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Soro Mamadou, Maire de M’Bengué: « Ce n’est pas dans la chienlit et la désunion que nous parviendrons à développer la commune »
Publié le mardi 13 fevrier 2018  |  SERCOM Maire M’bengue
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© Autre presse par DR
Region: Soro Mamadou, Maire de la commune de M`bengué
Soro Mamadou Maire de la commune de M’Bengué en interview
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Bilan de ses cinq années à la tête de la mairie, projets, rapports avec N’Golo Coulibaly et le RDR, cohésion sociale, municipales à venir… Tels sont entre autres, les sujets abordés dans l’interview qui suit par Soro Mamadou Maire de la commune de M’Bengué.
Cela fait environ 5 ans que vous êtes à la tête du Conseil municipal de la Commune de M’Bengué. Pouvez-vous nous faire le bilan succinct de ce qui a été réalisé durant ces 5 années ?
Nous sommes arrivés à la tête du Conseil municipal de M’Bengué grâce aux populations qui ont bien voulu nous faire confiance en nous accordant leur suffrage. Ce faisant, notre challenge était de faire en sorte d’être à la hauteur de leurs attentes. Cependant, face à l’énormité des besoins en infrastructures sociales, de santé, d’éducation pour ne citer que celles-là et à l’insignifiance du budget d’investissement (68.000.000 FCFA) de la petite mairie de notre petite Commune, il fallait pour réaliser nos ambitions et nos projets, faire des lobbyings auprès de partenaires qui ont porté leurs fruits. Ainsi pour donner une impulsion nouvelle à l’éducation, nous avons prioritairement renforcé la capacité d’accueil des établissements primaires de M’Bengué. Aussi dans un souci de proximité, dans le village de Foundo, deux bâtiments de six classes ont-ils été construits. Ce sont au total sept bâtiments de trois classes que nous avons réalisés en plus de l’Institut de Formation et d’Education Féminine (IFEF) pour un coût global d’environ cent dix millions cinq cent mille (110.500.000) francs CFA. Pour ce qui est de la santé, le centre de santé urbain de M’Bengué alors constitué d’un seul bâtiment, est dépourvu de moyens techniques. Il ne se passe de jour où des femmes en instance d’accoucher ne sont pas évacuées d’urgence sur Korhogo située à plus de 70 km de M’Bengué pour y subir une intervention par césarienne. Malheureusement bon nombre laisse leur vie en cours de route. Il en est de même pour ceux qui souffrent de la hernie, l’appendicite et les victimes de graves accidents de la circulation dont les soins nécessitent une intervention chirurgicale. Pour palier au plus vite ces difficultés, nous avons sollicité le soutien d’un partenaire qui a accepté de financer entièrement la construction d’un bloc opératoire et son équipement pour un montant total de cent cinquante millions (150.000.000) de francs CFA. Aujourd’hui, nous pouvons nous targuer de ce que les besoins en termes de chirurgie à M’Bengué ne relèvent que du passé. Pour sa mansuétude et son indéfectible soutien, je voudrais remercier notre partenaire Monsieur Mark Bristow président d’une société de la place. En sus, nous avons doté notre hôpital d’un pavillon d’hospitalisation qui est en phase de finition dont la réalisation est estimée à quarante cinq millions (45.000.000) de francs CFA. Toutefois, l’hôpital ne dispose pas encore de services de radiologie, de pédiatrie et certains services ne sont pas encore fournis en matériels adéquats. Tous les services de la mairie ont été informatisés pour un coût de dix millions (10.000.000) de francs CFA. Au plan culturel, nous avons investi au total trente et un millions (31.000.000) de FCFA pour l’achèvement du centre de lecture et d’actions culturelles (19.000.000 FCFA) et la réhabilitation du foyer des jeunes (12.000.000FCFA). Nous avons planté six mille pieds d’arbres histoire de conserver la forêt sacrée de M’Bengué. Ce projet a coûté deux millions (2.000.000) de francs CFA. Le Conseil municipal a lancé la mise en place d’un musée logé dans le bâtiment annexe de la Mairie réhabilité à hauteur de vingt millions (20.000.000) de francs CFA.
Et les actions sociales ?
Nous avons mis en place un fonds de soutien à la jeunesse à hauteur de deux millions cinq cent (2.500.000) francs CFA dont cinq cent mille francs CFA gratuitement pour l’acquisition de permis de conduire. Le reste de l’argent servira à investir dans des activités génératrices de revenus à hauteur de deux cent mille francs par prêt remboursable. Nous avons procédé avec l’appui d’une ONG en 2016, au dépistage de certaines pathologies telles que la hernie, la cataracte. A cet effet, des médicaments ont été distribués gratuitement. Elle a également doté un campement de moulin, une action très salutaire pour les femmes qui contribuent fortement à l’amélioration de leurs conditions. Par ailleurs, le maximum des actions sociales entreprises en faveur de nos populations ont été faites par mes propres moyens. C’est avec beaucoup de regrets que je constate que non seulement le budget à nous alloué est insuffisant, mais nous n’en recevons pas la totalité. Pour les années 2015, 2016, 2017, au total quarante cinq millions (45.000.000) de francs CFA ont été amputés sur le budget de la Mairie de M’Bengué. C’est ça aussi les réalités de l’Etat. Toutes mes tentatives dans le sens de l’obtention d’une rallonge budgétaire auprès des autorités compétentes pour mener à bien la réalisation de nos projets sont restées vaines.
