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Retour sur l’histoire de l’industrie sucrière ivoirienne
Publié le jeudi 2 juin 2016  |  Cote d’Ivoire Economie
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© Cote d’Ivoire Economie par dr
Retour sur l’histoire de l’industrie sucrière ivoirienne
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L’industrie sucrière ivoirienne date d’avant l’indépendance du pays. Elle a traversé des fortunes diverses et est aujourd’hui à un tournant décisif.


L’histoire du sucre ivoirien commence par l’introduction de cette culture originaire de l’Inde, bien avant l’arrivée des colons français en terre d’Eburnie. Une fois installés, ces Français ont fait des essais de plantations de canne à sucre et la fertilité de la terre ivoirienne à bien accueilli cette culture venue d’ailleurs. La Côte d’Ivoire accède à son indépendance en 1960. Une dizaine d’années après, on constate sur l’échiquier international que la spéculation sur le sucre a atteint un niveau tellement élevé que cela ne peut que conforter l’investissement des autorités ivoiriennes. L’Etat est alors fortement engagé dans la mise en place de sociétés de type «Sode», à savoir Soderiz, Sodefor, Sodepalm, Sodepra, etc. C’est ainsi qu’en 1971, sous l’impulsion du président de la République Félix Houphouët Boigny, la Société d’Etat pour le développement des plantations de canne à sucre (Sodesucre) est née. Le visionnaire président ivoirien, voyant tout en grand, donne des instructions pour construire dix complexes sucriers dans le pays. Et les experts de l’époque lui recommandent des zones assez stratégiques et un tant soit peu dépourvues de richesses.

Un frein pour l’exode rural


Le café et le cacao rapportaient déjà beaucoup de revenus aux populations du Sud, de l’Est et du Sud-Ouest du pays. La solution fut trouvée avec la canne à sucre pour instaurer une sorte de rattrapage face au déséquilibre social qui commençait à se faire sentir dans certaines contrées du pays. Six unités industrielles furent successivement construites : deux à Ferkessédougou (Ferké I et Ferké II), une à Borotou dans la région de Touba, une à Zuénoula, une à Marabadiassa, et une à Sérébou dans la région de Prikro. Et de nombreuses plantations villageoises de canne à sucre se sont développées autour de ces usines.
Ceci a fait renaître l’espoir dans les localités choisies et freiné un peu l’exode rural, notamment des gens du Nord vers les zones cacaoyères. Deux objectifs majeurs étaient assignés. Le premier était de satisfaire la demande intérieure en sucre. Le second était de faire en sorte que la Côte d’Ivoire soit un grand exportateur. Tout le monde y gagnait : les industriels, les populations, et bien sûr les caisses de l’Etat ivoirien. La production locale du sucre a connu une évolution spectaculaire. Elle est passée de 4.900 tonnes en 1974 à plus de 186.000 tonnes en 1983. Ce fut la période du miracle économique ivoirien. Mais à l’instar des autres spéculations agricoles, le sucre ivoirien a aussi été victime de la détérioration des termes de l’échange ayant conduit à une baisse drastique des cours du sucre sur le marché mondial.

L’Etat n’a donc pas eu les ressources nécessaires pour construire les quatre usines restantes, comme l’avait voulu le père de la nation. Nous étions alors dans une période de conjoncture économique contrainte avec les Programmes d’ajustements structurels (PAS) imposés par les institutions de Breton Woods. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) obligèrent l’Etat ivoirien à se désengager des secteurs non productifs. C’est ainsi que survint la privatisation de la Sodesucre en 1997. Et deux opérateurs privés prirent la relève, à savoir Sucrivoire, filiale du groupe Sifca, qui récupéra des unités et plantations industrielles de Borotou et Zuénoula. Tandis que Sucaf Côte d’Ivoire se positionna sur celles de Ferké I et Ferké II.

Un marché détenu par deux ténors

Ces deux acteurs ont aussi connu des fortunes diverses sur leurs deux décennies de marche. A commencer par les crises sociopolitiques qu’a traversées le pays à compter de 1999. L’Etat est finalement arrivé à l’interdiction de l’importation de sucre par le décret n°2008-164 du 28 avril 2008. Son but était de lutter contre la fraude et permettre aux industriels locaux de jouir pleinement de leurs activités en vue d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Mais la fraude et la contrefaçon ont continué de menacer l’industrie sucrière ivoirienne.
Les deux ténors du marché restent alors Sucrivoire et Sucaf Côte d’Ivoire. Le premier exploite présentement 11.000 hectares de plantations industrielles de canne à sucre sur deux grandes unités industrielles, toujours sur les complexes de Borotou et Zuénoula. Sa production est d’une capacité nominale de 100.000 tonnes par an. Le second acteur, Sucaf CI, lui, est doté d’un capital de 21,2 milliards FCFA et déploie une technicité du côté de Ferké I et Ferké II, dans l’extrême nord de la Côte d’Ivoire, sur une superficie sous cannes de 14.600 hectares. Cela lui permet de récolter plus de 1 million de tonnes de canne et produire 105.000 tonnes de sucre par an. Ces deux acteurs produisent donc près de 205.000 tonnes de sucre face à une demande de plus en plus grandissante. C’est dans cet environnement que le gouvernement ivoirien a décidé, le 20 mai 2015, de retirer toutes ses parts (23%) dans le capital social de la société Sucrivoire. Et aujourd’hui pointe une autre question, celle d’une probable «libéralisation» du secteur qui viendrait rouvrir les portes des importations du sucre en terre ivoirienne.

J-J AMOND
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