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Interview - Kouamé Benzème : Membre du mouvement ‘’ Sur les traces d’’Houphouet-Boigny’’, Kouamé Benzème, inspecteur du Pdci, très remonté, dit haut ce qu’il pense.

Publié le jeudi 2 aout 2018  |  L’intelligent d’Abidjan


Quelle est la nature de vos relations avec le ministre Adjoumani Kobenan?
Adjoumani est d’abord un frère, un ami que je côtoie nuit et jour. C’est un homme généreux, un militant sincère et loyal. Le fait d’être avec lui me rappelle mon grand frère Ehui Bernard, l’ambassadeur. Je retrouve en Adjoumani, le même comportement et le même caractère que mon frangin. Ce qui fait leur distinction par rapport aux autres, c’est leur amour pour leur région, leur population et surtout leur engagement sans faille pour le PDCI. Je pourrais même dire que ce sont des troubadours parce qu’ils aiment profondément le PDCI et son père-fondateur. D’abord Adjoumani a eu presque le même parcours que son aîné. Il a été formé dans le moule du MEECI et a appris auprès du père-fondateur. Je suis heureux d’être avec Adjoumani parce qu’avec lui, nous nous comprenons comme larrons en foire.

Justement, vous avez créé le mouvement ‘’Sur les traces d’Houphouët-Boigny’’. Certains vous taxent d’avoir créé un parti politique et non, un mouvement. Qu’en est-il exactement ?
Cela aurait été applaudi, lorsque le président Houphouët-Boigny en 1990 avait accepté que le multipartisme voie le jour en Côte d’Ivoire. Créer un mouvement, c’est donner un coup de pouce à son parti. Donc, le mouvement n’est pas un parti politique. Adjoumani l’a plusieurs fois répété. Un mouvement n’est pas un parti politique. Un mouvement est un club qui réunit un certain nombre de personnes ayant les mêmes idéaux et aspirations. Le mouvement est comme à l’assemblée nationale où on crée des groupes parlementaires pour se retrouver dans un cadre bien précis pour discuter. Donc, si des gens pensent que créer un mouvement, c’est créer un parti, alors qu’ils révisent un peu le sens du mouvement et le sens de créer un mouvement. Vous voyez que lorsque le président Bédié était le président de l’assemblée nationale avant d’être président de la République, il y avait plein de mouvements qui avaient été créés au sein du PDCI. Ce sont des groupes de copains, groupes de réflexions qui se retrouvaient et apportaient un plus au PDCI. Mais pourquoi, aujourd’hui on croit que créer un mouvement, c’est aller contre quelqu’un ? Le président Bédié avait dit ‘’laissez fleurir les sans fleurs’’. Nous nous étions tus parce qu’à cette époque, j’étais de ceux qui ne pouvaient pas accepter un mouvement. Moi, j’avais demandé à certaines personnalités d’où sortent les membres des clubs et soutien. C’est dans le PDCI. Mais, on nous a dit ‘‘ laissez fleurir les sans fleurs. On ne peut pas me dire aujourd’hui qu’on crée quelque chose contre quelqu’un. Je m’inscris en faux. Tout ce qu’Adjoumani dit c’est juste pour parler du bien du président Bédié, de l’amour qu’il porte au président Bédié. C’est-à-dire qu’il représente la garde rapprochée politique du président Bédié. Que les gens disent que c’est un parti politique, c’est leur affaire. Nous voulons que le PDCI rayonne. C’est tout.

Cela rappelle 1991 lorsque le mouvement des rénovateurs au sein du PDCI a donné naissance au RDR en 1994…
Non, ce ne sont pas les rénovateurs qui ont donné naissance au RDR. C’est le jugement que nous, Pdci avons porté au cours d’un congrès, d’une réunion politique. C’est la manière dont on a refusé la parole à certaines personnes qu’on a banalisées, qui a créé le RDR. La gestion d’un parti demande du tact. Est-ce que ce ne sont pas nous-mêmes qui avons poussé les gens à casser le PDCI ? C’est parce qu’on avait de petits griefs contre certains barons à qui l’on voulait. Ce sont les mêmes choses qui arrivent aujourd’hui. Suivez un peu mon regard, l’attitude du Secrétaire exécutif amène certaines personnes à dire ‘’je m’en vais m’asseoir ou je ne fais plus la politique’’. Si vous ne faites pas la politique, la politique va vous faire. Quand on m’a dit que je serai délégué, le même Secrétaire exécutif est allé voir le président Bédié pour lui dire que Benzème ne peut pas réunir trois personnes dans son salon. Et là, le président Bédié a eu du tact et lui a dit ‘’je le nomme pour Abobo’’. Mais lui-même à cette époque étant le Secrétaire à la mobilisation, avait reconnu à Aboisso chez ses beaux-parents qu’il a fait du tort à Benzème et qu’il le reconnaît aujourd’hui. Si je suis ce que je suis c’est parce que quand on me demande d’envoyer mille personnes, je triple le nombre. Ne nous amenons pas à faire ce qu’on n’a pas envie de faire. Parce que moi, j’ai connu la résidence surveillée. Je veux demander à ceux qui parlent où étaient leurs parents quand on créait le syndicat agricole qui a enfanté le Pdci-Rda. Qui a écrit les textes fondamentaux pour la création du Pdci? Ce sont nos parents. Les fondateurs du syndicat agricole sont en partie d’Aboisso d’où je suis originaire. Pour le PDCI, nous avons payé cher. Qu’on ne vienne pas me dire que Houphouët a laissé le PDCI, c’est son fétiche. Le président Houphouët-Boigny a dit ‘‘je vous laisse une nation et je voudrais qu’une équipe gère après moi’’. C’est cette équipe que nous attendons.

