfants.

A la suite d’études et de réunions de travail, nous avons pu mettre en œuvre un premier Plan d’Action National sur l’exercice 2012-2014, grâce aux 14 millions de dollars US investis par l’Etat ivoirien, en plus des investissements de nos partenaires.

Aujourd’hui, le phénomène de la traite des enfants recule en Côte d’Ivoire, notamment grâce à l’adoption et à l’application de la loi interdisant et réprimant les pires formes de travail des enfants.

Cette loi nous a permis de réaliser de vastes opérations de police, en collaboration avec Interpol, qui ont conduit à l’arrestation et à la condamnation de 25 trafiquants à des peines d’emprisonnement ferme. Ainsi, de 2012 à 2014, ce sont plus de 4 000 enfants victimes de traite qui ont été secourus et pris en charge.


Dans cette même dynamique, et dans le cadre de la lutte contre la traite transfrontalière, nous avons signé des accords bilatéraux avec mes consœurs les Premières Dames du Mali et du Burkina Faso.

Nous parvenons également à lutter contre la traite des enfants en Côte d’Ivoire, grâce à la formation des différents intervenants sur la question du travail des enfants, et au renforcement des capacités des magistrats, de la police nationale, de la gendarmerie et des membres du corps préfectoral, ainsi que tous les acteurs de la chaine de remédiation.

Nous menons régulièrement de vastes campagnes de communication à travers le pays, en vue de sensibiliser et d’informer les populations quant aux dangers des pires formes de travail des enfants.

Par ailleurs, nous avons réalisé des infrastructures scolaires, afin de permettre à tous nos enfants d’avoir accès à l’école. Ainsi, de 2011 à 2015, plus de 17 000 salles de classe préscolaires et primaires, et 155 collèges ont été construits ou réhabilités sur l’ensemble du territoire national.

A ce stade de mon propos, je voudrais remercier tous nos partenaires, dont le Conseil du Café-Cacao, qui a fortement contribué à cet investissement.

Cette première étape a permis par la suite, de rendre l’école obligatoire, pour tous les enfants de 6 à 16 ans, ce qui n’était pas le cas auparavant. De cette façon, aucun enfant n’est laissé en dehors du système éducatif, car l’école reste l’alternative la plus efficace pour lutter durablement contre le travail des enfants.

Mesdames et Messieurs,

Après l’exécution du Plan d’action 2012-2014, nous avons également adopté un nouveau Plan d’action 2015-2017, d’un budget équivalent, qui nous permet de consolider les acquis et d’intensifier nos actions sur l’ensemble du territoire national. Ce plan prévoit l’organisation d’un sommet des Premières Dames de la sous-région ouest africaine en Côte d’Ivoire, afin de susciter l’adhésion de mes consœurs à cette noble cause, et favoriser une implication plus forte de leurs pays.

Il est également prévu, la réalisation de trois centres d’accueil par la Fondation Children of Africa, pour les enfants victimes de traite, en vue de leur prise en charge immédiate et de leur réinsertion sociale.

Enfin, ce nouveau plan prévoit entre autre, la construction de plusieurs milliers de salles de classe supplémentaires, sur l’ensemble du territoire national, en lien avec nos partenaires.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais réaffirmer l’engagement et l’accord de mon pays, pour l’application des Conventions 138 et 182, interdisant les pires formes de travail des enfants.

Cependant, malgré toute notre bonne volonté, ainsi que les actions significatives posées ces dernières années, un problème majeur persiste et peut gêner nos efforts. Il s’agit de la question des critères de dénombrement, de mesure et de qualification des enfants victimes des pires formes de travail des enfants.

En effet, les études récentes réalisées en Côte d’Ivoire sur la question dans la cacaoculture par exemple, démontrent que près de deux-tiers des enfants vivent avec leurs parents et sont scolarisés, mais qu’ils les accompagnent également à l’occasion au champ, après les heures de cours. Ce constat est primordial et devrait être pris en compte par tous les acteurs de la lutte contre le travail des enfants.

Bien trop souvent, j’entends dire à l’issue des enquêtes, que les enfants qui aident leurs parents après l’école, dans les travaux des champs ou domestiques, sont considérés comme étant des « enfants travailleurs », au même titre que les enfants victimes d’exploitation et déracinés de leur foyer, car les enquêteurs se basent sur la 13ème Conférence internationale qui s’est tenue à Genève en 1982 sur les statistiques du travail.

Selon les résolutions de cette conférence, même si l’activité exécutée ne porte pas atteinte à sa santé, à son assiduité scolaire, et à son temps de repos, tout enfant qui travaille au moins 1h par semaine est considéré comme « enfant travailleur ».

Or, je crois sincèrement, que l’on devrait éviter de considérer que les enfants qui accompagnent leurs parents après l’école, sont systématiquement comptabilisés comme « enfants travailleurs » ou « enfants exploités ».

En effet, conférer le statut d’ « enfants travailleurs » à des enfants scolarisés qui, en dehors des heures de cours, exécutent dans le cadre familial, ne serait-ce qu’une heure d’activité dans la semaine, reste difficile à accepter par les populations.

Les parents ne comprennent pas que leurs enfants ne puissent pas être autorisés à les aider après l’école, pour apprendre à aimer leur métier, comme cela se fait dans le reste du monde, par exemple avec les « community service ». Et je suis d’accord avec eux.

A mon sens, les enfants devraient pouvoir effectuer des tâches socialisantes légères, bien entendu à condition que celles-ci ne remettent pas en cause leur épanouissement et leur santé physique.

Dans ce contexte, ils doivent également être placés sous la surveillance d’un adulte, et ces activités parascolaires ne pourront absolument pas empiéter sur le temps de repos auquel ils ont droit.

Nous devons aussi sensibiliser encore plus les parents, afin qu’ils comprennent quels sont les travaux dangereux et interdits auxquels il ne faut pas exposer les enfants.


Mesdames et Messieurs,

Pour toutes ces raisons, nous croyons qu’il serait essentiel de revoir ensemble les critères de mesure du travail des enfants, si nous voulons atteindre l’objectif commun d’élimination des pires formes de travail des enfants.

C’est pourquoi, j’ai souhaité venir vous rencontrer, Monsieur le Directeur Général, afin que nous puissions discuter de cette question délicate des critères de qualification des enfants victimes, pour les futures enquêtes.

La position que nous défendons, est entièrement partagée par l’ensemble des acteurs nationaux du secteur public, représentés par Monsieur le Ministre de l’Emploi et de la Protection sociale ; comme du secteur privé en Côte d’Ivoire,
qui nous accompagnent dans cette mission, afin de nous manifester leur soutien.

Je voudrais à cet effet, saluer la présence de Monsieur Bernard N’DOUMI, Représentant de la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire, ainsi que celle de Madame KOMBO Marie-Jeanne, Représentante de l’Union Générale des Travailleurs de Côte d’Ivoire.

Mesdames et Messieurs,

Je terminerai mon propos, en réitérant mes remerciements au BIT, qui nous accompagne dans nos efforts pour lutter contre le travail des enfants. Nous souhaitons que ce partenariat se renforce pour le bonheur de nos chers enfants.

Je vous remercie.
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