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Lutte syndicale, la leçon du Prof Tiemoko Doumbia, sociologue, aux « fescistes »
Publié le lundi 11 septembre 2017  |  Pôle Afrique
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« Le syndicat dans le processus d’autonomisation et de démocratisation des États africains depuis la colonisation à nos jours » tel est le thème de la conférence publique animée par le Professeur Tiemoko Doumbia à la cité Mermoz de Cocody, à Abidjan, la capitale ivoirienne le samedi 9 septembre 2017. Une rencontre initiée par la section FESCI (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire) de cette cité, en présence de son secrétaire général national, Assi Fulgence Assi.

Répondant à l’invitation de la FESCI, section de la cité universitaire Mermoz qui faisait sa rentrée syndicale, Professeur Tiemoko Doumbia, chef du département de sociologie-Anthropologie de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké a invité les étudiants, à un syndicalisme plus responsable.

« Si vous voulez que la Côte d’Ivoire aille de l’avant, les syndicats doivent être forts, en posant les problèmes en toute responsabilité, sans compromission », a-t-il exhorté, les dirigeants de la FESCI.

Le professeur a profité de cette rencontre, pour situer les origines de la lutte syndicale à l’époque de la colonisation. « Le lien entre le syndicat et la démocratie apparaît sous la relation historique », a-t-il précisé. De ce lien a découlé un rapport de complémentarité entre les forces syndicales et les forces politiques, qui ont contribué à l’acquisition de l’indépendance de la plupart des États africains de la zone francophone. Le syndicalisme dans les pays africains a commencé à prendre forme au cours de la période coloniale sous la houlette de la conférence générale des travailleurs (CGT) de France, une des plus vieilles organisations syndicales de l’époque colonisation qui a inspiré l’élite africaine.

Mais, après les indépendances, dans un contexte monopartite, ces syndicats se sont inféodés aux pouvoirs en place et ont été obligés de disparaître pour être remplacés par des organisations à la remorque des dirigeants et gouvernants existants à l’image de l’UGTCI (Union générale des travailleurs de Côte d’Ivoire) qui « s’est engagé dans ce que son ancien secrétaire général, Adiko Niamkey a qualifié de syndicalisme de participation ».

Pour le sociologue, la FESCI n’a pas échappé à cette forme de syndicalisme à l’arrivée de ses alliés au pouvoir dans les années 2000. Si bien qu’après le départ de ceux-ci, ce syndicat d’étudiants carrefour idéologique. « Dans le processus du syndicalisme politique ou socialiste, la FESCI a vu ses alliés arriver au pouvoir notamment le FPI. Ce qui a conduit cette force syndicale à faire allégeance à ses alliés et à s’engager dans un syndicalisme de participation. Après le départ de ses alliés du pouvoir, la FESCI se trouve à la croisée des chemins. Tantôt persécuté par le pouvoir en place, tantôt taxée d’être aux ordres de l’opposition, elle se trouve dans un tournant où elle doit repenser sa ligne et sa lutte. », a commenté l’anthropologue.

Cette rentrée syndicale de la FESCI section Mermoz, intervient deux jours après une manifestation des étudiants au Lycée Sainte Marie de Cocody, lors de la grande réunion de rentrée, organisée par le ministère de l’Éducation nationale, le jeudi 07 septembre dernier. Le secrétaire général Assi Fulgence Assi, avait alors donné les raisons de cette mobilisation inopinée, en demandant aux autorités de revoir le coût élevé de la scolarité.

Une invitation donc à un syndicalisme plus responsable lors de cette cérémonie, que le premier responsable de la FESCI entend respecter. « Nous prenons l’engagement, d’éviter les sorties de route qu’on constate par moment dans notre organisation. La première fois que j’ai échangé avec le professeur Doumbia, j’ai été épaté. Car au delà de sa profession d’enseignant, il a une vision pour la Côte d’Ivoire et pour la jeunesse ivoirienne » a t-il précisé.

Les élèves et étudiants reprennent le chemin des classes ce 11 septembre 2017 sur toute l’étendue du territoire ivoirien. Les autorités espèrent une année scolaire calme, sans perturbation.



Éric Coulibaly
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