Que répondez-vous à ceux qui disent que c’est le président Bédié lui-même qui a ‘’arrimé’’ le PDCI au RDR pour faire le RHDP ?
Le Président Bédié l’a dit : ‘‘je voudrais que les enfants d’Houphouët-Boigny se retrouvent’’. Il a même fait son mea-culpa, en disant : « de par ma faute, il y a une partie qui est allée ailleurs. Donc, rassemblons-nous ». C’est ce qui les a amenés à créer le RHDP. Nous n’étions pas à Paris quand les deux se sont retrouvés pour dire faisons la paix. Et puis, ce n’était pas une mauvaise affaire d’être ensemble. Si les enfants veulent se retrouver pour dire que nous avons fauté et nous voulons être ensemble, où est le mal dans cette affaire?

La direction du PDCI a sanctionné certains cadres du mouvement ‘’Sur les traces d’Houphouët-Boigny’’ entre autres Adjoumani Kobenan, Amédé Kouakou, Danho Paulin…
Je doute fort que le PDCI ait un avocat, un juriste pour essayer d’aborder ce genre de sanction. Qu’il ait eu le temps de voir les textes juridiques. Vous savez les textes disent quoi ? Ils stipulent d’abord qu’il y a un avertissement. Ce sont les sanctions disciplinaires. Le blâme, la suspension, l’exclusion temporaire et l’exclusion définitive. Mais pour qu’il y ait exclusion définitive, il faut aller à un article qui stipule que l’exclusion relève de la compétence du Congrès sur saisine du président du parti. Le Conseil de discipline peut être saisi par tout militant. Mais à quel moment, il y a eu saisine du Conseil de discipline ? Juridiquement, nous pouvons poursuivre le PDCI surtout ceux qui ont appliqué cette décision. Je me pose la question de savoir où était ce fameux avocat qui a laissé le Secrétaire exécutif en chef prendre des sanctions ? Pourquoi, voulez-vous chasser toute une communauté ? Pourquoi faire la discrimination au Pdci ?

Justement le ministre Adjoumani a avoué que la lettre lue par le Secrétaire exécutif, Kacou Guikahué, n’est pas du président Bédié. Qu’en pensez-vous ?
Là, c’est à eux de répondre parce que c’est une interrogation. Ce dont nous parlons, qu’on laisse appliquer ce que nous avons préparé. Parce qu’on ne peut pas bafouer les statuts et règlements intérieurs d’un parti, pour en faire à sa tête. On appelle cela la dictature. Oui, c’est un peuple pour régner, ce n’est pas la bagarre. Nous ne sommes pas dans un concept de population ou d’ethnie, ou de ce que mon ethnie veut. Nous sommes dans une République et nul n’est au-dessus de la loi. Saisissez la personne, donnez des avertissements, et si elle récidive, vous partez à un congrès, vous l’évacuez. Je vais vous dire ce qui me fait plaisir est que nous recevons des lettres de nominations tous les jours. Alors que le congrès n’avait pas dit cela . Presque >>>>>>>> >>>>>>>> tout le temps, on fait entrer des gens. Au Pdci, on y sort quand on veut. On y revient quand on veut, et on a des places pour diriger les gens.

Vous-voulez parler de qui ?
Ils se connaissent, il ne faudrait pas qu’on personnalise l’histoire. Au temps de Gbagbo, il y’a des gens que je connais bien qui étaient à la place qu’il fallait. Aujourd’hui, c’est eux qui vont faire la morale aux autres en disant qu’ils sont plus militants du Pdci que les autres. Toi qui es parti avec Gbagbo, Guéï, et moi qui suis resté fidèle au Pdci et on a vandalisé et pillé chez moi, de nous deux qui a fait preuve de sacrifices. Bédié nous a dit d’aller vers la base pour qu’en 2020, nous gagnions les élections. Allons-y ! Ce n’est pas moi Benzème qui ai dit à Bédié de signer. Je suis bête et je suis ce que je suis, mais ne me laissez pas en chemin. Quand vous me dites, allons-y, je vais jusqu’à ce que vous même vous vous arrêtiez. Le président Houphouët-Boigny a dit que l’oiseau ne peut pas se fâcher contre l’arbre. L’arbre c’est le Pdci. Laissez les gens s’exprimer au Pdci, parce que c’est un parti démocratique.

