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Protection civile/ Gl Kili Fiacre Fagnidi, nouveau président de l’Assemblée générale de l’OIPC: « Il faut élever la protection civile au rang des priorités au même titre que la police, la gendarmerie et l’armée»
Publié le samedi 21 mai 2016  |  Abidjan.net
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© Autre presse par ONPCI
Protection civile/ Gl Kili Fiacre Fagnidi, nouveau président de l’Assemblée générale de l’OIPC: « Il faut élever la protection civile au rang des priorités au même titre que la police, la gendarmerie et l’armée»
Le Général Kili Fiacre Fagnidi, Directeur Général de l`Office national de la protection civile (ONPC), a été élu pour un mandat de deux ans au terme de la 49ème session du Conseil Exécutif et la 22ème Assemblée générale de l’Organisation Internationale de Protection Civile (OIPC) qui ont lieu du 11 au 13 mai 2016, à Bishkek au Kirghizistan, en Asie centrale.
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La Côte d’Ivoire occupe la Présidence de l’Assemblée Générale de l’OIPC depuis le jeudi 12 mai 2016. Le Général Kili Fiacre Fagnidi, Directeur Général de l’Office national de la protection civile (ONPC), a été élu pour un mandat de deux ans au terme de la 49ème session du Conseil Exécutif et la 22ème Assemblée générale de l’Organisation Internationale de Protection Civile (OIPC) qui ont lieu du 11 au 13 mai 2016, à Bishkek au Kirghizistan, en Asie centrale. Dans cet entretien, il donne les grandes lignes de son programme d’action.

Vous venez d’être élu à la tête de l’Assemblée générale de l’Organisation internationale de protection civile (OIPC). Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Ce que cela représente plutôt pour notre pays la Côte d’Ivoire, c’est un honneur. Depuis que nous sommes membre de cette organisation, c’est la première fois que la Côte d’Ivoire occupe la présidence de l’Assemblée générale. Il y a 35 ans que nous avons adhéré à cette organisation, depuis avril 1981 et c’est aujourd’hui que nous accédons à la présidence de l’Assemblée générale. C’est la reconnaissance du chemin parcouru par la Protection civile ivoirienne après les périodes de turbulences que notre pays a connu, nous avons repris nos marques. Aujourd’hui tout le travail que nous avons fait a été reconnu par nos partenaires. Ce qui nous a valu d’être placé à la tête de cet organe pour le compte de la Côte d’Ivoire. Le laurier revient à l’Etat ivoirien dont nous sommes un humble serviteur.

Et qu’est-ce qui va changer véritablement avec votre élection ?
La Côte d’Ivoire va faire entendre sa voix. Nous étions à Bishkek, une région très éloignée de l’Asie centrale, inconnue de la quasi-totalité des Ivoiriens. Là-bas, on a fait entendre la voix de notre pays. Après notre élection, nombreux sont les délégués qui nous demandaient c’est où la Côte d’Ivoire ? Heureusement nous avons profité d’une soirée de remerciements à nos partenaires pour faire connaître notre pays à travers un film-documentaire que Côte d’Ivoire Tourisme a mis à notre disposition. Ce qui change aussi à l’OIPC, c’est que notre pays est présent à la tête de l’organe suprême. Nous pourrons peser de notre poids dans les décisions qui vont être prises pour promouvoir les structures de protection civile dans le tiers-monde en général et les pays africains en particulier. Dans ce domaine nous avons beaucoup de retard.

Combien de candidats y avait-il et qu’est-ce qui a concouru au choix de la Côte d’Ivoire ?
La Côte d’Ivoire a été retenue parce que l’Assemblée a estimé que son candidat avait le meilleur profil et le pays lui-même remplissait l’obligation vis-à-vis de l’OIPC. Dans ce genre d’instance, premièrement, il faut être en règle de ses contributions financières. Au moment où nous allions à l’Assemblée générale, notre pays n’avait pas d’arriérés de contribution. Et depuis, la Côte d’Ivoire a été présente à toutes les activités de l’OIPC à savoir les formations, l’élaboration des plans de secours, les appuis que nous avons reçus de l’Organisation. Nous avons même organisé l’année dernière, la deuxième réunion des directeurs généraux de protection civile d’Afrique et puis le candidat ivoirien de par son expérience- parce que cela fait un moment (8 ans) qu’il est à son poste par rapport à ses autres collègues-, il est le président du Comité de Gestion des Catastrophes en Afrique de l’Ouest (GECEAO).
C’est un atout majeur qui lui donnait de l’avantage par rapport aux autres candidats qui venaient d’arriver dans l’arène de la protection civile, il y a 3 ou 4 ans.

