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Le ministre Ahoua N’doli Théophile aux questions des journalistes : « C’est avec l’Eléphant d’Afrique qu’on doit aller à l’émergence » L’industrialisation et la privatisation
Publié le mercredi 31 mai 2017  |  GEPCI
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© Autre presse par DR
Le ministre Ahoua N’doli Théophile répond aux questions des journalistes
Mardi 30 mai 2017. Abidjan. Le Directeur de cabinet du Vice-président de la République, Ahoua N`Doli était face aux journalistes dans le cadre d`une rencontre organisée par les éditeurs de presse de Côte d`Ivoire (GEPCI).
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La Côte d’Ivoire a opté pour le libéralisme économique. Malgré ce libéralisme économique, dans les années 70, il y a eu le capitalisme d’Etat, c’est-à-dire l’Etat de Côte d’Ivoire s’est engagé dans une série d’actions pour développer le secteur économique parce que le secteur privé était marginalisé. Les sociétés d’Etat, c’était noble comme idée, mais de nombreuses sociétés d’Etat ont plombé la Côte d’Ivoire. Parce que nous nous sommes retrouvés avec un niveau d’endettement extrêmement élevé. Une part importante de cette dette provenait des investissements désastreux de l’Etat et une gestion qui n’a pas été à la hauteur des exigences des dirigeants de cette époque. Les Caisses de stabilisation… au Brésil et en Malaisie, ont participé au développement de leur pays. Ces structures para publiques ont été à la base de l’industrialisation, dans ces pays, parce qu’elles ont profité du surplus pour investir massivement dans la transformation des produits qu’ils vendent à l’extérieur. En 1991, j’étais le président du Programme d’ajustement du secteur financier. Les bailleurs de fonds et nous avons discuté pendant 4 mois, nous n’avons pas pu nous mettre d’accord. Parce qu’ils avaient souhaité qu’on supprime un certain nombre de sociétés. Et j’y étais opposé. J’ai dit que ces sociétés pouvaient être redressées. Le problème n’est pas une question de marché, même pas un problème d’activité. Le problème des sociétés d’Etat en Côte d’Ivoire c’est qu’elles sont gérées comme à la Fonction publique. La Fonction publique n’a pas à rechercher le profit, elle travaille pour l’intérêt général. Une société que vous gérez de cette manière, évidemment en embauchant tout ce que vous voulez, sans regarder le taux de rentabilité qu’il faut, il y a problème. C’est pour cela qu’en 1980, le président Houphouët lui-même a commencé à abandonner le projet de société d’Etat et il y a eu la privatisation. Et on a dit que c’était le secteur privé qui devrait le faire. Le secteur privé aussi ne va pas aussi vite qu’on le souhaite mais il y a quand même une évolution importante. Aujourd’hui, 500.000 tonnes de cacao sont transformées sur place. Si c’était à l’époque où j’étais ministre de l’Industrie, je dirais que 50% de notre production de notre cacao étaient transformés. Parce qu’à l’époque, on produisait 700.000 tonnes de cacao. Maintenant que la production a bondi à 1,7 million, 500.000 tonnes transformées, le taux est encore plus bas. Et l’objectif que le président a fixé, c’est qu’en 2020, on doit transformer 50%, c’est-à-dire 1 million de tonnes en valeur absolue.

La proposition que j’ai faite, c’est qu’on peut pallier ces deux choses en permettant à la Caisse de stabilisation de s’engager comme ça a été fait au Brésil et comme en Malaisie.

Houphouët a dit capitalisme à visage humain, et les économistes ont dit capitaliste d’Etat. Il faut que l’Etat, par l’intermédiaire des structures, Conseil café cacao, avant Caisse de stabilisation, puisse utiliser les excédents de ces structures pour développer. Au Koweït comme au Qatar…ils ont constitué, à partir du pétrole, des fonds souverains pour faire leur développement. Nous pouvons, nous aussi, accélérer notre industrialisation par là. Le Conseil café cacao peut, lui aussi, constituer des structures de transformation de café et de cacao, il en a les moyens. C’est le cas de Petroci, qui, en son temps se portait bien, peut développer des usines de transformation chimique de produits phytosanitaires… c’est comme cela qu’on développe l’industrie.

