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Côte d’Ivoire: la production officielle de noix de cajou menacée
Publié le vendredi 13 mai 2016  |  AFP
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© AFP par DR
La saison de noix de cajou a commencé
Jeudi 12 mai 2016.
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Abidjan - Premier producteur mondial de noix de cajou (ou anacarde), la Côte d’Ivoire a vu ses exportations baisser en raison de la fuite d’une partie de sa production vers les pays voisins.
En 2016, le pays a réalisé une récolte de 725.000 tonnes en début de campagne, devant l’Inde alors que la production mondiale est de 2,9 millions
de tonnes.
Pourtant, "à ce stade, 200.000 tonnes de noix ont été exportées, contre 330.000 tonnes (...) en 2015 à la même période, soit une baisse de 40%", a déploré Malamine Sanogo, le directeur du Conseil coton-anacarde (CCA), qui
gère la filière.
Selon lui, cette baisse des exportations a atteint 60% à destination de l’Inde, qui est à la fois un gros producteur, transformateur et consommateur de cette noix utilisée en cuisine et dans les cosmétiques.
"Les taxes à l’exportation étant très élevées en Côte d’Ivoire, les producteur proches des frontières n’hésitent pas aller vendre leurs récoltes au Ghana, au Mali ou au Burkina Faso", a expliqué Fousséni Adama, un exportateur.

Le prix d’achat aux paysans fixé en 2016 à 350 francs CFA (0,53 euro) le kilo est "bas" par rapport aux pays voisins, a ajouté un autre paysan pour expliquer la fuite de la production.

"Il y a un retard de la production dû au phénomène climatique +el Nino+ mais pas de quoi menacer la production", a souligné de son côté Augustin Planty, directeur général d’Océan, une société exportatrice, jugeant le prix pratiqué "acceptable".

Les responsables ont minimisé l’ampleur de la fraude, appelant surtout les paysans à "améliorer la qualité pour être plus compétitifs sur le marché international".

Face à ces difficultés, la Côte d’Ivoire a décidé de subventionner la filière pour tenter de faire passer le taux de transformation locale de 5% à 30%, voire 40% dans quelques années.

"La Côte d’Ivoire est le pays qui offre le plus d’opportunités en terme de rentabilité économique, explique M. Sanogo, qui souligne que "la capacité de transformation en Inde dépasse sa production".

En 2015, la filière avait réalisé une production record de plus de 702.000 tonnes contre 564.780 tonnes en 2014, résultat d’une réforme garantissant un prix d’achat aux cultivateurs de noix de cajou. Le pays fonctionne de manière similaire dans le domaine du cacao dont il est également le premier producteur
mondial.
Le secteur compte 250.000 producteurs regroupés dans une vingtaine de
coopératives et emploie 1,5 million de personnes, directement ou
indirectement.
La coque de la noix brute contient un liquide utilisé comme fluide pour les systèmes de freinage des avions. La pomme de cajou, elle, sert à produire du
vin, de la liqueur, du sirop, de la confiture et du jus.

La noix de cajou brute est exportée vers l’Inde, le Vietnam et le Brésil qui disposent d’industries de transformation, alors que les principaux consommateurs sont l’Inde (200.000 t), les Etats-Unis (150.000 t), l’Union
européenne (110.000 t), la Chine (50.000 t), les Emirats Arabes unis (15.000
t) et l’Australie (15.000 t).
ck/pgf/jl/dom
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