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Côte d’Ivoire : pourquoi Jean Gervais Tchéidé a été maintenu en détention?

Publié le lundi 9 avril 2018  |  Jeune Afrique
Jean
© Autre presse par DR
Jean Gervais Tchéidé, président du comité d’organisation de la marche


A l’inverse des autres personnes interpellées le 22 mars lors de la marche d’Ensemble pour la démocratie, le président du comité d’organisation n’a pas été remis en liberté. Il lui serait reproché d’avoir financé des actions de « déstabilisation » en 2013.

Arrêtés par la police, le 22 mars 2018, lors d’une marche interdite d’Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), coalition de partis et mouvements de l’opposition), et accusés de « troubles à l’ordre public » par la justice, dix-huit opposants ont été jugés vendredi et condamnés à douze jours de prison. Une peine couvrant leur détention préventive. Tous ont donc été remis en liberté. Sauf un : Jean Gervais Tchéidé, président du comité d’organisation de la marche.

Des soupçons remontant à 2013
Dans la nuit du vendredi 6 au samedi 7 avril, alors que le régisseur de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) délivrait les billets de sortie aux opposants qui venaient de passer deux semaines en prison, Jean Gervais Tchéidé attendait patiemment son tour. Ses dix-sept coaccusés avaient, tour à tour, quitté la prison avant lui. Puis, la nouvelle lui fut donnée : il ne pouvait pas rentrer chez lui, parce qu’il serait visé par un mandat d’arrêt délivré par la justice en 2013. Tchéidé est donc resté en prison, où il attendra la date de son jugement, qui n’est pas encore fixée.

Nous commençons à être habitués par cette façon de procéder du pouvoir Ouattara
De source judiciaire, Tchéidé est soupçonné d’avoir financé, en 2013, des actions de « déstabilisation » visant le pouvoir d’Alassane Ouattara, à partir de l’ouest de la Côte d’Ivoire, frontalière avec le Liberia, où d’anciens miliciens pro-Gbagbo et des mercenaires libériens ont mené des attaques meurtrières contre des civils et des positions militaires.

« Instrumentalisation de la justice à des fins politiques »
Joint par Jeune Afrique, Boubakar Koné, porte-parole de la frange frondeuse du Front populaire ivoirien (le FPI tendance Aboudramane Sangaré) assure ne pas savoir ce que la justice reproche précisément à son compagnon. « Cela s’est passé dans la nuit de vendredi et aucun fait ne lui a été présenté, affirme-t-il. Ce n’est que cette semaine que les avocats tenteront d’en savoir un peu plus. Cependant nous ne nous faisons aucune illusion. Nous commençons à être habitués par cette façon de procéder du pouvoir Ouattara. »

Le maintien en détention de Tchiédé est interprété par Fondio Vazoumana, président du Comité ivoirien des droits de l’homme (CIDH), comme un signe de ce qu’il qualifie d’« instrumentalisation de la justice à des fins politiques ».

Quatre jours avant son interpellation, c’était encore lui l’interlocuteur principal des hautes autorités
« C’est une menace grave à l’État de droit, du fait de la prééminence de l’arbitraire et de l’insécurité juridique. La justice peut, à tout moment, servir comme arme pour abattre un adversaire politique ou un citoyen ordinaire qui dérange le pouvoir », assène-t-il.

De son côté, Koné enrage : « Le camarade Jean Gervais Tchéidé est vice-président du FPI, il est resté en Côte d’Ivoire depuis tout ce temps. De 2012 à 2013, il faisait partie de la délégation officielle du FPI qui a conduit les négociations entre le pouvoir et l’opposition. Quatre jours avant son interpellation, c’était encore lui l’interlocuteur principal des hautes autorités policières, dans les négociations pour la marche qu’elles ont fini par interdire. C’est d’ailleurs entre ses mains que l’arrêté d’interdiction a été remis. Comment se fait-il que, depuis tout ce temps, jamais aucune autorité policière ne lui ait signifié, un quelconque mandat d’arrêt ? »
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