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Sécurité - Les démobilisés reportent leur manifestation, sous des gifles, les chefs traditionnels et religieux montent au créneau
Publié le jeudi 26 octobre 2017  |  Pôle Afrique
Bouaké:
© Autre presse par DR
Bouaké: Mouvements d’humeurs des démobilisés
Les Mouvements d’humeurs des démobilisés en Côte d’Ivoire signalés ce lundi 8 mai dans la ville de Bouaké, s’étend dans d’autres localités du pays.
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Les responsables de la cellule 39 ont annoncé le report sine die de leur manifestation.

Par un communiqué public, la Cellule 39, regroupement d’ex-combattants issus des Forces Nouvelles, a décidé de surseoir à sa manifestation prévue ce jeudi sur l’ensemble du territoire national, a confirmé Soro Kignaman, secrétaire général de la structure joint ce matin par PôleAfrique.info.

« Les chefs traditionnels, l’ensemble de la notabilité de Korhogo, les religieux chrétiens, les adjoints au maire, en appui au Préfet de région, Daouda Ouattara, se sont mobilisés comme un seul homme pour nous faire appel. Ils nous ont demandé de surseoir à notre manifestation. Ils ont décidé de prendre à bras le corps notre sort et ont promis tout mettre en œuvre afin qu’il y ait une rencontre entre nous et le Premier Ministre qui sera ici dans quelques jours. Et surtout demander au gouvernement de se pencher sur notre problème. A l’occasion, nous reposerons le problème dans son entièreté. Nous ne sommes pas dans les histoires de pro-X ou pro-Y, notre pro est notre survie quotidienne, nous ne parvenons pas à joindre les deux bouts. Nos amis meurent. En Afrique, quand des pères demandent à t’aider à résoudre un problème, il ne faut qu’écouter, raison de l’appel lancé à tous nos coordonnateurs pour ne rien entreprendre ce jeudi » a expliqué le secrétaire général de la Cellule 39.

Il soutient que « les autorités avaient tout mis en œuvre pour en finir avec cette histoire. »

Mais, les autorités sécuritaires à Korhogo, ont usé de tact pour ne pas envenimer une situation déjà délétère. Ils ont fait des mains et des pieds pour que triomphe le dialogue. « Nous sommes reconnaissants à l’endroit de tous ceux qui dans l’ombre ont œuvré et nous comprennent et entendent notre cri de détresse au niveau des autorités policières de Korhogo dont les conseils à privilégier le dialogue ne nous font pas défaut » indique Soro Kim.

Après des alertes, la Cellule 39 avait opté pour des sit-in éclatés ce jeudi devant les préfectures de région. Toute chose qui a conduit à un déploiement sécuritaire dans certaines villes.

A Bouaké, la reddition a été obtenue par des gifles bien appliquées sur des ex-combattants. Sur une vidéo consultée par PôleAfrique.info, Ouattara Amadou, se disant « porte-parole » d’un groupe de démobilisés et un de ses camarades, ont été ramollis par des individus qui tenaient à obtenir le sursis de leur manifestation. Des coups appliqués à l’aide de ceinturon et des claques ont suffi pour obtenir des menaçants la décision de parapher un document, mettant fin à leur manifestation. Sont-ils reconnus par leurs amis ? « Non, Ouattara Amadou et son groupe, Aboudou Diakité sont hors de nos fichiers » soutient Soro Kignaman. « Aboudou est wanted depuis la manifestation qui a conduit à la mort d’un jeune. Ouattara Amadou et ses suiveurs ont été radiés de nos listes donc ils agissent en leur nom et nous avons toujours dit ne pas nous reconnaître dans leurs actions » a précisé le secrétaire général de la cellule 39 à PôleAfrique.info depuis Korhogo.

Les démobilisés estiment ne pas avoir été pris en charge par l’ADDR et les places accordées par le Président de la République, cédées à des non combattants qui n’ont jamais été sur les lignes de front ou au sein des Forces Nouvelles. Ils demandent un »audit » du DDR qui montre ses faiblesses avec ces menaces sur la sécurité.

Sur place à Bouaké, Doumbia Soumaïla, de la Plateforme pour la démocratie et la paix, une des premières structures de défense des droits de l’Homme sur le terrain dès septembre 2002, estime que « il n’y a pas eu de sincérité sur les chiffres du DDR tels que dit au Président Alassane Ouattara. Les chiffres communiqués ne reflètent pas la réalité et il existe des personnes qui n’ont jamais été prises en compte » soutient-il.

Du côté du gouvernement, le porte-parole, Bruno Nabagné Koné, au sortir du conseil des ministres ce mercredi 25 octobre, a fait savoir que « pour ce qui est de la cellule 39, cela fait partie des situations qui sont observées par le gouvernement. Encore une fois, je n’ai pas envie d’aller trop en avant puisque les discussions continuent. Les échanges ne sont pas complètement arrêtés entre l’Etat de Côte d’Ivoire et ces personnes démobilisées », insistant sur le fait que l’Etat fait « avec les moyens disponibles ». Les ivoiriens et avec eux, les amis de la Côte d’Ivoire ne demandent qu’une solution définitive à cette situation qui n’a que trop duré.

Adam’s Régis SOUAGA
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