Qui vous empêche de vous exprimer ?
Mais, on s’exprime, on vous chasse. Et on dit que vous n’êtes plus membre du Pdci. On a créé « Sur les traces d’Houphouët-Boigny ». J’ai l’impression qu’ils ont quelque chose sur le cœur. Ne faites pas on va faire sortir des dossiers. Aujourd’hui, ceux qu’ils ne veulent pas qu’on dise le nom d’ Houphouët, on va sortir des dossiers sales qu’ils croient. Il ne faut pas trahir la mémoire d’Houphouët. On disait qu’ Houphouët écartait ses opposants, il n’a jamais fait cela. La preuve le 1er gouvernement d’ Houphouët était composé de qui ? Il n’a jamais voulu gouverner seul, c’est la même chose qu’Alassane Ouattara a fait. Houphouët a voulu l’unité, il est parti en paix et a voulu que ce pays qu’il a fondé soit le plus fort de l’Afrique de l’ouest.

Après le Bureau politique du 17 juin dernier, le ministre Amedé Kouakou a dit qu’on va se peser et Kacou Guikahué répond pour dire qu’on a sorti la balance. Qui pèse plus actuellement ?
À eux de savoir à travers ce qu’il s’est passé à Divo, à Bondoukou, et bientôt Korhogo et Man qui est lourd. À l’heure actuelle, les demandes nous débordent. Les militants de Gagnoa se sont déjà présentés à nous et nous invitent. Même à Abobo, nous allons nous présenter et on verra qui pèse lourd. Nous sommes lourds, très lourds, même. Surtout à Gagnoa, nous y serons entre le 3 et 4 août 2018, et on verra et nous montrerons que nous sommes lourds. Vous me parlez du Secrétaire exécutif, il a été élu député sous la bannière du Rhdp à Gagnoa. Quand c’est bon, vous prenez, quand c’est mauvais vous laissez. À Abobo, c’est sous la bannière Rhdp que le député Pdci actuel a été élu. Il n’était pas Rhdp avant. Quand il s’agit d’éliminer ceux qui ont fait le travail, on sait comment ils procèdent. Ils n’ont jamais vu de fous en Côte d’Ivoire mais gare à la personne qui va s’attaquer à moi.

Êtes-vous menacé ?
On ne sait pas d’où vient l’ennemi. On est menacé parce qu’on a pris position. Ceux qui sont venus casser ma maison n’étaient pas des militants Fpi, ce sont ceux du Pdci sur instruction de mon patron. J’ai choisi d’aller en Rhdp. Qu’est-ce que je n’ai pas entendu ? Au moment où on devait aller en Rhdp à Abobo, unilatéralement, ils ont choisi quelqu’un. Nous sommes tous des « fous », mais nous attendons que la réaction vienne pour le faire savoir. Ce ne sont pas tous les fous qui sont internés.

Peut- on connaitre le programme du mouvement ‘’sur les traces d’Houphouët-Boigny’’ ?
Nous allons le dévoiler au fur et à mesure. Depuis un moment, les gens se présentent à nous. Nos détracteurs ont pensé que ce mouvement est un feu de paille. Aujourd’hui, nous sommes débordés parce que les gens commencent à savoir où se trouve la raison. Les gens épris de paix sont avec nous. Le président Bédié a dit qu’il y a 2 tendances, les anti Rdhp unifié et les pro. Ce mouvement a été créé par les pro épris de paix et qui ne veulent pas que leurs enfants souffrent.

Les élections locales se tiendront le 13 octobre prochain. Quelle est la posture de votre mouvement ?
C’est très clair, c’est en Rhdp unifié. Comme on dit qu’il y a 2 tendances, il y’a les pros et les antis. Les pros feront la campagne. Au cours du Bureau politique, Adjoumani l’avait dit et les gens n’ont pas su. Au lieu de se bagarrer, qu’on arrêtait tout et si le président avait dit que j’adhère à la proposition d’Adjoumani et qu’on aille aux élections locales qui vont servir de test. Si on va qu’on est majeur, on a plus besoin du Rhdp. Si on perd, on va discuter. Mais on voit déjà ; la balance est là on voit déjà. On verra le groupe qui remportera plus de mairies et de conseils régionaux. C’est en ce moment qu’on dira que nous avons perdu et nous nous appliquons.

Êtes-vous en passe de tourner la page Henri Konan Bédié ?
Non, si vous écoutez le discours d’Adjoumani, nous ne pouvons pas tourner d’une baguette magique la page Bédié. Bédié est tout pour nous. C’est lui qui a été détenteur de l’héritage. C’est lui qui a reçu le testament d’Houphouët, et nous l’aimons. Nous irons dire à Bédié que certaines personnes pour assouvir leur destin veulent que son nom soit rayé mais nous disons : « non ».

Réalisée par M. Ouattara
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