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Football- Formation de la relève en Côte d’Ivoire : Projet C-Jeunes de A à Z

Publié le mardi 2 octobre 2018  |  Abidjan.net
Déjeuner
© Autre presse par DR
Déjeuner débat animé par Eric Tiacoh et Jean-Marc Guillou au sujet du projet C-Jeunes
Un déjeuner-débat initié par les administrateurs du projet C-Jeunes a eu lieu , le samedi 28 septembre 2018, dans un chic restaurant abidjanais. Photo: Jean-Marc Guillou, promoteur du projet en partenariat avec la Fif


Né dans la tourmente de la guéguerre entre la Fédération ivoirienne de football et une partie des clubs, le projet C-Jeunes n’a pas manqué d’en subir les dégâts collatéraux, avec des critiques très acerbes de certains dirigeants de premier plan. Des critiques pour lesquelles des réponses claires ont été apportées à l’occasion du déjeuner-débat initié par les administrateurs du projet C-Jeunes, samedi 28 septembre 2018, dans un chic restaurant abidjanais. Principal conférencier, Eric Tiacoh a réfuté les allégations d’arnaque ou encore de subterfuge mis en place par Jean-Marc Guillou, promoteur du projet en partenariat avec la Fif, pour soutirer les talents les plus promoteurs aux centres de formation ivoiriens. Ainsi, il n’en serait rien selon Eric Tiacoh qui a estimé que ces critiques sont nées parce que les uns et les autres n’avaient pas les clés pour la bonne compréhension du projet. A l’en croire, c’est un projet innovateur aux énormes ambitions. Innovant parce que aux antipodes de ce qui a été fait jusque là en Côte d’Ivoire concernant la formation de la relève du football ivoirien. Il a ainsi indiqué qu’alors que les centres de formation s’occupent en priorité des jeunes âgés de 12 ans et plus, le projet C-Jeunes a dans son viseur des jeunes de 6,7 et 8 ans. Eric Tiacoh d’indiquer ainsi que cette tranche d’âge n’a jamais intéressé les centres de formation classique pour plusieurs raisons. D’abord parce que la Fifa ne reconnait pas les droits de formation incarnés par la prime de solidarité versée aux clubs ou centres de formation en cas de transfert d’un jour, qu’à partir de l’âge de 12 ans. D’autre part, prendre un enfant à cet âge signifie que l’on va devoir le garder beaucoup plus longtemps que prévu. Encore que, selon lui, il y a très peu de techniciens locaux capables de dénicher à cet âge un talent prometteur. Résultat des courses, on assiste souvent à la tricherie sur l’âge des enfants. Le principe de la prime de solidarité de la Fifa courant de 12 ans à 23 ans, les centres de formation ou clubs sont ainsi tentés de revoir à la baisse l’âge des joueurs pour pouvoir en bénéficier. Ainsi, le projet C-Jeunes, qui prendra en comptes les enfants, garçons et filles, en dessous de 12 ans, devrait, non seulement leur permettre d’acquérir les fondamentaux indispensables, mais aussi de lutter un tant soi peu contre la tricherie sur l’âge qui ne cesse de causer des dommages au football africain. Revenant ensuite au contenu du projet, Eric Tiacoh a révélé que celui devrait démarrer à partir de 2019 et s’étendre sur une quinzaine d’années. A terme, il devrait concerner toute l’étendue du territoire national et permettre de passer en revue 1,2 millions de jeunes en dessous de 12 ans.