Vous êtes certes en fin de mandat mais quels sont vos projets ?
L’un de nos souhaits les plus ardents, est la réalisation des forages pour lesquels nous avons sollicité un partenaire qui nous a promis un financement que nous attendons depuis 2015. Pour contribuer à leur autonomisation, nous comptons mettre en place un fond de soutien aux femmes. Il y a également le projet de prolongement de l’autoroute Félix Houphouët Boigny jusqu’au niveau de l’usine et d’en faire deux voies distinctes avec électrification. Nous envisageons entièrement équiper l’hôpital général et dans un souci de désengorgement, très bientôt nous projetons la construction d’un centre de santé rural dans un village de la commune.
Après votre élection en tant que candidat indépendant, quels sont aujourd’hui vos rapports avec le parti ? D’aucuns diraient que vous n’êtes plus membre du RDR et vous colleraient une étiquette de frontiste.
Avant d’aller aux élections de 2013, j’étais militant du RDR confirmé. Et j’avais ma carte du parti. C’est vrai qu’après le rejet de ma candidature pour représenter le RDR aux municipales passées, je suis allé en indépendant. Toutefois, cette entreprise a été suscitée par les populations qui m’ont proposé de me présenter. Je me suis donc présenté à mon corps défendant. Au soir même de notre élection avant même de rallier Abidjan, nous avons pris toutes les dispositions pour écrire à la CEI afin de la rassurer que non seulement notre victoire est celle du RDR mais aussi que notre Conseil Municipal sera celui du RDR. Les preuves matérielles existent et sont vérifiables à la CEI et dans les archives du Parti. Pour votre gouverne, nous avons répondu présent à tous les grands rendez-vous aussi bien au plan national qu’au plan local. Notamment les bureaux politiques, la campagne du Chef de l’Etat en 2015 à M’Bengué et son investiture, le pré-congrès, le Congrès ordinaire et je suis à jour de mes cotisations. J’ai même reçu au soir de la victoire de SEM Alassane Ouattara, les félicitations et les honneurs du Secrétaire Départemental du RDR de M’Bengué pour notre forte implication dans la campagne. Je suis désolé de me justifier de cette façon mais tout ceci pour démontrer que nous n’avons jamais manifesté le désir de quitter le parti. Donc cette étiquette de frontiste n’est pas mienne. C’est bien celle de ceux qui ont bénéficié des faveurs de ce régime qu’ils prétendent décrier aujourd’hui. Les temps ont bien changé et certains sont devenus subitement amnésiques ; ils veulent falsifier l’histoire or celle-ci est têtue comme le soleil qui ne peut être caché avec la main. Je m’inscris donc en faux contre tous ceux qui à des fins politiques et de manipulations soutiennent mordicus que je ne suis plus du RDR.
Est-ce qu’aujourd’hui vous êtes associé par le Secrétaire Départemental aux activités du RDR à M’Bengué ?
Pour être honnête je ne suis pas associé. Au plan local, quand il y a des missions du RDR même si le Départemental ne m’informe pas, je me fais fort d’y participer si j’ai l’information parce qu’il s’agit de mon parti. En tant qu’élu du parti je ne peux pas être absent à ces genres de rendez-vous. Pour ce qui est des activités du départemental au niveau du RDR à M’Bengué, je n’y participe que si je suis associé ou informé à temps. Je suis désolé de le dire mais la période que nous vivons actuellement ne s’y prête pas. Il faut qu’on mettre les points i. On peut avoir d’autres visées derrière la tête ou l’intention d’écarter quelqu’un mais on ne peut pas changer la nature de ce qui est.
Qu’appelez-vous mettre les points sur les i ?
Certaines personnes ont pour ambition d’évincer le Maire que je suis. Nous sommes en politique on peut nourrir ces ambitions-là. Mais il faut le faire démocratiquement. Ça ne sert à rien de faire de la délation pour faire croire aux gens ce qui n’est pas vérité. Qu’ils aillent chercher leurs arguments ailleurs, mais je ne serai pris à défaut pour mon militantisme au parti et pour les actions sur le terrain en tant que Maire.
Lors des précédentes élections municipales de 2013 votre commune a été le théâtre de plusieurs remous qui ont fait prendre à la cohésion sociale du plomb dans l’aile. Comment se porte cette cohésion aujourd’hui à M’Bengué? Qu’avez-vous déjà fait concrètement à cet effet ?

