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Contribution/Des médaillés olympiques et puis quoi : Drogba, les Éléphants, Cissé et Gbagbi ne doivent rien à la sorcellerie...
Publié le mercredi 24 aout 2016  |  L’intelligent d’Abidjan
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Les 5 et 7 juin s’est tenue à Abidjan une « Réunion régionale sur la gouvernance et l’intégrité du sport », organisée par le gouvernement de Côte d’Ivoire et l’UNESCO. L’objectif de cette réunion a été la promotion de l’éthique et des valeurs du sport, mais aussi la protection de la pratique sportive (lutte contre le dopage en particulier). La pratique du sport apparaît bien comme l’une des préoccupations majeures des États et des organismes internationaux comme l’UNESCO ou l’ONU.

Des préoccupations plus urgentes avaient été la priorité de l'État ivoirien durant les premières périodes de l'indépendance nationale. Le sport a été aussi sacrifié pendant les périodes crises politico-militaires, comme d’autres domaines d’ailleurs (éducation, santé).
Cependant, les Ivoiriens se sont toujours intéressés au sport qui occupe, désormais, une place importante dans la société et la transformation du pays, à la fois sous l’impulsion de l’État et des partenaires privés. Les fédérations, les associations sportives et les clubs sont nombreux. Pour les Ivoiriens, le sport est bien une composante importante du développement du pays et du bien-être des individus.
Historiquement, jusque dans les années 1950, 98 % des pratiquants sportifs sont des Européens, les autochtones n’ayant pas le droit de pratiquer. Peu à peu, des petites équipes se créent, notamment à travers les établissements d’enseignement religieux ou laïcs.
Au lendemain des indépendances, dans de nombreux États africains, notamment en Afrique de l’Ouest, les gouvernements voient la nécessité de mettre le sport au service de la nation. La Côte d’Ivoire s’engage résolument dans cette voie. Le sport véhicule un fort sentiment patriotique et suscite l’adhésion de la jeunesse, ce dont les jeunes États-nations ont besoin.
Très vite, le gouvernement ivoirien fait du sport l’une des préoccupations majeures. On constate cependant que le sport africain reste parfois une affaire mystique avec des sorciers qui accompagnent les équipes et qui jouent encore un rôle au cœur des compétitions.
Les victoires sont plus une affaire de forces occultes que de préparation rigoureuse et de moyens financiers dont disposent les fédérations. Ce temps-là est-il complètement révolu ? On le souhaite.
Le talent d’un Drogba, la victoire de la Côte d’Ivoire à la CAN, celle d’un Cissé ou d’une Gbagbi ne doivent rien à la sorcellerie. Il faut y voir le résultat d’une préparation sérieuse, d’un courage et d’une volonté alliés à une discipline rigoureuse.
Le talent n’est rien sans le travail, l’entraînement et la possibilité de bénéficier des meilleures structures et du meilleur encadrement. Une équipe africaine de football ne peut-elle pas remporter la coupe du monde ? Les talents existent. Que manque-t-il alors ?
Ces dernières années, les Ivoiriens ont exporté leurs talents sportifs, en particulier les footballeurs qui jouent dans les meilleures équipes du monde : Didier Drogba, Salomon Kalou, Bonaventure Kalou, Bakari Koné, Aruna Dindane, Arouna Koné, Serge Aurier.
Comment convaincre ces joueurs de jouer pour leur pays quand on voit que les primes qui devaient leur être payées à l’issue de la victoire lors de la CAN ne l’ont pas été, ce qui a entraîné le départ d’un ministre des Sports sans qu'un an plus tard une enquête établisse clairement ce qui s'est passé. De nombreux scandales encore agitent certaines fédérations.

Le sport au-delà du sport
Le sport n’est-il qu'un simple jeu. Évidemment non, car il joue un rôle essentiel dans bien des secteurs de la société. Ce n’est pas un domaine à l’écart du développement du pays ou du projet d’émergence à l’horizon 2020. Rien n’est plus étroitement lié que sport et santé, sport et éducation, mais aussi sport et économie.
Dans le domaine de la santé, il existe plusieurs structures qui s’occupent de développer la pratique du sport pour une meilleure santé. Dans le domaine de l’éducation, le sport est enseigné à l’école par des professeurs qualifiés, le sport scolaire est pris en charge par l’Office Ivoirien du Sport Scolaire et Universitaire (OISSU). Les athlètes sont issus du sport de masse, comme les footballeurs professionnels sont issus du football amateur.
L’engouement pour le sport en Côte d’Ivoire se traduit pas la place qu’il occupe dans les médias (journaux, télévisions, Internet). Les émissions sportives se multiplient. Les compétitions attirent de plus en plus de spectateurs et d’annonceurs. En publicité, l’image des sportifs permet de valoriser un produit. Autour du sport se développe toute une économie avec de véritables industries (matériel, images, emplois).

La question qui se pose est alors la suivante : quelle est la part du budget du sport dans le budget de l’État ? Est-ce toujours une variable d’ajustement, lorsqu’il faut faire des économies budgétaires ? Le ministre actuel des sports a-t-il les moyens de développer le sport en Côte d’Ivoire ? Les jeunes Ivoiriens ont-ils accès à des installations sportives de qualité ? La population peut-elle pratiquer le sport-loisir de son choix ?

Le débat est ouvert : des médailles olympiques, et après ? Les médailles de Rio ne sont-elles pas l’arbre qui cache le désert ivoirien en matière de sport ? Les Jeux de la Francophonie qui se tiendront à Abidjan en 2017 sont l’occasion pour ressortir des tiroirs les résolutions des États généraux du sport en Côte d’Ivoire.

Les télévisions, les journaux, et les radios du monde entier seront là. À cette occasion la délégation ivoirienne pourrait avoir comme porte-drapeau, Cheick Cissé, le médaillé d’or olympique, l’homme qui est arrivé au bout de ses rêves par la volonté et le courage, mais aussi avec des « bouts de ficelle ».

Dans le monde moderne, les « bouts de ficelle » ne suffisent plus, surtout lorsqu’un domaine comme le sport touche à tous les domaines de la société.


Charles Kouassi
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