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La Côte d’Ivoire s’approprie d’instruments solides de lutte contre l’immigration irrégulière (Dossier)

Publié le mercredi 10 octobre 2018  |  AIP
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© Autre presse par Office national du cinéma
Projection du film ‘’La pirogue’’ suivie de débat sur l’immigration clandestine
Mercredi 6 mai 2015. Abidjan. Projection du film ‘’La pirogue’’ suivie de débat sur l’immigration clandestine à l’auditorium de l’espace Café Téré de Williamsville sis dans la commune d’Adjamé aux environs de 18 h 30.


La Côte d’Ivoire a pris d’importantes dispositions en matière d’accueil, d’intégration sociale, d’insertion et la mise en œuvre d’instruments solides pour lutter contre l’immigration irrégulière.

Afin d’apporter une réponse holistique et durable à lutte contre la migration irrégulière, le Gouvernement ivoirien et l’Organisation international pour les migrations (OIM) avec l'appui de l’Union européenne (UE) ont mis en œuvre le projet Initiative conjointe Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne (FFUE-OIM) pour la protection, la réintégration et l’insertion dans la vie active des migrants de retour en Côte d’Ivoire.

Ce projet qui s’inscrit dans le cadre de l’initiative régionale FFUE-OIM couvre au total 13 pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre ainsi que la Libye. Il vise à contribuer au renforcement de la gouvernance des migrations et à la réintégration durable des migrants en Côte d’Ivoire, en leur fournissant assistance dans leur projet de retour et de réintégration dans leur pays d’origine.

Selon le chef de mission de l’OIM, Mme Marina Schramm, le FFUE, d’un montant de 150 millions d’euros est mis à la disposition de 14 pays dont 2,7 millions d’euros (1,7 milliards FCFA) pour la Côte d’Ivoire pour l’accueil, l’intégration et la réinsertion sur une durée de trois ans allant de juin 2017 à juin 2020.

« C’est un fonds qui est destiné aux migrants. Ce n’est pas de l’argent qu’on distribue mais qui est destiné à un financement des projets. Ces fonds ne sont pas remboursables. Ils doivent servir à améliorer la vie des migrants qui nous présentent de bons projets », a clarifié Mme Schramm.

Pour elle, il s’agit d’un appui au Gouvernement pour le développement de mécanismes durables de réintégration des migrants.

En termes de méthodologie, le projet vise à créer et renforcer des partenariats et mécanismes nationaux afin de mettre en place un système durable de protection, réintégration et de renforcer la capacité de réponses des différents acteurs gouvernementaux comme non-gouvernementaux, de l’assistance aux migrants de retour et de sensibilisation des communautés.

Il s’agit donc plutôt de s’appuyer sur les opportunités existantes et de les renforcer que de créer un système parallèle qui bénéficierait aux seuls migrants.

La mise en œuvre du projet, lancé le 05 octobre 2017, est supervisée par un comité de pilotage, co-présidé par le Gouvernement ivoirien à travers la Direction générale des ivoiriens de l’extérieur du ministère de l’intégration africaine et des intérieur et l’Union européenne.

Un processus d’intégration et d’insertion bien ficelé

Selon un rapport de l’OIM de mai 2017 à juillet 2018, au total 2.668 migrants de retour ont été enregistrés dans le cadre du projet FFUE et ont reçu un pécule de réinsertion et une première séance d’orientation. Le pécule d’appui à la réinsertion donné aux migrants en Côte d’Ivoire s’élève à 165.000 FCFA par individu.

Quelque 270 personnes dont 51 femmes ont été formées à la gestion d’entreprise et comptabilité de base en partenariat avec l'Agence nationale de la formation professionnelle (AGEFOP), neuf jeunes sont actuellement en formation professionnelle de longue durée de huit mois au centre Abel situé à Grand-Bassam, 18 retournés ont bénéficié d’une formation transport (cariste ou transporteur routier) délivrés par le centre de formation portuaire panafricain.

Il est également prévu le référencement de 500 personnes à l’Agence emploi jeunes. Les modalités sont en cours de finalisation avec un appui par l’OIM sur les volets suivi-évaluation et renforcement des capacités des agents, le cas échéant.

Six structures ont été identifiées par le Comité de gestion des cas (CGC) suite à deux appels d’offres. Dix projets communautaires sont en cours de signatures pour un total visé de 900 bénéficiaires (migrants de retour et membres de la communauté confondus).

