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Tribune / 3ème République : Ouattara face au peuple et à l’histoire
Publié le lundi 24 octobre 2016  |  L’intelligent d’Abidjan
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© Présidence par DR
Cérémonie de lancement de la campagne référendaire par le Président de la République, SEM Alassane OUATTARA
Cérémonie de lancement de la campagne référendaire par le Président de la République, SEM Alassane OUATTARA, ce samedi 22 octobre 2016, au stade Félix HOUPHOUET - BOIGNY.
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Comment interpréter la victoire du « OUI » lors du référendum sur la constitution et celle de la coalition au pouvoir lors des prochaines législatives ?
La campagne pour le « OUI » au référendum sur la nouvelle constitution a commencé le samedi 24 octobre. Les Ivoiriens voteront le dimanche 30 octobre. La victoire du « OUI », que tous les observateurs annoncent comme massive, constitue l’entrée dans la IIIè République. Cette victoire montre aussi que les Ivoiriens accordent leur confiance au Président Ouattara pour continuer à redresser le pays. Cette confiance sera renforcée par la victoire de la coalition au pouvoir lors des élections qui vont suivre.
Cette double victoire s’explique pour trois raisons : d’abord, Alassane Ouattara et la coalition au pouvoir ont montré leur capacité à redresser le pays et instaurer une réelle stabilité politique ; ensuite, les Ivoiriens considèrent que les orientions prises par le gouvernement vont dans le bon sens, même s’ils n’en voient pas, tous, les effets immédiats ; enfin, l’opposition, totalement discréditée, n’a rien à dire, ni à proposer, si ce n’est le boycott des élections et des dérapages verbaux.
Si la victoire semble inéluctable, il faut alors observer plusieurs choses : le nombre des abstentionnistes, le rééquilibrage des forces au sein de la coalition et l’état d’esprit des Ivoiriens.
- Le nombre des abstentionnistes - si ce nombre est plus élevé qu'attendu, il ne faut y voir ni les effets de l’appel au boycott, ( parce que les électeurs n’obéissent pas aux injonctions des derniers retardataires de l’Histoire ) , ni un rejet de la politique du gouvernement. Même si on peut le regretter, le débat sur la Loi fondamentale reste, pour les Ivoiriens, totalement abstrait, loin de leurs préoccupations au quotidien.
- Le rééquilibrage des forces au sein du RHDP – Pour justifier la création du poste de Vice-président, Ouattara affirme ne pas vouloir gouverner seul. Il souhaite partager le pouvoir. Tout le monde aura compris que le Vice-président à nommer sera un cadre RHDP issu du PDCI.
Inscrit dans une vision prospective, le ticket RDR/PDCI, pour gouverner, prépare en réalité déjà 2020. Ce ticket est, pour Ouattara, l’assurance d’une plus grande stabilité politique.
La nomination d’un Vice-président PDCI est, en quelque sorte, une manière de préparer les deux grands partis ivoiriens à ce mode de gouvernance sans attendre l’élection présidentielle de 2020.
Qui osera transgresser, dans l’avenir, cette règle du ticket RDR/PDCI, qui donne aux deux grands partis l’avantage de l’unité sur une opposition morcelée.
- L’état d’esprit des Ivoiriens – Si les Ivoiriens comprennent l’enjeu que représente la promulgation d’une nouvelle constitution, ils ont le sentiment que les débats qui concernent tel ou tel article, les arguties politico-juridiques des uns, l’appel à la défense de la démocratie des uns et des autres avec des arguments contraires, n’ont qu’une fonction : permettre à la classe politique d’exister et aux commentateurs politiques de commenter. Mais tout cela leur semble loin des réalités du quotidien. Qui parle de la nouvelle constitution dans la rue ? Personne. Qui se plaint de la cherté de la vie ? Des hausses des factures d’électricité ? Le peuple.
Comme tous les peuples du monde, les Ivoiriens portent désormais sur la classe politique un regard de méfiance. La victoire du « Oui » lors du référendum sur la constitution et celle du RHDP lors des prochaines législatives leur semblent aller dans le bon sens. Jusqu’à quand ?
À l’évidence, jusqu’en 2020 et au-delà si l’unité perdure au sein du RHDP.
Mais être élu ou réélu, ce n’est rien ; il faut ensuite gouverner. L’« Ivoirien nouveau » va sûrement naître, le redressement du pays et la nouvelle constitution vont le permettre.
En attendant, l’ « Ivoirien ancien » se débat tous les jours dans les difficultés de la « vraie vie »
La réussite d’Alassane Ouattara est, pour tous les observateurs, et pour les Ivoiriens eux-mêmes, une évidence, ce que viendra d’abord confirmer l’écrasante victoire du « OUI » le 30 octobre, puis la majorité RHDP pléthorique qui sortira des urnes lors des législatives.
Ouattara a besoin de ces deux victoires pour accomplir son dernier mandat.
Enfin débarrassé de l’obstacle que représente une élection et sachant qu’il va rendre son mandat de Président le matin du lundi 12 décembre qui suivra l’élection du nouveau Président de la République en 2020, il peut, de 2017 à 2020, accomplir les réformes dont le pays a besoin pour atteindre l’émergence. Le pays qu’il veut laisser en 2020 sera en ordre de marche. Stabilité politique, réconciliation nationale, croissance inclusive sont déjà des réalités palpables.
La nouvelle Constitution s’inscrit dans une vision prospective de l’Histoire. Les avancées qu’elle contient, dans tous les domaines, ouvrent les champs du possible pour une Côte d’Ivoire réconciliée avec elle-même.
En 2020, Ouattara aura à affronter deux jugements : celui des Ivoiriens, qui analyseront son bilan, et celui de l’Histoire. En revanche, ses successeurs auront à affronter le jugement des électeurs ? Seront-ils prêts?

Christian Gambotti, Editorialiste
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