La cohésion a été mise mal au soir même de l’élection. Et certaines personnes n’ont pas digéré le fait qu’en tant que candidat indépendant j’ai été élu. Même après avoir dédié notre victoire au parti. Des violences ont éclaté et finalement notre victoire a été validée par la Cour Suprême. Toutes sortes d’actions ont été entreprises pour annuler cette élection. Le tissu social a pris un coup et il fallait remettre les choses en état car nous sommes à M’Bengué tous de la même famille. Mes adversaires les plus acharnés sont mes cousins. Ce n’est pas dans la chienlit et la désunion que nous parviendrons à développer M’Bengué. Fort heureusement, à un moment donné chacun de nous a compris qu’il fallait y mettre fin. En tête le Secrétaire Départemental Ali Kader qui nous a invités à la réconciliation. Nous avons répondu à cet appel car il épouse notre vision : celle de voir les fils et filles de M’Bengué unis, parlé le même langage et booster ensemble sa marche vers le développement. Notre premier pas vers la réconciliation s’est fait lors de la visite du Ministre Bruno Koné et lors des campagnes comptant pour les présidentielles de 2015. Chacun de nous s’est jeté à corps perdu main dans la main. Et le leitmotiv était l’union des enfants de M’Bengué. Malheureusement, lorsque je tends mes oreilles ça et là j’entends dire des choses qui rament à contre-courant de la cohésion sociale. Ce n’est pas dans l’exclusion et en traitant certains de parias que nous irons à la réconciliation vraie.