Le nombre de projets de réintégration individuelle et collective s’élève à 245. Au total, 92 projets de réintégration individuelle plus trois projets de réintégration collective rassemblant six personnes ont été déjà finalisés et sont en cours de paiement (soit 98 bénéficiaires).

De même, 92 projets de réintégration individuels plus dix projets de réintégration collective rassemblant 38 personnes ont été finalisés et sont en cours de paiement (soit un total de 130 bénéficiaires) et 17 mineurs ont été rescolarisés.

Un nombre de 287 migrants de retour vulnérables dont 139 femmes ont été éligibles pour les projets individuels, trois projets collectifs ont été installés à Adjamé, Grand-Bassam et à Abidjan et quatre autres sont en cours d’installation. Trois projets communautaires ont été installés, une entreprise de plomberie et peinture à Anyama, un cyber café et traitement de texte à Bonoua et une installation de réserves d’eau souterraines à la Riviera Faya.

Le chef de mission de l’OIM, Mme Marina Schramm a précisé que la cible de migrants à assister (750) a été déjà largement dépassée au cours de la première année, des négociations sont actuellement en cours afin de pouvoir poursuivre l’appui nécessaire en coordination avec l’Union européenne et les partenaires ivoiriens.

En outre, 90 mineurs non accompagnés ont bénéficié du retracement familial et certains d’entre eux d’un appui à la scolarité ou d’une formation, 45 femmes enceintes ont été assistées et 27 kits bébé ont été distribués, 123 migrants vulnérables ont bénéficié d’un appui au logement, 413 assistants médicaux ont été fournis aux migrants de retour ayant des problèmes médicaux et 2.308 migrants de retour ont été hébergés dans des centres d’urgence.

Les migrants vulnérables tels que les enfants et les femmes enceintes ont bénéficié du soutien du Gouvernement pour des prises en charges sanitaire.

«Les femmes enceintes vont être conduites à l’hôpital et les enfants dans des institutions afin qu’ils puissent bénéficier de chaleur familiale et voir ce qu’on peut faire pour ceux qui vont à l’école ou qui ont besoin de soin. La prise en charge sera totale», a promis la ministre de la Solidarité, de la Cohésion sociale et de la Lutte contre la pauvreté, Prof Mariatou Koné, le 1er février lors de l’accueil d’un contingent de 153 migrants irréguliers rapatriés de la Libye.

Tous les migrants arrivés à Abidjan ont eu droit à un hébergement de trois à quatre jours après leur reprofilage, des kits alimentaires et à un appui financier symbolique.

Les efforts des institutions de l’Etat

Selon le député Ouattara Siaka, membre de la commission des affaires générales et institutionnelles à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et Secrétaire d’Etat chargé du service civique, un texte sur le trafic illicite de migrants est en cours d’adoption par les parlementaires.

« Le texte qui est actuellement sur notre table sur le trafic illicite de migrants et sera voté par l’Assemblée nationale et ensuite transmis au Sénat », a-t-il indiqué, à Abidjan, lors d’un atelier organisé à l’intention des parlementaires ainsi que des conseillers économiques, sociaux et environnementaux.

M. Ouattara a révélé qu’un réseau parlementaire a été mis en place pour les migrants, qui est chargé de rassembler toutes les données actualisées et fiables sur les migrations et permettre au parlement de rester activement saisie de la question.

Le député Ouattara Siaka a également promis que le Parlement veillera à ce qu’il ait un encadrement législatif aligné sur les normes internationales et régionales, vu l’impérieuse nécessité d’avoir une approche bilatérale.

La mise en place du cadre légal et réglementaire de gestion des flux migratoires nécessitera la réalisation d’une étude nationale actualisée par les migrations en Côte d’Ivoire et l’inventaire des lois nationales, régionales et internationales sur la migration pour faciliter la mise en cohérence avec la stratégie nationale.

Dans son rapport intitulé « Etude pour l’élaboration d’un document de politique migratoire prenant en compte la dimension genre », Dr Konan Yao Silvère souligne que la Côte d’Ivoire s’appuie sur la coopération internationale dans sa lutte contre les migrations clandestines.