Relever le niveau de la formation avec des Académies d’excellence

Avec un quota d’un talent pour 2000 enfants observés, les meilleurs qui auront été détectés tout le long des compétitions organisées à cet effet, sur toute l’étendue du territoire, seront dirigés vers des Académies d’excellence. Celles-ci devraient respecter des critères stricts actuellement en élaboration par la Fif, en vue de permettre à la Côte d’Ivoire d’être au standard international en la matière. Une carence qui explique d’ailleurs qu’alors que les centres de formation européens et sud-américains sont à 150 000 dollars Us de prime de formation, les centres ivoiriens n’en sont qu’à 30 000 dollars Us. Mais, a insisté le principal conférencier, l’orientation des talents vers les Académie d’excellence respectera les règles minimales de transparence et d’équité. A l’en croire, Jean-Marc Guillou, sur lequel sont concentrées les plus grosses craintes, n’aura pas à se tailler la part du lion en se réservant les talents les plus prometteurs. Puisqu’il est question d’une commission paritaire qui sera chargée de faire la répartition et d’orienter les talents détectés à l’issue des compétitions vers les Académies d’excellence. L’objectif en la matière, a d’ailleurs insisté le conférencier, c’est d’avoir au moins 12 Académies d’excellence qui remplissent toutes les normes internationales. Ce sont donc ces Académies qui constitueront les viviers dans lesquels viendront puiser les clubs, s’ils ne sont pas en partenariat avec eux. Des Académies dont la mise en place est devenue plus qu’urgente à en croire Eric Tiacoh. Plusieurs investisseurs dont de prestigieux clubs européens étant désireux d’investir en Côte d’Ivoire dans ce domaine. « Ce sont les centres de formation ou les clubs ivoiriens qui en seront bénéficiaires. Puisque les investisseurs mettront de l’argent pour développer les infrastructures, afin de respecter les normes qui seront mises place. In fine, c’est le football ivoirien qui gagne en termes de développement des infrastructures, mais aussi d’attractivité. Puisque le football est un spectacle, il n’y a que des acteurs de très bon niveau qui seront à mesure de produire le spectacle qui va attirer les foules dans les gradins et intéresser ainsi les sponsors mais aussi les grands clubs étrangers », a assuré Eric Tiacoh.

Ce à quoi serviront les 30 000 frs Cfa de droit d’inscription

Répondant aux questions relatives au droit d’inscription de 30 000 f cfa exigé à chaque enfant, Eric Tiacoh n’a pas donné dans la langue de bois. Bien au contraire. Ainsi, s’il admet qu’il y a des familles en Côte d’Ivoire qui ne peuvent payer cette somme en vue de permettre à leur progéniture de vivre sa passion et d’embrasser un jour une carrière de footballeur, il a catégoriquement rejeté les allégations parlant d’arnaque. Selon Eric Tiacoh, il y a des structures sportives de renom en Côte d’Ivoire qui demandent bien plus que ça par mois pour un simple entrainement. Sans que cela ne soit dénoncé. Mais le conférencier ne s’est pas contenté de réfuter les critiques. Il a expliqué que les 30 000 frs cfa devraient servir à défrayer les 3000 ou 5000 bénévoles qui accompagneront le projet, à la visite médicale et à l’acquisition du matériel et des aires de jeu qui serviront à détecter les jeunes talents. A l’en croire, c’est justement parce que la Fif n’a pas d’argent qu’elle ne peut pas organiser les championnats de jeunes comme il se doit. Raison pour laquelle elle est partenariat avec un privé sur le projet C-Jeunes. Mais, un privé, selon Eric Tiacoh, qui n’a pas les moyens de financer de bout en bout un projet de cette envergure. Quelle que soit sa volonté ou sa fortune. C’est pourquoi il a plaidé afin que les doutes sur le projet soient définitivement levés, pour permettre aux éventuels sponsors de comprendre les enjeux en présence en vue de son financement. « Si, demain, les soutiens financiers sont à la hauteur, nous supprimons les 30 000 frs. Même si nous restons convaincus que les volontés seront nombreuses à vouloir payer cette somme pour un enfant qui affiche d’énormes potentiels», a assuré Eric Tiacoh. Selon qui, le projet C-Jeunes a pour ambition ultime de permettre à la Côte d’Ivoire d’être championne du monde dans 16 ans ou du moins de finir dans le carré d’As de la Coupe du Monde dans 12 ans. Un rêve fou certes, mais pas impossible avec des talents bien formés. Le cas des nouveaux champions du monde français étant là pour convaincre la majorité sur ce point.

J. L.

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