En quoi va consister votre mandat ?
C’est un mandat de deux ans qu’on nous a confié. Au cours de ce mandat, nous allons exécuter les attributions de l’Assemblée générale définies par la Constitution de l’OIPC et qui a été adoptée en 1966. L’Assemblée générale en elle-même est appelée à désigner des représentants au Conseil exécutif. Elle nomme le secrétaire Général, étudie et approuve les activités, contrôle la politique financière de l’Organisation, donne des instructions nécessaires et crée toute commission nécessaire pour la mise en application. Donc le président de l’Assemblée générale est chargé du suivi de ces résolutions. C’est beaucoup de travail et nous pensons qu’avec le concours de nos collaborateurs, l’image de la Côte d’Ivoire va en ressortir grandie.

En deux ans pouvez-vous répondre aux aspirations des Etats membres en termes de riposte notamment aux changements climatiques dont il est de plus en plus question aujourd’hui ?
Nous avons des programmes de travail qui ne s’adressent pas spécifiquement à des Etats particuliers mais à un ensemble d’Etats. Par exemple au niveau africain, il est prévu que les structures nationales de protection civile soient beaucoup plus outillées. D’abord il faut expliquer la nécessité aux gouvernants pour qu’ils prennent des dispositions et que l’OIPC appuie ces structures qui ont fait des efforts en formant le personnel, en les équipant au plan matériel ; cela fait partie de notre programme.
Dans notre programme également nous envisageons avec l’aide de l’OIPC, d’appuyer les gouvernements africains pour intégrer les NTIC dans la prévention et la gestion des catastrophes, un réseau de mise en place d’un système d’alertes. Quand nous sommes vite alertés de la survenue d’une catastrophe, nous intervenons vite et protégeons plus la population. Il est prévu aussi la révision des textes de l’OIPC. Ces textes ont été adoptés à une époque, un quart de siècle plus tard, il est important de savoir s’ils répondent encore à notre méthode de travail. Il faut retenir également que la protection civile est le parent-pauvre dans nos Etats. Nous avons indiqué qu’il fallait élever la protection civile au rang des priorités au même titre que la police, la gendarmerie et l’armée. Parce que l’on a constaté que la protection civile disposait de peu de moyens par rapport à ces structures là. Or la protection civile c’est le vécu quotidien ; c’est la prévention des catastrophes. Et un Etat régalien devrait accorder la priorité absolue à ces questions pour protéger sa population.

Avez-vous vraiment ressenti le soutien de la Côte d’Ivoire ?
Oui car le 27 janvier 2016, le conseil des ministres s’est réuni et a déclaré la candidature de la Côte d’Ivoire à la présidence de l’Assemblée générale de l’OIPC à travers notre personne. Nous avons reçu le soutien politique et financier de la Côte d’Ivoire.
Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la sécurité Hamed Bakayoko n’a pu être à Bishkek, mais il a fait un discours dense qui a été diffusé lors de la cérémonie d’ouverture. Sa déclaration a plu. Il a mis en exergue les efforts du gouvernement ivoirien pour promouvoir la protection civile. Il a également expliqué les motivations de la candidature de la Côte d’Ivoire à la présidence de l’Assemblée générale et expliquer les efforts consentis par le pays pour protéger sa population contre tout type de catastrophe. Et quand la catastrophe survient, ce qui est fait pour porter secours à la population. Le ministre d’Etat s’est impliqué pleinement.


Mais pensez-vous qu’au niveau national il y a des efforts qui sont réellement faits en matière de protection civile ?
Des efforts sont faits au niveau national et sont tangibles. La Communauté internationale le sait. Le ministre d’Etat (Hamed Bakayoko) dans son adresse à l’Assemblée générale l’a encore répété, au niveau national jusqu’en 2014, on notait la seule présence du Groupement des sapeurs pompiers militaires de Côte d’Ivoire (GSPM) dans trois localités. D’abord le corps des pompiers civils a été créé. Aujourd’hui, le personnel de la protection civile ivoirienne est passé de 200 à 2000 agents. On a 31 centres de secours d’urgence (CSU) qui ont été ouverts et progressivement nous mettons à disposition des moyens pour leur permettre d’être fonctionnels. On les a vus à Grand-Bassam quand il y a eu les attaques terroristes. Ceux que vous avez vus en chasuble orange, ce sont des pompiers civils. Ils sont à l’intérieur du pays ou dans les chefs-lieux de région où aux côtés des autres forces sous la responsabilité des préfets à prévenir les catastrophes et à porter secours aux différentes populations. Ce sont des efforts appréciables. 31 centres de secours d’urgence créés d’un seul coup, cela dénote vraiment de la grande volonté du gouvernement de mettre à la disposition des populations les secours nécessaires dans un temps réduit. A l’époque, quand le marché de Gagnoa a brûlé, il fallait que les pompiers viennent de Yamoussoukro. Un centre de secours d’urgence (CSU) a été créé à Gagnoa maintenant. Nous sommes en train de l’équiper. Désormais, on ne le souhaite pas, mais s’il y a un sinistre, les pompiers sont déjà sur place pour intervenir. Ce qui réduit le délai d’intervention avec beaucoup plus d’efficacité. Ce sont des faits palpables.
Il y a également un plan d’action qui a été mis en place en cas d’attaque terroriste. Nous avons déjà recensé le plateau technique c’est-à-dire toutes les structures sanitaires qui doivent intervenir en cas d’attaque terroriste quelque soit la localité ; comment porter secours aux populations victimes d’une attaque terroriste au plan des soins, des secours et des prises en charge psychologique. La direction générale de la Santé, le SAMU, le GSPM et les secouristes de la Croix-Rouge sont à notre disposition pour mettre en œuvre cette politique.