Il s’agit pour le Gouvernement de mettre tout en œuvre pour équiper la police aux frontières, de renforcer le système de contrôle aux frontières, de constituer une base de données sécuritaires des mouvements migratoires, de renforcer la coopération sécuritaire et mettre en place un programme de lutte contre les trafiquants.

En ce qui concerne le renforcement de partenariat pour la lutte contre les migrations irrégulières, un effort particulier sera fait par le Gouvernement pour accentuer le partage d’expérience Nord-Sud, ratifier différends accords de coopération bilatéraux et multilatéraux en la matière et surtout mobiliser les ressources pour lutter contre les migrations irrégulières.

De nombreuses campagnes de sensibilisations engagées

Parallèlement au processus de protection et de réintégration des migrants de retour dans le pays, des activités de sensibilisation sont conçues et mises en place dans le cadre de ce projet afin d’entrer en contact avec de potentiels candidats à la migration irrégulière.

La 11ème édition du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (FEMUA) qui s’est tenue du 17 au 22 avril 2018 à Abidjan et à Korhogo autour du thème « Jeunesse africaine et migration irrégulière » a vu la sensibilisation de 10.000 festivaliers sur les risques de la migration irrégulière.

Lors des Journées de la coopération entre la Côte d’Ivoire et l’Union européenne qui se sont tenues du 07 au 11 mai à Abidjan, des flyers ont été réalisés afin de mettre en évidence les mythes et réalités de la migration et de l’assistance à la réintégration proposée par le projet.

A Daloa, le Réseau ouest-africain pour la lutte contre l’immigration clandestine (REALIC) a organisé, le 14 juillet à la place de la grande mosquée, une pièce de théâtre participative intitulée « Chez moi est mieux », en vue d’amener les jeunes et les femmes à un changement de comportement face à l’immigration irrégulière.

Le directeur général des Ivoiriens de l’extérieur, Issiaka Konaté a procédé durant le mois de septembre 2018 à l’installation officielle des comités régionaux de lutte contre la migration irrégulière dans toutes les 31 régions que compte le pays et dans les Districts autonomes d’Abidjan et de Yamoussoukro.

Ces comités ont pour rôle de réduire la pression migratoire à la racine en sensibilisant les migrants potentiels au départ sur les risques liés à l’immigration irrégulière, de suivre les actions de réinsertion et de remonter les informations sur les différentes filières.

Les dirigeants du monde font bloc contre le fléau

Lors du 5ème Sommet Union africaine et Union européenne (UA-UE), les 29 et 30 novembre 2017 à Abidjan, les dirigeants des deux continents ont convenu de lutter contre le drame de l'immigration irrégulière et de ses dérives comme les marchés d'esclaves en Libye. « Une action humanitaire doit être menée rapidement en Libye, les réseaux de passeurs doivent être mis hors d'état de nuire et une enquête (internationale) doit être menée », a déclaré le Président ivoirien Alassane Ouattara, à la séance de clôture.

Son homologue guinéen, Alpha Condé, qui était également président en exercice de l'Union africaine (UA), a demandé que la commission d'enquête soit dirigée par la Commission des droits de l'Homme de l'UA. Il a également demandé que des "Forces spéciales" soient mises en place "contre les trafiquants d'êtres humains".

Le Président français Emmanuel Macron a appelé à la mobilisation de tous les dirigeants en vue de démanteler les réseaux et leur financement car les trafiquants d'être humains sont profondément liés aux trafiquants d'armes, de drogue et aux mouvements terroristes qui opèrent dans toute la bande sahélo-sahélienne.

Le Sommet a adopté une déclaration commune appelant à une coopération internationale en vue de lutter contre les auteurs de ces crimes, à l'intérieur et à l'extérieur de la Libye, et de les traduire en justice.

Konaté Awa et Jean Konan Decastel, rapatriés de la Libye en 2017, affirment ne pas avoir de difficultés pour s’intégrer et s’insérer dans la vie active.

Konaté Awa qui a exercé la couture pendant 16 ans avant d’emprunter le chemin de l’immigration a repris cette activité qui lui rapporte beaucoup d’argent.

Konan Decastel, lui, s’est lancé dans la vente de riz. Il dit gagner mieux sa vie et a même constitué à Yopougon, un comité de lutte et de sensibilisation sur les risques de l'immigration irrégulière.

(AIP)

bsp/cmas
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