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Les Samedis de Biton : L’AFRIQUE. DEMAIN OU APRES-DEMAIN ?

Publié le samedi 31 mars 2018  |  L’intelligent d’Abidjan


Tous les autres continents chantent, en longueur de journée, le réveil de l’Afrique pour demain. Certains journaux et magazines, dans l’espoir de ce réveil, ont créé des pages spéciales sur ce continent. Des spécialistes, dans tous les domaines, se promènent de continent à continent pour demander aux citoyens du monde entier de se mettre en marche sur le nouvel eldorado. Des ouvrages paraissent, chaque mois, pour donner le mode emploi de nouveaux tigres d’Afrique. Personne ne doit rater ce départ fulgurant qui s’annonce. Des partenariats ont même commencé entre les Africains et les Occidentaux pour réserver des espaces, des mines et des immeubles. Gare à celui qui va rater le démarrage quand le coup de pistolet sera tiré. Effectivement, en tenant compte de leurs analyses, on peut leur donner raison. L’Afrique est le seul continent où la progression de la démographie est constante et battra dans quelques années, en nombre de personnes actives, la Chine Populaire. À cause d’une population qui se réduit d’année en année, scientifiquement, l’Europe ne peut passer pour l’avenir de l’humanité, à moins d’une arrivée massive de Noirs africains, d’arabes et d’asiatiques. Ce que sa population rejette catégoriquement. On voit déjà la montée et le succès du populisme dans de nombreux pays européens à cause des immigrés. L’Europe sera dans quelques années, même pas dans vingt-ans, avant même les Jeux Olympiques de Paris entre vaincre et mourir. Forcément, la vieille et déclinante Europe sera obligée et contrainte de faire rentrer dans sa zone des vingtaines de millions de noirs d’Afrique, d’Arabes du Moyen et Proche Orient et des Asiatiques de nombreux pays. C’est à prendre ou à laisser. Pour ne pas se faire taxer de laxisme par leur population et freiner un tout petit peu la montée du populisme dans leurs pays, on laissera de nombreux réseaux de passeurs agir sans aucune condamnation. Et voilà l’un des drames qui ne pas déclencher le réveil de l’Afrique, ni demain, ni après-demain. L’Europe aura besoin d’une main d’œuvre importante, sans qualification, pour tenir économiquement leurs différents pays. Souvenez-vous de la découverte de l’Amérique. Pour son développement, une main d’œuvre abondante était nécessaire. Les Indiens, les autochtones, belliqueux et réfractaires, les Blancs se tournèrent vers l’Afrique noire convaincue que sa population était sans âme. Ce fut le plus grand « génocide » de l’humanité qui dura des siècles. Les optimistes de l’Afrique et sur l’Afrique connaissent-ils vraiment le continent ? Ne font-ils pas comme les chercheurs ? Travailler sur des ouvrages et des coupures de presse. Le premier impératif pour que l’Afrique devienne celle de leur rêve est le développement de l’agriculture. Presque partout manque la main d’œuvre. Le colonialisme a favorisé une éducation qui pousse à la recherche d’un emploi dans les bureaux et non dans les terres et les plantations. Jamais un continent n’a autant d’emplois. Parler de chômage en Afrique est presqu’une insulte. La terre africaine est une source intarissable d’emplois. Même s’adonner à la culture du piment sec rend millionnaire. Quel BTS ou Maitrisard ira dans son village pour faire fortune ? Ils ont été moulés pour faire des demandes d’emploi et grossir la population de désœuvrés des capitales africaines en grossissant les quartiers précaires. Initiés déjà à une vie à l’Occidental, leur préoccupation sera le contraire de leurs aïeux envoyés dans les Amériques. Ils feront tout pour y arriver même s’ils doivent perdre leur vie. Ce que les rêveurs de l’Afrique et pour l’Afrique semblent ignorer c’est qu’aucun pays ne peut se mettre sur le chemin de l’émergence sans être une Nation. Les pays africains sont des assemblages d’ethnies. Dans presque toutes les télévisions et radios africaines on ne parle que de réconciliation. Tous les conflits politiques sont des différends tribaux. Quand des leaders ne s’entendent pas, ne s’apprécient ou pas, quel peut être le destin de ces pays ? Passer des années à se chamailler, à préparer des élections. La seule solution qui reste pour faire de l’Afrique un continent de demain, ce sont des régimes politiques forts. La même Europe montera sur ses grands chevaux pour l’envoi forcé de nombreux jeunes dans les campagnes et poussera à la démocratisation, c’est à dire au désordre, aux grèves par ci, par là. Une situation favorable pour la vieille Europe. Leur vision de l’Afrique de demain n’est même pas celle de l’après-demain. L’Afrique, pour la connaitre et la connaitre, il faut l’avoir sous ses semelles en la parcourant dans les villages, les campements, les quartiers populaires, pas dans les bureaux luxueux et climatisés et non dans les hôtels à cinq étoiles et leurs restaurants aux mets délicieux venus de l’Europe. Seul René Dumont a eu raison et compris nos pays. Sont toujours d’actualité ces deux livres : « L’Afrique noire est mal partie. » et « L’Afrique étranglée. » Ainsi va l’Afrique. À la semaine prochaine.

Par Isaïe Biton Koulibaly
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L’intelligent d’Abidjan N° 4158 du 31/3/2018

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