31 centres de secours créés d’un seul coup, c’est beaucoup. L’Etat de Côte d’Ivoire a-t-il les moyens de faire fonctionner correctement ces structures ?
C’est beaucoup et l’Etat de Côte d’Ivoire fait ce qu’il peut en ce moment. Mais j’ai l’habitude de dire que Paris ne s’est pas construit en un seul jour. Nous avons dit à nos collaborateurs pompiers civils qui ont été recrutés qu’aucune administration ne peut rester sereine, ne pas être perturbée par un recrutement massif de 1500 agents du coup. Donc c’est progressivement que l’Etat met les moyens à notre disposition. Aujourd’hui avec la volonté du Président de la République de l’Etat de Côte d’Ivoire, on commence à mettre progressivement des moyens à la disposition de ces CSU. Nous pouvons vous dire aujourd’hui que chaque CSU a un budget de fonctionnement. Il y a aussi l’appui des Coopérations française et japonaise. Bientôt nous allons bénéficier d’un programme d’appui de l’Union européenne, le Pnud nous a déjà épaulés. Il faut que nos collaborateurs sachent qu’il y a un plan quinquennal qui a été élaboré pour permettre aux CSU d’être équipés. Hier (mardi : Ndlr) encore au ministère, il s’est tenu une réunion sur la mise en œuvre de la loi de programmation en matière de sécurité intérieure. Il y a un budget qui est alloué à la protection civile. Il sera utilisé conformément au chapitre suivant : équipement matériel. Il faut entendre par là le matériel roulant et technique, les brancards, les kits de premiers secours, les extincteurs, l’habillement des pompiers et la formation. Donc progressivement les pompiers civils sont en train d’être équipés par l’Etat ivoirien et ses partenaires pour les rendre plus opérationnels, efficaces et pour leur permettre de mieux jouer leur rôle dans la protection des populations. Et faire face aussi à tout type de catastrophe parce que les modes d’intervention sont différents.

Vous êtes aussi Président du Comité de Gestion des catastrophes en Afrique de l’Ouest (GECEAO). Qu’est-ce qui est prévu au plan africain pour vos deux années de mandat à la tête de l’Assemblée générale de l’OIPC?
Il est prévu beaucoup de choses notamment la sensibilisation et des rencontres avec les dirigeants africains pour que les structures de protection civile ne soient pas laissé-pour-compte.
Il existe des pays africains où le directeur de la protection civile n’a même pas accès à l’internet. Il existe des pays africains où il n’y a aucun plan de secours en cas de survenue de catastrophes. Durant notre mandat nous allons rencontrer les responsables de ces pays, les ministres de tutelle de la protection civile pour leur expliquer, les sensibiliser davantage sur l’intérêt à accorder aux structures ou aux activités de la protection civile. La protection civile c’est quoi ? Par exemple quand il y a les pluies diluviennes, les maisons sont inondées, et les populations se retrouvent sans abris, c’est le rôle de la protection civile d’alerter le gouvernement pour porter secours à ces populations. La protection civile doit avoir des véhicules pour une question de mobilité. On doit avoir du matériel prêt par exemple des tentes, des boites pharmaceutiques à travers des structures du ministère de la Santé. Quand il y a de grands rassemblements dans nos Etats, la protection civile doit être présente et visiter le site. Ce matin (mercredi, Ndlr), Nous avons eu une réunion avec le Directeur général des Jeux de la francophonie en prélude à ces jeux qui se tiendront l’année prochaine dans notre pays. La protection civile est présente c’est-à-dire lors des préparatifs, pendant et après pour faire le point ; cela fait partie de notre mandat. Et comme nous l’avons indiqué dans notre discours d’investiture à Bishkek, nous voulons aussi au niveau sous-régional ou régional ouvrir des pistes de réflexions sur une meilleure prise en compte de la protection civile au rang des priorités gouvernementales au même titre que les forces de Défense et de sécurité.

Avez-vous un message particulier à lancer en tant que nouveau président de l’Assemblée générale de l’OIPC ?
Le premier message est de remercier le gouvernement de la Côte d’Ivoire qui nous a fait confiance en proposant notre candidature. Le deuxième message c’est de dire aux partenaires de l’OIPC, aux différents Etats membres, aux Etats observateurs, aux structures affiliées qui ont soutenu la candidature de la Côte d’Ivoire, nous nous engageons à contribuer au changement de l’OIPC, à rendre la structure plus efficace avec leur concours. Seuls, nous ne le pouvons pas. C’est ensemble avec les Etats membres que nous allons donner à notre organisation commune la place qui lui revient.

Réalisé par Danielle Tagro


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