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Contribution: Vie et mort des partis politiques
Publié le lundi 19 septembre 2016  |  L’intelligent d’Abidjan
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Comme dans tous les pays du monde, les partis politiques ivoiriens connaissent une profonde évolution liée à l’émergence du multipartisme, à l’attente d’un électorat avide de plus de démocratie et de moralisation de la vie politique et à la poussée des jeunes générations, connectées à la mondialisation, qui ne se sentent pas prisonnières d’une cause purement identitaire. Aujourd’hui, ces mêmes partis politiques, s’ils conservent un rôle de sélection et de contrôle des élites politiques, doivent faire un choix : soit, cultiver le repliement communautaire et géographique, soit, s’engager dans la défense de la légitimité républicaine qui place l’État-nation au-dessus des intérêts du clan, de l’ethnie ou du lieu géographique.
La forme purement partisane des trois grands partis ivoiriens (PDCI, RDR et FPI) tire encore une partie de sa légitimité, - et c’est de là que vient le danger -, de l’ancrage ethnique et géographique lié à l’histoire de la Côte d’Ivoire. On associe ainsi le vote PDCI à l’univers socioculturel akan, plus spécialement baoulé, implanté dans les parties orientales et centrales du Sud ivoirien. Le vote RDR renvoie à un monde Dioula dominé par l’islam en donnant du Nord une image qui serait extérieure à la Côte d’Ivoire. Le vote FPI s’appuie sur l’ethnie Bété, un groupe pourtant hétérogène, qui posera la question de l’origine comme pierre angulaire de l’identité ivoirienne.
On oublie trois choses : le PDCI d’Houphouët-Boigny trouva au Nord de solides alliances pour imposer son leadership, notamment au travers de la figure d’un haut dignitaire, Gon Coulibaly, lié à la personne d’Houphouët-Boigny par un pacte sacré ; le coup d’État de 1999 installe pour la première fois, dans l’histoire ivoirienne, à la tête de l’État, quelqu’un qui n’est pas originaire du monde baoulé ....
En 2010, lors de l’élection présidentielle, les rivalités ethniques ont encore eu un impact puissant sur la politique ivoirienne, du moins en apparence. Mais déjà, le paysage politique ivoirien évolue au soir du second tour de l’élection présidentielle. À ceux qui disent que jamais un chrétien ne votera pour un musulman dans ce pays ou qu’un Baoulé ne peut se mettre au service d’un Dioula, d'un Kanga, Bédiérépond : « J’ai signé un pacte avec Ouattara, je le respecterai. »
Ouattara apparaît alors aux yeux de Bédié comme un candidat « transethnique » et « transgéographique ». L’Appel de Daoukro et le projet de parti unifié finissent de discréditer, comme leviers pour faire accéder au pouvoir, les anciennes formations politiques partisanes que sont le PDCI et le RDR. Depuis ses débuts, le RHDP incarne un mouvement qui correspond mieux à ce que doivent être les partis politiques dans une démocratie moderne. Le RHDP n’est pas simplement une coalition électoraliste ou une nouvelle marque destinée à faire oublier, le temps d’une élection, tous les motifs de dissidences, c’est une manière nouvelle de faire de la politique face à de nouveaux enjeux. Bédié et Ouattara sont ainsi en train de refermer certains paradigmes anciens de la politique ivoirienne pour en ouvrir d’autres, plus à même de surmonter tous les motifs conflictuels. Houphouët-Boigny avait voulu créer une identité ivoirienne, consolider le jeune État-nation ivoirien, alors que son pays comprenait plus de 60 ethnies. C’est sûrement l’idée que contient le projet de parti unifié que portent Bédié et Ouattara.
L’opposition doit aussi se reconstruire et le FPI retrouver ses fondations « socialistes », afin de proposer un programme de gauche, une gauche moderne, loin du socialisme obtus des mouvements de libération marxistes des années 1960, contre la libéralisation de l’économie qui figure dans le projet du RHDP, le RDR et le PDCI étant réputés être des partis de la droite républicaine et du centre.
L’environnement social et le contexte politique dans lesquels se sont créés les grands partis politiques ivoiriens ont changé, tout comme les objectifs à atteindre. De la même manière, il convient de réfléchir sur les causes du déclin des partis politiques, à la fois causes internes et causes externes.

Les partis politiques naissent et meurent.
Combien de partis politiques ivoiriens ont disparu ? Combien existent-ils aujourd’hui ? Les trois grands partis « historiques, - PDCI, FPI, RDR -, ont encore le contrôle de la vie politique ivoirienne et la nomination des élites politiques, mais quel projet porte chacun de ces grands partis ?
Le projet de parti unifié que portent Bédié et Ouattara semble être une volonté de faire vivre un « Houphouétisme » du XXIème siècle. Les « noyaux durs » de chaque camp et les « soldats perdus » qui entrent en dissidence s’y opposent. La seule question qui mérite d’être posée est la suivante : quel est le sens de l’histoire ? En Côte d’Ivoire, ce sens de l’histoire épouse nécessairement le chemin de la réconciliation qui est, comme la démocratie, une construction de tous les jours.
Rien n’est plus important que la stabilité politique, gage d’une paix durable. Le rôle d’un parti doit répondre à cette exigence nouvelle de stabilité politique et de sécurité, des valeurs éminemment démocratiques. Tel est le pacte moral que doivent signer les partis politiques avec la nation et le peuple.

Christian Gambotti
Directeur général de l’Institut Choiseul
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