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Décès de Jeanne Martin Cissé, figure de l’autonomie et des droits des femmes
Publié le mercredi 22 fevrier 2017  |  AIP
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Abidjan - Figure pour le combat pour l’autonomie et des droits des femmes, la Guinéenne Jeanne Martin Cissé, première femme à avoir présidé le Conseil de sécurité des Nations-Unies en 1972, est décédée mardi, en sa résidence de Donka (Conakry), à l’âge de 91 ans, rapporte les médias. Jeanne Martin Cissé, mère de six enfants, est née le 6 avril 1926 à Kankan, dans une famille musulmane d’origine Moussou et Malinké. Elle était devenue institutrice en 1940, après avoir étudié à la célèbre école normale de Rufisque, une école d’élite féminine qui s’était employée à faire de ces élèves venues de toute l’Afrique coloniale française, de futures enseignantes, attachées à leur africanité. C’est là qu’elle fera la connaissance des futures grandes intellectuelles africaines, comme l’écrivaine Mariama Bâ (Une si longue lettre), ainsi que la future ministre ivoirienne Jeanne Gervais décédée en 2012, ou encore la célèbre journaliste sénégalaise Annette Mbaye d’Erneville. «On a grandi dans la même cour d’école. C’était une pionnière africaine, une grande figure, la première femme africaine à avoir eu des postes importants au niveau international». En effet, en 1948, elle se marie à Ansoumane Touré, un des fondateurs du Parti Démocrate Guinéen (PDG) animé par Sékou Touré. Très vite, elle milite pour l’indépendance et œuvre pour l’émancipation des femmes en Afrique. Avec l’arrivée de Sékou Touré au pouvoir en 1958, elle gravit un à un les échelons de la carrière politique. Élue député en 1968, elle est désignée en 1972 au poste de représentante permanente de la Guinée aux Nations-unies, et devient par là même présidente du Conseil de Sécurité de l’ONU, son pays étant alors membre non permanent de ce comité. En 1976, elle revient en Guinée pour devenir ministre des Affaires sociales. En 1984, après la mort de Sékou Touré, elle est arrêtée, sans jugement, et emprisonnée jusqu’en mai 1985, puis libérée. Elle s’exilera alors de longues années aux États-Unis avant de revenir vivre dans son pays au début des années 2000. « C’était une battante, qui aimait avant tout l’Afrique, Elle avait offert ses services à la Guinée de Sékou Touré, parce qu’elle pensait qu’elle pourrait donner le meilleur d’elle-même. Mais la période des purges l’avait rendue triste », précise Madame Sow Nima Bâ, ex-députée du PDG, et ancienne élève de Rufisque.. En 2008, Jeanne Martin-Cissé avait écrit une autobiographie, La fille du Milo, où elle était revenue notamment sur les grands moments de sa carrière, en refusant cependant de se prononcer sur le régime de Sékou Touré.

tls/fmo
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