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Les samedis de Biton : De la soutane de Fulbert Youlou aux cravates de Felix Houphouet-Boigny

Publié le samedi 2 juin 2018  |  L’intelligent d’Abidjan


Il m’arrive souvent, à 19 heures, quand je suis à la maison, de regarder le journal télévisé d’un pays africain, notamment de l’Afrique centrale, ceux qui commencent à cette heure-là, ou trente minutes plus tard. L’essentiel est de ne pas rater le 20 heures de notre cher pays. Je n’arrive toujours pas à comprendre que des êtres vivent sans se préoccuper de journaux télévisés ou parlés. Moi, avant même d’aller à l’école, j’étais fasciné par les informations. Je ne regarde pratiquement pas de films ou de feuilletons. Suivre l’actualité dans le monde me rend heureux. Ce soir du 16 mai, je décidai de suivre le journal télévisé du Congo-Brazzaville dans l’espoir qu’il sera présenté par Gildas Mayélé. Celui-là, il rédige bien et a une diction parfaite. S’il était un Français de race blanche, il aurait été le présentateur leader sur la première ou la deuxième chaine.

Ce n’était pas lui. Quand la présentatrice lança le sujet sur la journée internationale des musées, spontanément, je me dis qu’ils vont parler des moyens qui manquent pour le musée de Brazzaville. Effectivement, mais je ne m’attendais pas à un musée si riche. Et comme il fallait s’y attendre des trésors jetés çà et là par manque de place, de meubles vitrés. C’était à pleurer. Le musée contenait des objets ayant appartenu à des personnages historiques. La soutane du premier Président Fulbert Youlou, qui avait été un prêtre, au sol bouffé par les cafards. Ailleurs, on aurait déposé dans une armoire vitrée cet objet stimulant pour l’imagination de la jeunesse et l’unité nationale. Pour un pays africain il y a trop de priorités à la fois pour faire d’un musée une préoccupation.

Le jour où j’arriverais à Brazzaville, je me dirigerai directement visiter ce musée qui enferme des trésors inestimables. En regardant ce musée, en regardant ce reportage, je ne pouvais que penser à la cravate de Félix Houphouët-Boigny. Il en portait de si beaux. Si je veux les voir, où dois-je me rendre ? Comment donc ne pas me poser la question du Musée Félix Houphouët-Boigny dont on parle depuis des décades ? Je suis persuadé qu’il sera l’un des plus beaux dans le monde, rien que la partie des photos. Ce musée serait un vrai concentré de l’histoire du pays, de la paix et de l’unité. Pour un pays qui a des moyens financiers comme la Côte d’Ivoire, ce musée qui ne sort pas toujours de terre doit avoir une explication.


Je ne peux même avancer une seule. Surtout que ce sont les Houphouetistes qui sont au pouvoir. Je n’ai jamais vu un pays où chaque jour l’ancien ou le premier président est l’objet d’un culte quotidien. Aucun, même pas le Général Charles de Gaulle. Que se passe-t-il donc ? Le sujet mérite une longue enquête ou des sachants s’expliquent devant la Nation. Un tel musée ne sera jamais un gouffre financier. Au contraire, il va générer de grands fonds même à un prix modique l’entrée. Que se passe-t-il donc ? En cette journée internationale des Musée, notre presse et notre télévision sont restées muettes comme si un musée n’intéressait pas le public. Qui n’a pas la photo de son père ou de son grand-père décédé depuis des décades ? Quelle femme qui ne détient pas le foulard de sa défunte mère. L’Afrique ne peut pas être indifférente aux Musées. Comment ne pas citer l’exemple du Musée Kwamé N’Krumah à Accra ? Un musée construit au lieu même où il proclama, en 1957, l’indépendance du Ghana. J’ai visité ce musée à deux reprises.

Un matin, j’ai coulé des larmes, en voyant des enfants d’écoles maternelles visiter le musée sous la direction de guides. Quelle prise de conscience nationale de si bonne heure ! Et quel stimulant pour leur cerveau pour les plonger dans la combativité et la réussite. Dans ce musée, on peut même voir l’escabeau sur lequel le premier Président du Ghana s’asseyait quand il était adolescent. Et surtout ces deux cercueils car le père du panafricanisme a été inhumé à trois reprises. Une première fois à Conakry, lieu de sa mort. Une deuxième fois, à Nkroful, son village natal, même pas à trente kilomètres de la Côte d’Ivoire. Sa tombe actuelle, évidemment, est dans ce Musée devenu un lieu incontournable d’une visite au Ghana. Un Musée Félix Houphouët-Boigny sera beaucoup plus riche. Alors, pourquoi autant d’années sans qu’on voit surgir des bâtiments ? Il doit avoir un problème. En tout cas, pas une question d’argent. Ainsi va l’Afrique. À la semaine prochaine.
Par Isaïe Biton Koulibaly
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L’intelligent d’Abidjan N° 4201 du 2/6/2018

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