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Référendum constitutionnel en Côte d’Ivoire: le 30 octobre, un dimanche ordinaire à Abidjan (REPORTAGE)
Publié le lundi 31 octobre 2016  |  Alerte Info
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Sur un terrain vague, derrière les salles de classe du groupe scolaire Nord, transformées pour la circonstance en bureaux de vote, dans la commune abidjanaise d’Abobo, Hamed Ouattara et ses camarades s’époumonent à courir derrière un ballon dans un match de football.

Bien curieuse attitude pour un jour si important pour la Côte d’Ivoire où près de six millions d’Ivoiriens sont appelés à se prononcer sur un nouveau texte constitutionnel. “On est informé du vote mais on joue au foot pour le moment. Après on verra si on ira voter’’, lance le jeune homme d’environ 25 ans sous les regards approbateurs de ses camarades de jeu.

Comme eux de nombreux habitants de cette commune située dans le nord d’Abidjan et réputée favorable au chef de l’Etat Alassane Ouattara, initiateur de la reforme constitutionnelle, n’ont pas dérogé à leurs activités dominicales habituelles.

Les minicars de transport communément appelés gbakas et les taxis banalisés ou wôrô-wôrô continuent leurs ballets incessants sur les différentes artères de la commune, dans le désordre traditionnel.

La cour du groupe scolaire Kennedy, l’un des nombreux centres de vote de cette commune, est quasi-déserte jusqu’à 08H45 GMT soit un peu moins de deux heures après son ouverture. La faute à une tardive mise en place du matériel par les assesseurs de la Commission électorale indépendante (CEI), en charge de l’organisation du scrutin.

“Ce vote ne m’intéresse pas’’, lance sans plus de raison Ahmed Bagaté qui se réclame pourtant “partisan’’ du chef d’Alassane Ouattara.

Au même moment, deux hommes, certainement des partisans du pouvoir, entament une causerie : “Il faut que les gens sortent pour venir voter (pour ne) pas que les gens de l’opposition disent qu’ils sont plus nombreux que nous’’, dit l’un d’entre eux.

En face de ce centre, des femmes tiennent des étals de vente de produits viviers et autres denrées alimentaires dans ce qui a l’air d’un marché de fortune, donnant l’impression de ne pas vouloir mettre en veilleuse leurs occupations quotidiennes pour aller accomplir ce devoir citoyen.

A Yopougon, historiquement considérée comme le bastion de l’opposition à Abidjan, c’est le même manque d’engouement. Dans les rues de la commune la plus grande de la capitale économique ivoirienne, les bureaux de vote sont à peine identifiables au premier coup d’œil. Il faut plutôt demander aux passants pour avoir une idée de la direction à prendre pour se rendre aux urnes.

Partout, les habitants vaquent à leurs occupations. Pour briser l’ennui, les assesseurs des bureaux de vote du Collège William Ponty sortent de temps à autre de leurs salles pour faire causette.

C’est au compte goutte que les électeurs viennent aux urnes. Une image qui tranche d’avec l’affluence exceptionnelle de la présidentielle de 2010 (où 80% de l’électorat a voté).

“On vote pour quoi ?’’, interroge un homme d’environ la quarantaine, passant devant l’Ecole primaire publique Sogephia 2 à la vue des rares électeurs qui entrent et ressortent de ce centre.

Serge Alain KOFFI
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