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Le secteur bancaire ivoirien se prépare pour Bâle II et III
Publié le vendredi 24 novembre 2017  |  Cote d’Ivoire Economie
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© Autre presse par DR
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Dernière arrivée sur la scène bancaire ivoirienne, la Banque d’Abidjan (BDA) a ouvert ses portes le 5 septembre, portant à 28 le nombre total d’acteurs financiers que compte le pays. C’est dans un contexte de réformes radicales du secteur bancaire qu’a eu lieu son lancement, la Côte d’Ivoire mettant tout en œuvre pour respecter les normes minimales de fonds propres issues de Bâle II et III.

La BDA est une filiale de la holding Société ivoirienne des finances (SIF), une coentreprise entre le groupe sénégalais Banque de Dakar, qui détient 80% des parts de l’établissement, et le groupe postal public ivoirien, La Poste, qui détient les 20% restants. La banque profitera du réseau de la Poste et de ses 200 agences à travers le pays pour établir sa présence, prévoyant de surcroît l’ouverture de 32 succursales supplémentaires d’ici fin 2017. Elle vise en premier lieu une clientèle haut de gamme et les grandes entreprises et offrira un large éventail de services financiers mobiles. Actuellement dotée d’un capital de 15 milliards de francs CFA (22,9 millions d’euros), la banque pourrait bien voir ce dernier, à en croire les prévisions, atteindre 17 milliards de francs CFA (25,9 millions d’euros) d’ici la fin de l’année.

Des réformes ambitieuses
L’entrée de la nouvelle banque sur le marché ivoirien coïncide avec l’introduction progressive d’une série de réformes ambitieuses dans la région, en prévision de la mise en œuvre du cadre réglementaire issu de Bâle II et III. La mise en place de cette réglementation est effectuée de manière graduelle par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), avec une adoption officielle prévue au plus tard pour le 1er janvier 2018, et un délai de cinq ans pour s’y conformer pleinement.
Conformément aux normes en vigueur, le secteur bancaire de la région va s’employer à renforcer les ratios prudentiels, à consolider le contrôle du secteur bancaire régional, à accroître la transparence et à moderniser les systèmes d’information.
Le relèvement du capital social minimum des établissements bancaires de la zone Uemoa, une disposition visant à renforcer la solidité du secteur avec l’obligation de s’y conformer au plus tard le 1er juillet de cette année, constitue l’élément fondamental des réformes. Ayant été porté en milieu d’année 2015 à 10 milliards de francs CFA (15,2 millions d’euros) ce seuil pourrait être relevé à nouveau afin de réduire les risques opérationnels et les risques de marchés conformément aux nouvelles dispositions des accords de Bâle.
«Pour les banques qui disposent d’appuis financiers extérieurs, il s’agira uniquement de réfléchir à la meilleure stratégie à adopter pour mobiliser les capitaux nécessaires et se conformer aux nouveaux seuils», a expliqué Habib Koné, CEO d’Atlantic Business International, holding de la Banque centrale populaire (BCP), lors d’un entretien avec OBG.
Le ratio de solvabilité, qui s’élevait à 8,04% en juin, devrait égaler évoluer à la hausse. «Conformément aux normes minimales de fonds propres issues de Bâle III, notre ratio de fonds propres passera de son taux actuel de 8% à 11,5% de capital aux avoirs pondérés par le risque, ce qui nécessite une augmentation des fonds propres pour les banques en Côte d’Ivoire», a déclaré Jean-Louis Menann Kouamé, PDG de la Banque internationale pour le commerce et l’industrie de la Côte d’Ivoire (Bicici), à OBG. Des mesures récemment mises en place par la BCEAO devraient également soutenir les préparatifs du secteur bancaire avant la date butoir de janvier.
Parmi ces dernières, on peut citer la décision adoptée fin décembre l’année dernière d’instaurer un plafond à la facilité de prêt de la BCEAO, équivalent à deux fois le capital de la banque débitrice, limitant de fait l’accès à cette possibilité de refinancement populaire, dans le but de promouvoir le marché interbancaire. Répondant à la pression des banques, le BCEAO a abaissé au mois de mars le taux de réserves obligatoires sur les dépôts bancaires, le faisant passer de 5% à 3% afin d’augmenter la liquidité des banques et de réduire les besoins de refinancement en Afrique de l’Ouest.

Les banques à l’affût de nouvelles pistes en matière de mobilisation de capitaux
Le programme de réformes a toutefois exposé les liquidités bancaires à des pressions, et ce dans un marché déjà extrêmement compétitif, poussant les banques à étudier de nouvelles pistes de financement. En mars, le capital-investisseur panafricain Development Partners International est entré à hauteur de 20,2% dans le tour de table d’Atlantic Business International, basée à Abidjan, pour un montant de 100 millions de dollars (85,2 millions d’euros). Trois mois plus tard, la compagnie d’assurance internationale Swiss RE a acquis une participation minoritaire dans la holding financière ivoirienne Manzi Finances, qui détient 60% de NSIA Participations, groupe financier dont le siège est à Abidjan, pour la somme de 100 millions d’euros.
Des banques plus petites procèdent également à des augmentations de leur capital en prévision de la nouvelle législation, Orabank Côte d’Ivoire s’étant par exemple vu octroyer au mois de juillet un prêt de 20 milliards de francs CFA (30,5 millions d’euros) par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) afin de renforcer ses réserves.
La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) constitue un autre recours pour les banques désireuses de réunir des capitaux. La décision du Groupe NSIA d’introduire 20% de son capital en Bourse au mois de juin dernier a permis à la banque de récolter 34 milliards de francs CFA (51,8 millions d’euros).
Ecobank Côte d’Ivoire devrait lui emboîter le pas avant la fin 2017. «Nous espérons lever 45 milliards de francs CFA (68,6 millions d’euros) grâce à l’introduction à la BRVM cette année de nouvelles actions d’Ecobank Transnational, notre principal actionnaire», a déclaré Charles Daboiko, le directeur général de la banque, lors d’un entretien avec OBG.

La consolidation à l’ordre du jour
L’accent placé sur les niveaux de liquidité laisse de plus en plus supposer que le secteur connaîtra une vague de consolidation du marché, aussi bien à l’échelle nationale que régionale. À titre d’exemple, NSIA Banque a annoncé son projet de racheter 97% des parts de Diamond Bank au Bénin, une filiale ouest-africaine de la banque nigériane éponyme, pour un montant estimé à quelque 40 milliards de francs CFA (61 millions d’euros).

Côte d’Ivoire Economie en partenariat avec Oxford Business Group
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