Éléphant d’Afrique et émergence

L’éléphant d’Afrique, c’est l’éléphant économique. C’est lui qui doit aller à l’émergence qui est une étape du développement. Nous utilisons l’éléphant d’Afrique par rapport à notre emblème qui est l’éléphant. Et donc comme notre équipe nationale, notre économie s’appelle l’éléphant. Donc c’est l’éléphant économique. Puisque j’avais la chance d’être là quand on rédigeait ce programme.

Révision du budget suite à la chute du coût du cacao

Les pays pétroliers, à commencer par l’Arabie Saoudite qui a réduit son budget de 30% à cause de la baisse du cours du pétrole. Tout pays du monde s’adapte à la conjoncture. Et notre principale production qui est le cacao a baissé donc on réduit un certain nombre de choses. C’est ce que tous les pays du monde font. Mais je le rappelle, on a 500.000 tonnes de cacao qui sont transformées, l’objectif c’est d’arriver dans 4 ans à un million de tonnes. C’est ce qu’il faut faire, cela nous préservera des fluctuations trop importantes.
La chute du cacao est conjoncturelle, il faut maîtriser les éléments. L’Etat de Côte d’Ivoire y travaille pour ne plus connaître cette situation. Récemment, le président du Ghana était là et le prix a commencé à monter. Si les deux pays se mettent ensemble, cela fait 60% de la production mondiale, cela peut faire changer les choses. Il y a une volonté politique de la Côte d’Ivoire à aller à la maitrise de son économie. En allant à la transformation. La Côte d’Ivoire s’est engagée à transformer au moins un million de tonnes en 2020. L’anacarde c’est pareil, il faut que d’ici 2020, 100% de la production puisse être transformée.

Le foncier rural

La loi de 1998 n’est pas bloquée, toutes les mesures ont été prises pour qu’on commence la mise en œuvre effective de cette loi pour sécuriser le foncier rural. Il est aujourd’hui un problème avec l’accroissement de la population ivoirienne, il y a une pression forte. Et la loi réserve la terre aux Ivoiriens. On a demandé aux personnes propriétaires de terre de les immatriculer. Quand vous partez pour les immatriculer, il faut montrer que vous êtes Ivoiriens. Il y a certains étrangers qui sont sur la terre, mais qui leur a donné ces terres, c’est nous-mêmes. Ce sont nos propres parents qui donnent ces terres-là. Mais ces personnes ne peuvent pas se prévaloir d’être les propriétaires de ces terres. Le gouvernement y travaille, et tout est en cours.

Le volet sécuritaire

Seul on ne peut pas, il faut que toute la sous-région se mette ensemble. Là également, la population a un rôle important à jouer. C’est ensemble que nous pouvons combattre ce fléau des temps immémoriaux.

La croissance économique

Une croissance économique est le revenu supplémentaire d’une année qu’un pays produit. Et ce revenu supplémentaire, c’est notre production agricole, c’est notre production industrielle, c’est la production des services…. C’est cela calculé qui, dans l’année, donne un pourcentage. Et ce calcul est fait par la Côte d’Ivoire, la Banque mondiale, l’Ocde. C’est de la plus-value engrangée par un Etat en une année. Est-elle inclusive ? Autant que faire se peut. Un pays qui sort de dix années de crise économique, il faut reconstituer ce pays, reconstituer les revenus avant de pouvoir distribuer au plus grand nombre. Quand vous avez 5 millions de chômeurs en 2010. C’est l’activité économique qui peut résorber le chômage. Vous ne pouvez, pas en 2011, réintégrer 5 millions de personnes. Vous ne pouvez pas, en un an, résorber 5 millions de personnes. Il faut du temps pour le faire au fur et à mesure. Novembre 2004, 400 entreprises qui ont été détruites ou qu’on a dû délocaliser. Quand ces entreprises sont parties, c’est 16.000 Ivoiriens qui se sont retrouvés dans la rue. Oui, c’est aussi la conséquence de nos actes. Tous ces frères-là, il faut les réintégrer étape par étape.

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