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Ghislain Dessieh, un jeune entrepreneur social ivoirien, rêve d’une Afrique, « future destination de l’innovation technologique et scientifique » (Interview)

Publié le samedi 31 mars 2018  |  AIP
Ghislain
© Autre presse par DR
Ghislain Dessieh, un jeune entrepreneur social ivoirien


Kigali (Rwanda) - Ambassadeur du Next Einstein Forum (NEF) pour la Côte d’Ivoire, Ghislain Dégbé Dessieh est, à 29 ans, consultant en développement durable & innovation sociale, fondateur de Social Biogas, entrepreneur social, secrétaire général de Baby Lab, le premier Fab Lab de Côte d’Ivoire. Dans cette interview accordée le 28 mars 2018 à Kigali, au Rwanda, en marge de la 2ème Rencontre internationale de NEF, ce jeune Ivoirien, militant pour la transmission de la culture scientifique, évoque sa passion pour la science et sollicite un appui pour le développement du secteur dans son pays.



AIP : M. Dessieh, entre autres qualités, vous êtes le secrétaire général du premier Fab Lab de Côte d’Ivoire. Qu’est-ce qu’un Fab Lab ?

Ghislain Dessieh (GD): Fab Lab signifie en Français, Laboratoire de Fabrication. C’est un concept qui est né à la fin des années 99 aux Etats-Unis, propulsé par un professeur du MIT (Massachussetts Institute of Technology, ndlr). Nous sommes répertoriés par le MIT. Alors, le concept de Fab Lab est un espace ouvert où plusieurs compétences se réunissent. Au départ, c’était autour des machines à commande numérique : bande 3 D, découpe laser… dans le but de co - créer, de partager les connaissances parce que l’Open Source, le libre accès des connaissances, est l’une des devises des Fab Lab.

AIP : Comment cela se fait concrètement ?

GD : Alors, plusieurs compétences se réunissent et viennent travailler autour d’un projet commun. Si moi j’ai un projet dans le journalisme, que je n’ai aucune connaissance dans le journalisme, je peux rencontrer un journaliste dans le Fab Lab. Je peux rencontrer un physicien qui va m’aider à travailler sur le projet. Maintenant, on trouve des Fab Lab basés pas seulement sur le numérique mais sur la biologie, l’agriculture, etc.

AIP : Où êtes-vous basés ?

GD : Nous sommes basés à Abobo, précisément à Abobo Habitat, derrière ‘‘Les cours sociaux’’.

AIP : Pourquoi ce choix ?

GD : Abobo, on le sait, en Côte d’Ivoire, c’est le quartier le plus populaire. Alors, nous avons voulu casser le cliché d’Abobo qui est un quartier défavorisé, de grand banditisme. A la limite, à Abidjan, on n’a pas envie de passer à Abobo.

AIP : Un exemple concret de ce que vous faites sur le terrain ?

GD : Au Baby Lab, on voulait casser les codes et on a commencé par apprendre le code informatique, la robotique aux enfants. Donc, l’histoire a commencé sur la terrasse de la cour familiale de notre ami Obin Guiako (précédent ambassadeur du NEF en Côte d’Ivoire, ndlr)… Il va vous en dire plus.


AIP : Un mot sur votre désignation en tant qu’ambassadeur du NEF.

GD : Moi, j’ai été sélectionné en tant qu’ambassadeur. Avant cela, j’ai participé à quelques programmes scientifiques. Je ne suis pas scientifique à la base. J’ai étudié du Droit à l’université, l’Economie au lycée. J’ai toujours été passionné par la technologie et les sciences. Mon père travaillait dans un centre de recherche. Quand j’étais jeune, j’étais tout le temps là-bas et quelques temps après quand le centre a fermé, j’ai été un peu déconnecté de ce que je voulais faire. Alors, je me suis dit, vu que j’ai été déconnecté, je n’avais plus de vision scientifique. Je devais me battre pour permettre à ces jeunes gens qui ont des idées, qui ne connaissent pas vraiment la science ou certains métiers, pour leur permettre de connaître ces choses-là en essayant de promouvoir la culture scientifique.

