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Immigration clandestine et trafic humain- Le Koweït rejoint la Lybie, une victime de Danané sauvée du réseau d’un « prophète »
Publié le vendredi 9 fevrier 2018  |  Pôle Afrique
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Anicette Claudine a voulu partir voir ailleurs, loin de son Danané natal (650 Km à l’Ouest d’Abidjan). L’Europe qui lui était promis a été remplacé par le Koweït d’où elle est revenue avec une réelle idée de l’aventure. Reportage exclusif au cœur d’un autre réseau de trafic de jeunes femmes.

Anicette Zingbé s’est laissée appâter par un jeune homme, Jean Wakeuleu Charles, né en 1988 et devenu par paresse, « prophète ». Sa prophétie, il l’opère sur les âmes fragiles de son ministère religieux, l’église Philadelphie de Danané.

C’est là qu’il va choisir les victimes au voyage pour un asservissement moral et professionnel. De fait, Anicette Zingbé qui a découvert que le faux prophète et son acolyte, une jeune ivoirienne de la région, Bodou Cynthia Shaé, avait abusé de sa bonne foi, avait lancé sur les réseaux sociaux, un appel au secours. SOS entendu par le maire de Binhouyé, qui fait de la lutte contre les violences basées sur le genre dans la région de l’Ouest, son cheval de bataille.

Gueu Jacqueline va courir vers des cadres de la région à commencer par le président du conseil régional, Albert Mabri Toikeusse, pour mobiliser les fonds nécessaires au retour de la jeune fille. Montant, 1.300.000 FCFA. Avec l’aide de l’Ambassade de Côte d’Ivoire en Arabie Saoudite, Anicette va retrouver la terre de ses ancêtres.

Déjà, à Abidjan, elle fait un crochet à Yopougon se délecter d’un plat de la région, le « pklé » au manioc ! Elle revient de loin.

C’est Jacqueline Gueu, maire de Bin-houyé, engagée dans le sauvetage de cette jeune fille qui raconte le film.

« J’ai été saisie par ma chargée de communication, parce qu’elle est amie à des amies à Anicette. Et elles l’ont saisie pour dire que comme ta patronne défend beaucoup les cas des femmes, des enfants, voilà un cas qui est là. Il y a des filles qui ont été prises au Koweït. Il y a une fille qui a été vendue, et c’est notre amie. C’est un pasteur de l’église Philadelphie qui est le responsable. C’est un pasteur qui a créé ce réseau-là, qui vend les filles dont notre camarade. Donc si tu peux saisir ta patronne pour que vraiment elle aide la fille, parce que nous on ne sait même pas comment on va faire, ce serait bien. Donc quand ma chargée de communication m’en a parlé, moi je suis allée toucher le ministre Mabri. Il était déjà saisi de l’affaire. Mais les gens à qui il a confié l’affaire ne se sont pas intéressés. Donc je suis allée trouver le ministre Mabri avec ma chargée de communication, pour bien lui expliquer ce qu’il se passe. Il a dit avoir a déjà mis l’affaire dans la main des gens. Donc c’est comme cela que j’ai été saisie de l’affaire. Anicette nous a mis en contact avec le consul de la Côte d’Ivoire en Arabie Saoudite qui est chargé du Koweït aussi. Donc celui-là aussi nous a mis en contact avec un bénévole avec qui il travaille. Et c’est comme cela qu’on a engagé les démarches. Et ils ont demandé qu’on paye 700 000 F de monnaie, qui reviendrait à un environ 1.300.000 FCFA. J’ai rendu compte à Mabri et lui ai suggéré une collecte pour le retour de la fille, parce qu’en plus du billet d’avion, on se retrouverait à environ 2 millions FCFA finalement. Il m’a dit d’aller prendre le prix du billet. Je suis allée voir dans une agence où j’ai l’habitude de prendre mes billets d’avion pour mes voyages. Je leur ai dit que vraiment si on cotise l’argent que cela n’arrive pas, je vais prendre le billet à crédit et puis je vais payer par tranche. Ils étaient partants et je suis revenu voir Mabri. Il m’a dit qu’il faut voir la collecte et qu’il interviendrait à son niveau. Il a apporté le tiers du budget. Il m’a dit de toucher les députés mais ceux que j’ai vus n’ont rien fait, sauf un seul qui s’appelle Bleu Magui qui a donné 50.000. Lama Koné, le même jour où on l’a touché a donné 200.000 FCFA. Dou Bruno a donné 100.000 FCFA et un autre qui a aussi réagi jusqu’à l’atteinte du montant de 1 million 300 FCFA expédié à monsieur Kouama qui a fait ce qui fallait pour que Anicette arrive ici » raconte Jacqueline Gueu.

Poursuivant, le maire de Bin-houyé fait savoir que « entre temps, le Ministre Mabri m’avait confiée au ministère de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur parce qu’en ce moment le Ministère organisait le rapatriement des immigrés ivoiriens. Le ministre Ali Coulibaly m’a reçue. Mais leur procédure allait être très longue pour qu’on arrive à avoir l’argent, hors la fille était menacée parce que ces bourreaux essayaient de l’envoyer dans des coins plus graves. On nous a mis en contact avec d’autres filles qui ont été vendues dont quatre autres de Danané. Je suis allée au Ministère de la Famille, de la Femme et de l’Enfant. J’ai rencontré le responsable de la traite des personnes, mais c’est vraiment par nous-mêmes que nous avons pu faire les collectes pour le retour d’Anicette avec l’appui de l’Ambassade de Côte d’Ivoire en Arabie Saoudite. Pour mieux faire face à ce genre de situation, j’ai créé mon ONG maintenant. Et Je voudrais qu’il y ait une sensibilisation. C’est ce qu’on prépare actuellement » fait-elle savoir.

Le pseudo-prophète qui n’a pu voir son arrestation a été déférer devant le tribunal d’Abidjan-Plateau. Sa prophétie pour séduire ses victimes se résumait avec son acolyte, basée au Koweït, Bodou Cynthia Shaé, en un échange par message écrit sur le téléphone portable.

« Papa (le prophète) dieu a essuyé mes larmes car je suis actuellement en koweït, et à paramètres je suis accueillie par une bonne famille très gentille, que le nom du seigneur soit glorifié. Normalement, je dois être payée à 500.000 F mais l’entreprise qui a tout organisé jusqu’à mon départ me prendra 350.000 F et on me versera 150.000 F sur 2 ans et après les 2 ans je toucherai mon salaire normalement mais je sais qu’avec dieu tout est possible. Continue de prier pour moi tout ira bien, j’ai la foi en Jésus-Christ qui s’est sacrifié pour moi. Informe mon oncle et dis-lui que demain j’aurai une puce et je l’appellerai. Dis à tout le monde à l’église que je les aime et mon premier salaire je le donne à l’église, bisous à plus tard » écris Cynthia Shaé, chargée d’appâter les autres victimes.

N’est-ce pas beau cette magnificence d’un petit « dieu » ? On comprend dès lors que Dieu n’étant pas ordonnateur de cet acte ignoble ait décidé de punir ce cerveau du complot. Il est épinglé et tente de faire diversion. Aux enquêteurs, le jeune homme raconte qu’il aurait découvert le pot-aux-roses et tenté de freiner. En organisant le départ et la livraison de quatre autres victimes soumises à des traitements inhumains, des assauts sexuels, de l’esclavage.
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