Avez-vous été traité de paria ?
Bien sûr. Malgré toutes les preuves visibles qui crèvent même les yeux, certains s’obstinent à dire que je ne suis pas militant du RDR. La campagne d’intoxication a fini par avoir raison de plusieurs membres du Conseil municipal. L’objectif étant d’isoler Soro Mamadou. Fort heureusement, tout le monde n’a pas mordu à l’hameçon.

Eu égard à tout ce qui se trame, quel est votre état d’esprit ?
Je suis serein dans la mesure où je me dis que je réponds à l’appel des populations de M’Bengué. Le jour où mes parents n’auront plus besoin de moi, je ne vais même pas forcer. Je suis convaincu d’une chose, c’est que chacun de nous a son destin déjà tracé. Personne n’est plus puissant que Dieu.

Au vu de tout ça, manifestez-vous encore le désir d’être candidat à votre propre succession ?
Pour le moment, il est tôt de le dire puisque c’est le parti qui décide. Mais si les parents me font appel et que cela corrobore avec le choix du parti, je serai disponible.

Et si nonobstant l’appel de vos populations le parti ne vous choisit pas ?
Je n’ai aucun doute que le parti me choisira. Il n’y a pas de raison que le parti ne me prenne pas puisque je suis le Maire élu sortant du RDR de M’Bengué. Je pense n’avoir pas démérité sur le terrain pour ne pas être retenu. En tout cas, j’espère et je souhaite que le parti me retienne.

Selon certaines mauvaises langues, les relations entre vous et le Président de la Haute autorité de la bonne gouvernance seraient brumeuses ?
Les relations entre N’Golo et moi sont très cordiales. J’utilise le prénom N’Golo parce que nous sommes en famille. Ceux qui s’évertuent à faire croire que l’atmosphère entre lui et moi est tendue versent dans la délation, ils veulent réveiller les démons de division et ternir mon image face à cette icône pour qui j’ai une énorme admiration et que je respecte. C’est notre doyen. Il peut certes avoir des affinités avec certains mais essayer de le monter contre nous est vraiment ignoble. Sa liberté à avoir des affinités ne signifie pas que lui et moi nous regardions en chien de faïence. Il a besoin de toutes les forces vives sous sa coupole pour faire avancer M’Bengué. Dans le cadre de l’intronisation du président du Conseil Supérieur des Imams (COSIM) de M’Bengué, j’ai été sollicité pour être coparrain avec son épouse. Lorsque les Imams ont demandé à Monsieur N’Golo Coulibaly, il n’y a pas vu d’inconvénient. Ce sont seulement ceux qui n’ont pas intérêt à ce que les relations soient aux beaux fixes entre nous qui continuent de tirer les ficelles. Je pense que le Doyen est au-dessus de tout ça.

Est-ce qu’on peut dire que Monsieur le Maire est aujourd’hui un élu heureux ?
Je dirai que je suis un élu heureux en ce sens que je suis fier du mandat que j’ai conduit. Je ne me targuerai pas de ce que le Conseil municipal a répondu à toutes les attentes des populations, mais nous avons montré que nous pouvons travailler à M’Bengué. Même sans moyen. Lorsque je regarde ce que nous avons réalisé avec nos maigres moyens, c’est dire que si on en avait plus on réaliserait des choses extraordinaires pour le bien-être de nos populations. Pour ce qui est de la cohésion sociale, je suis tout de même triste parce que ces grands chevaux de la division que nous avons laissés derrière nous, sont en train de revenir au galop. Je souhaite fort sincèrement qu’on se ressaisisse pour pouvoir se donner la main pour travailler. Je voudrais inviter les cadres à nous mettre ensemble afin que M’Bengué prenne la place qui est la sienne dans le concert des villes développées. Mais si nos énergies sont dispersées, nos opinions divergentes il ira sans dire que nos efforts resteront vains. Quant aux oppositions et aux sabotages inutiles, ils ne nous avanceront en rien. On peut toujours s’asseoir pour parler en toute franchise. Au terme de cette interview, souffrez que je remercie les populations pour la confiance qu’elles ont bien voulue placer en moi. Je voudrais leur dire que tant que Dieu m’accordera le souffle de vie, je serai là pour elles. Une seule hirondelle ne fait pas le printemps. Je ne dis pas que je suis un pignon indispensable mais je serai toujours là pour booster la marche de M’Bengué vers le développement.
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