AIP : Et il y a de l’engouement auprès des populations, des jeunes?

GD : Pour notre initiative à Abobo, il y a de l’engouement. Nous avons formé près de 200 enfants. Après cela, il y a des jeunes gens qui viennent apprendre le numérique, apprendre sur l’environnement, l’économie circulaire. C’est gratuit car à Abobo, on ne peut pas faire payant !

Donc, j’ai représenté la Côte d’Ivoire à la Semaine des jeunes talents scientifiques de Univers Sciences Paris où on a été formé sur la transmission de la culture scientifique. Je milite en faveur de la transmission scientifique. Pour moi, il faudrait décloisonner les sciences pour permettre aux personnes d’en savoir un peu plus sur la science et les technologies, ce qui permettra à l’Afrique et à la Côte d’Ivoire de se propulser sur la scène scientifique, parce que quand aujourd’hui on parle d’Afrique, malheureusement, on ne voit que guerre, pauvreté… Donc, on voudrait changer notre image sur la carte et faire de l’Afrique, la future destination de l’innovation technologique et scientifique.

AIP : Parlez-nous de votre présence au Next Einstein Forum (NEF) à Kigali.

GD : Le NEF a un ambassadeur dans chaque pays et je suis l’ambassadeur de la Côte d’Ivoire. J’ai été sélectionné sur présentation de dossier. On fait des applications, on analyse et les candidatures qui répondent vraiment aux critères du NEF sont sélectionnées.

AIP : Bénéficiez-vous de l’accompagnement du Gouvernement, des autorités en Côte d’Ivoire, puisqu’il a été répété à l’envie au NEF 2018 qu’il ne peut pas avoir de développement sans les sciences ?

GD : Le premier accompagnement est venu de la France. Nous avons eu un soutien du Gouvernement français et après, du Gouvernement ivoirien.

Concernant la transmission de la culture scientifique en Côte d’Ivoire, il y a beaucoup à faire. Les gens ne sont pas informés. Notre souhait, c’est que le gouvernement s’implique parce qu’un pays, c’est la culture, c’est les artistes, c’est aussi la science. Et on parle de développement, d’innovation…, il faut que cela change avec un accompagnement réel.


On a écouté le Président Macky Sall hier (le 27 mars 2018, ndlr), on a écouté également le Président Paul Kagame qui font vraiment de l’effort avec des aides publiques pour des initiatives, pour le développement de la science.

AIP : Quid de votre projet ?

GD : Sur ma carte, c’est écrit Social Biogas. Je suis aussi entrepreneur, je travaille sur un kit de biogaz. Dans les années 93, l’Etat ivoirien a lancé une grande campagne de butanisation. C’était pour lutter d’une part contre la déforestation parce que le charbon de bois est le combustible le plus utilisé. Et 20 ans plus tard pratiquement, ça n’a pas changé! Le bois demeure le combustible le plus utilisé parce que le butane est coûteux, il n’arrive pas dans certaines zones, il y a très souvent des ruptures de stock même à Abidjan, et on a malheureusement du potentiel qui n’est pas utilisé, c’est-à-dire les ordures. Par le procédé de méthanisation, nous allons amener les ordures ménagères, surtout les ordures organiques, à être transformées en énergie, en biogaz.

AIP : Avez-vous déjà commencé la mise en œuvre de ce projet ?

GD : Quelques prototypes. Là, on cherche de l’accompagnement que ce soit de l’incubation, du financement pour pousser encore les recherches pour améliorer le kit… Pour toute contribution, nous sommes joignables au numéro de téléphone (225) 08700523 ou au mail ghdessieh@gmailcom.

(Interview réalisée par Coulibaly Maryam A. S.)

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