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Les samedis de Biton : Demain, les femmes…
Publié le samedi 26 novembre 2016  |  L’intelligent d’Abidjan
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C’était prévisible pour tous ceux qui sont habitués à lire ma chronique. J’avais déjà écrit pourquoi les femmes resteront encore minoritaires dans les postes à conquérir dans les élections politiques et même municipales. Je suis surpris de la surprise d’un grand nombre de personnes qui s’étonnent de ne pas voir un grand nombre du genre sur la liste des partis encore moins se présenter en indépendantes. Et cela sera ainsi tant qu’on n’imposera pas, je dis bien imposer, par la « force », un quota aux femmes et encore mieux faire prendre une décision de faire du 50/50. La vraie parité. Sous le règne du Président Wade, cela a été réussi au Sénégal et ne sera plus jamais remise en question. De nombreux facteurs jouent au détriment de la femme en politique. Certes, on en trouve qui sont des « bêtes » politiques, qui descendent dans l’arène avec leurs « armes de gladiateurs », mais combien sont-elles ? Une très « grande minorité. » Pourquoi, sans imposition de quota, elles ne seront jamais nombreuses en politique ? La grande cause est liée au mariage. Rares sont les maris qui peuvent supporter le programme politique, de leur épouse, réparti en réunions multiples. Souvent le foyer est transformé en terrain de meeting. Les militantes viennent sans cesse prendre un temps précieux dans la vie du couple. Certaines diront qu’il est possible à une femme de lier les activités conjugales à celles de militantes chevronnées du parti dont elles sont membres. Elles savent que ce n’est pas possible. Sauf dans des cas exceptionnels ou accepter de subir les calomnies de la belle famille, des voisins. Sans oublier la jalousie montante et rampante du mari. A moins que les deux militent ensemble et encore ! C’est au niveau de l’harmonie conjugale qu’on doit former les femmes à s’engager fortement dans la vie politique. Que dois-je faire en tant que femme mariée si je dois m’engager dans la vie politique ? Doit être le thème développé, tous les trimestres, par des spécialistes, lors des séminaires organisés pour la formation ou l’initiation des femmes à la politique. Bravo à toutes ces femmes militantes qui ont réussi leur vie de couple. Chapeau bas ! Une deuxième raison, celle-là, objective, empêche les femmes de s’engager dans des combats politiques. La femme, naturellement est émotive. En politique, il faut des fauves. Attaquer avant qu’on ne t’attaque. Etre capable de supporter les mensonges, les dénigrements, les falsifications de ses propres partisans, des proches et même des plus proches. Être prête à s’entendre dire qu’on est étrangère dans son propre village dont on veut briguer le poste de député. Je disais que les législatives sont la bataille des batailles. On le constate depuis quelques jours. La femme si douce, si solidaire est encore loin de prendre son poignard pour frapper l’adversaire dans le dos, un exercice si élémentaire dans la jungle politique. La politique n’est pas ce qu’on voit au journal télévisé. La politique, la vraie, est ce qu’on ne voit pas. Voyez-vous une femme monter des complots contre son cousin à cause d’un poste de député ? Non, elle ne peut pas. Or, c’est ce qu’il faut. Lui sourire dans la journée et préparer la nuit un piège contre lui afin qu’il y tombe en se fracturant tous les membres. Des femmes en sont capables mais encore très peu. « Le Prince » de Machiavel est de tous les jours. Mon roman « La bête noire. » est une introduction à la vie politique pour des amateurs. Pour augmenter le nombre des femmes en politique, il faut encore des séminaires pour apprendre aux femmes à tenir le sabre caché dans le dos ou sous la robe. Mais les choses changeront forcément…demain. Dans de nombreux collèges et lycées, les femmes ont de très bonnes moyennes. Plus que les garçons. Elles sont battantes, sérieuses, réfléchies. On voit, aujourd’hui, comment les jeunes gens se comportent. S’ils continuent ainsi on ne sera pas étonné de voir demain des femmes diriger le pays. Elles auront eu à connaître la faiblesse de leurs homologues sur les bancs de classe. Et c’est sans complexe qu’elles aborderont la bataille politique sans complexe. En plus, comme on le constate dans le monde politique occidental, les hommes politiques sont tous de grands lecteurs. Il suffit de les écouter. Ici, ce sont les femmes qui lisent. On sait la force de la lecture et ce qu’elle apporte à l’individu. Alors, les femmes auront le champ libre devant des hommes qui continueront à s’engluer dans la haine, le mensonge, l’hypocrisie et la duplicité, les maux de tous ceux qui ne lisent pas. En plus, la nouvelle génération sera comme la femme européenne. Le mariage ne sera plus la première obsession de la femme africaine. Les hommes apprendront à les respecter. Et pour la femme, demain n’est plus loin. Ainsi va l’Afrique. A la semaine prochaine.

Par Isaïe Biton Koulibaly
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